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Encore un peu d'Utopia avant de, très vraisemblablement, renvoyer ce groupe dans les limbes du blog (je n'ai en effet pas l'intention d'aborder d'autres de leurs albums). J'ai il y à quelques jours réabordé le premier album du groupe, Todd Rundgren's Utopia, sorti en 1974, et proposant quasiment une heure de musique (en un seul vinyle, et en quatre morceaux, dont un d'une demi-heure). Comme je l'avais dit dans ma chronique, cet album, je l'aime beaucoup, malgré ses défauts (et entre sa musique vraiment chargée - ça fuse de tous côtés ! - et la durée éreintante du plus long morceau, The Ikon, des défauts, il y en à), même s'il m'est arrivé de ne pas pouvoir le finir, The Ikon étant parfois énormément un peu trop too much. En revanche, l'album que j'aborde aujourd'hui pour la première fois, qui se trouve être le deuxième album du groupe, celui-là, je l'écoute régulièrement (bien plus souvent que l'album de 1974 en tout cas !) et son écoute est nettement plus facile : il ne dure, en effet, que 46 minutes, il n'est donc pas trop long, pour 8 titres. C'est un album live enregistré en partie au cours d'un concert donné à Central Park en août 1975 (tout le live ne provient pas de ce concert, ceci dit ; la moitié de l'album vient d'autres concerts non précisés) et il est sorti en octobre de la même année. Il s'appelle Another Live, et sa pochette dessinée représente le groupe en train de jouer dans un décor assez fabuleux (une autre version de la pochette, montrant Rundgren de profil, en noir & blanc, tête dressée un peu vers le haut, en plein effort live, existe, c'est la version britannique de l'album).

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Verso de pochette

C'est Todd Rundgren, leader du groupe (chant, guitare, composition principale) qui produit. On notera qu'aucun des 4 morceaux du premier album n'est présent ici. On a en revanche deux morceaux de la carrière solo de Rundgren. Le groupe est à l'époque constitué de Rundgren, John Siegler (basse, choeurs), John "Willie" Wilcox (batterie), Roger Powell (Moog, trompette, choeurs), Mark "Moogy" Klingman (claviers, harmonica, glockenspiel, Korg, choeurs) et Ralph Schuckett (claviers, orgue, clavinet, accordéon, choeurs), et on a aussi David Iasley, Arnold McCuller et Philip Ballou aux choeurs. Ce live, très bien enregistré, possède un défaut de taille : sa durée. J'ai dit que l'album n'était pas trop long, et en effet. Mais comme il s'agit d'un live, c'est toujours con, je sais je l'ai déjà dit, mais je le redirai encore parce que je me connais, c'est toujours con qu'un live ne soit, surtout en vinyle, que simple. Enfin, on se console en se disant que tout, ici (hormis à la rigueur un Intro/Mister Triscuits assez ennuyeux), est excellent. Concernant le morceau dont je viens de parler, c'est un instrumental signé Roger Powell qui, à la base, s'appelle The Emerald Tablet Of Hermes Trismegistus, mais le concepteur de la pochette a mal lu le titre (c'était peut-être mal écrit, qui sait ? N'empêche, il faut le faire) et a donc mal titré le morceau, c'est tout de même con, surtout que Mister Triscuits, faut le faire encore une fois, c'est d'un ridicule qu confine au cosmique. La face A de l'album offre trois morceaux inédits, jamais enregistrés en version studio. On a Another Life (le titre de l'album est donc un jeu de mots), qui dure 7,35 minutes et est excellent et ouvre bien le disque ; The Wheel, 7 minutes, un peu ennuyant parfois, un peu longuet en fait, mais sympa ; et surtout The Seven Rays, presque 9 minutes grandioses, enivrantes. 

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Un des côtés de l'insert vinyle

Une fois Intro/Mister Triscuits, qui l'ouvre, passé (le morceau dépasse un peu les 5 minutes et apparemment durait bien plus longtemps pendant le concert, il a été raccourci), la face B offre un morceau issu, il me semble, de la musique d'un film ou d'un spectacle (lequel, je ne sais pas, ou plus), un morceau de Leonard Berstein et Stephen Sondheim, Something's Coming, assez court (moins de 3 minutes). Mais ce sont les trois morceaux restants, les derniers, qui foutent à genoux : Heavy Metal Kids (que Rundgren a fait, en solo, en 1974, sur son Todd), morceau assez furax comme son titre l'indique ; Do Ya, une reprise des Move de Jeff Lynne (qui, à l'époque, dirigeait un autre groupe, Electric Light Orchestra ; à noter qu'ELO reprendra Do Ya en 1976 sur son A New World Record) ; et Just One Victory, que Rundgren avait fait, en studio, en 1973 sur A Wizard/A True Star. Cette chanson magnifique, idéale en final (sur l'album studio, c'était d'ailleurs sa position), permet au groupe et à ses choristes de briller ensemble. Another Live est un très bon album, que je suis d'autant plus content de posséder en vinyle (pressage ricain d'époque, de plus, en parfait état) que je n'ai pas payé un centime pour l'avoir, je l'avais reçu en cadeau dans une commande de vinyles d'occasion chez un de mes vendeurs préférés. Imaginez ma surprise, et ma joie, en découvrant ce disque supplémentaire (je connaissais déjà Utopia via le premier album et Ra) ! Si vous voulez découvrir ce groupe, je ne peux que vous conseiller ce disque plutôt que le premier album ; ici, c'est tout de même bien plus accessible !

FACE A

Another Life

The Wheel

The Seven Rays

FACE B

Intro/Mister Triscuits

Something's Coming

Heavy Metal Kids

Do Ya

Just One Victory