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Vu que je ne suis pas un con (ça va, ça fait pas trop le mec qui se jette des fleurs?), je me suis dit qu'il fallait battre le fer tant qu'il est chaud. Après avoir parlé hier du troisième album des Wailers et avant-hier du deuxième et après avoir pas mal parlé des albums solo de Bob Marley, il est temps que Peter Tosh, autre reggae-man incontournable ait droit à une nouvelle chronique. Donc, acte. Comme vous le savez, après le succès de Burnin' en 1973 (album alignant deux gros tubes de la mort qui tue : Get Up Stand Up et I Shot The Sheriff), les Wailers se séparent et chacun part de son côté se lancer dans l'aventure en solo. En 1974, Bob, le plus rapide des trois, défouraille son premier opus studio : Natty Dread. En 1975, il renvoie la sauce avec Rastaman Vibration, album qui s'est fait massacrer par les critiques. Quant à Bunny Wailer, il faudra attendre 1976 et Blackheart Man. Et Peter Tosh ? Idem, c'est en 1976 qu'il va livrer son premier album solo, celui-là même que je vous propose aujourd'hui et qui se nomme Legalize It. Quand j'ai acheté cet album, de Peter Tosh, je ne connaissais que son boulot au sein des Wailers. J'avais vaguement entendu parler de Equal Rights, mais c'est tout. Et puis, je suis tombé sur Legalize It et sa pochette fumeuse, montrant Tosh, dans un champ d'herbes de Provence jamaïcaines, en train de fumer sa petite marie-jeanne dans une pipe artisanale. Ce qui est malheureusement le genre de pochettes qui, aujourd'hui, et de la part d'un public jeune, amène au raccourci facile : reggae = Bob Marley = Peter Tosh et = cannabis. Bref, maintenant, place à l'album et place à du grand reggae car oui, on a tendance à l'oublier, Peter Tosh a aussi fait de belles et grandes choses.

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D'abord, sur ce disque, Tosh cale une nouvelle version d'une chanson qui figurait sur Soul Rebels en 1970 : No Sympathy. La chanson a même eu droit à une autre version lors de l'enregistrement de Burnin' en 1973, mais elle ne sera finalement pas incluse. Elle ne sera publiée sur ledit album lors de sa réédition de 2001 (qui est, au passage, celle que je possède). Je ne me suis jamais penché sur les paroles de cette chanson, mais je me dis que, si Tosh en a fait trois versions différentes, c'est que pour lui, elle revêt une importance particulière. Il me semble logique que l'on ne ferait pas trois versions différentes d'une même chanson si elle ne signifie rien pour celui qui l'a écrite. Toujours est-il que, comme beaucoup d'entre vous, je connais la version originale de 1970, je connais celle de 1973 et je connais aussi donc celle de 1976. Et, je peux vous affirmer que si j'aime les trois versions, ma préférence va à celle de ce Legalize It. Pour quelles raisons ? Strictement musicales. C'est celle qui sonne le mieux à mon oreille. On pourrait être tenté de penser que c'est le sommet de l'album. Mais ce n'est pas le cas. Il y a sur cette galette deux chansons qui lui sont supérieures.

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Ben tiens, vu que je les ai brièvement évoquées, on va commencer par elles pour ce début de troisième paragraphe. Il y a donc la chanson titre. Grand classique du répertoire solo de Peter Tosh, mais aussi du reggae tout court. Excellente chanson qui lance le skeud de la meilleure des façons. Legalize it, don't criticize it, legalize it, yeah yeah. De quoi parle la chanson ? La réponse est dans le titre. C'est d'une logique implacable. L'autre immense chanson de ce dique, c'est : Igziabeher (Let Jah Be Praised). Longue de 4'37 minutes et purement géniale. À mes yeux (ou plutôt à mes oreilles), c'est là que se trouve le sommet de l'album. Si les Wailers, en tant que trio ne sont plus (Bob ayant en 1976 deux albums solo derrière lui et Bunny Wailer allant bientôt sortir son premier), il n'empêche qu'ils aident. Bob composant Why Must I Cry ? Et Bunny Wailer composant Till Your Well Runs Dry. L'une comme l'autre sont de très bonnes chansons. De toutes façons, sur ce disque, il n'y a absolument rien à foutre à la poubelle. Pas même Burial et Ketchy Shuby qui sont pourtant (sans être loupés, encore une fois), les deux morceaux les moins forts du disque. Tout amateur de reggae connaît ce disque, le contraire est impossible. Et toute personne s'intéressant au genre devra passer par lui, tôt ou tard. Tout aussi indispensable qu'un Natty Dread, Rastaman Vibration ou qu'un Blackheart Man.

Face A

Legalize It

Burial

Watcha Gonna Do

No Sympathy

Why Must I Cry ?

Face B

Igziabeher (Let Jah Be Praised)

Ketchy Shuby

Till Your Well Runs Dry

Brand New Second Hand