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Vous vous en souvenez ? Dans ma chronique au sujet de The Las Vegas Story du Gun Club, j'avais écrit que, les années 80, avaient fait énormément de mal aux groupes et artistes qui avaient débuté dans les années 60 et 70 et qui avaient traversé cette décennie. J'avais, pour l'occasion, citer toute une platrée de groupes et artistes ainsi que d'albums pour illustrer du mieux possible cet Enfer sur Terre qu'avaient vécu les dinosaures du rock. Mais, j'avais aussi précisé que les années 80, quoi que l'on puisse en dire, avaient aussi vu naître de sacrés putains de bons groupes. The Gun Club étaient de ceux-là, bien évidemment, mais, il y en a un que je n'ai pas cité à ce moment-là et qui va nous intéresser aujourd'hui : The Cramps. Un groupe de punkabilly américain formé en 1975 par un couple de oufs malades. Je pourrais préciser leur vrai nom bien sûr, mais moi, j'ai envie de les appeler par leur nom de scène : Lux Interior et Poison Ivy. Il y a un paradoxe avec les Cramps : de nos jours, il n'est plus trop connu et pourtant, le nom de Poison Ivy a fait date. Vous rappelez du nom d'Uma Thurman dans le nanar cosmique qu'est Batman & Robin, pondu par Joel Schumacher en 1997 ? Je sais, l'exemple n'est pas des plus glorieux (quoi que, les bons nanars, ça vaut le coup d'oeil) mais a au moins le mérite de montrer qu'il fut un temps, et il y a une justice, où les Cramps étaient un groupe important. Pour aujourd'hui, place à Psychedelic Jungle, sorti en 1981 et qui fait suite à un premier album nommé : Songs The Lord Taught Us (chansons que le Seigneur nous a enseignées), lequel est un skeud complètement ravagé de la cervelle. Trash, sombre, putride, malsain et j'en passe et des meilleurs. Psychedelic Jungle lui, est moins barré que son prédécesseur, mais ne vous attendez pas pour autant à un disque qui va s'écouter en suçant des Arlequins. Les bonbons hein. Une confusion arrive si vite. 

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Qu'est-ce donc que le punkabilly ? En fait, la réponse est dans la question. Cela consiste simplement en un mélange détonnant de punk et de rockabilly. Aux zuhéssa, c'étaient les Cramps qui tapaient dans ce domaine et leurs homologues britanniques, c'étaient les Meteors. Un groupe ayant une discographie beaucoup plus fournie que celle des Cramps, en terme de nombre d'albums. Tout Psychedelic Jungle, proposant 14 chansons pour la bagatelle de 40'22 minutes, n'est jamais purement punk ou purement rockabilly, c'est toujours le mélange des deux styles qui opère. Sur ce disque, on compte une poignée de chansons qui sont moins évidentes que d'autres. Et, par évidentes, je veux dire qu'elles sautent moins à la tête que d'autres. Et ce, pour deux raisons : la première étant bien sûr qu'elles sont moins réussies et la deuxième, la durée. C'est pourquoi des chansons comme Green Fuz (chanson d'ouverture), The Crusher (pointant à peine à 1'50 minute), Don't Eat Stuff Off The Sidewalk et Jungle Hop méritent plusieurs écoutes avant d'être plus amplement appréciées. Mais, il ne faut pas l'occulter, le disque y va également de sa chanson moyenne : Green Door. Ce qui, dans le cas présent, est un peu emmerdant car la chanson referme l'album.On ne dira jamais assez à quel point une fermeture d'album revêt une importance équivalente à une ouverture d'album ou à une ouverture de seconde face. Si avec le temps les quatre premières nommées arrivent à s'imposer, ça n'est jamais le cas de la dernière nommée. C'est comme ça, même sur un excellent disque il y a toujours, ou presque, un morceau anodin.

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Mais pour le reste...la putain de sa grande soeur en maillot de bain bleu magenta ! Le disque aligne les tueries punkabilly comme les Cardinaux du Vatican enchaînent les actes de pédophilie ! Rien que sur la première face, on dénombre pas moins de cinq chansons qui défouraillent à mort. Goo Goo Muck, Rockin' Bones, Voodoo Idol, Primitive et Caveman sont mémorables. Et, je peux vous garantir que les titres donnent de très belles indications sur ce que sont ces chansons. Il y règne une atmosphère sombre et dégueulasse. Ça pue la crasse et l'ordure à chaque accord de guitare. Et surtout, ne me demandez pas de faire un choix pour désigner laquelle est la meilleure. J'ai essayé personnellement, je n'y suis jamais arrivé. Donc, ne me demandez pas non plus laquelle je préfère. Et, de l'autre côté, ce sont quatre chansons qui envoient le bois bien comme il faut. Can't Find My Mind, The Natives Are Restless, Under The Wires et Beautiful Gardens sont tout simplement incontournables. L'ambiance est exactement la même que celle décrite ci-dessus. En revanche, parmi ces quatre titres, il est possible d'en dégager deux au-dessus du lot. Écoutez bien attentivement Can't Find My Mind et Under The Wires et je peux vous assurer que vous ne serez pas déçus. Sur l'ensemble de leur carrière, les Cramps n'ont jamais fait mieux que leur premier album et ça se comprend tant ce skeud est monstrueux, mais Psychedelic Jungle n'est aucunement à négliger et s'impose comme étant un indispensable à tout fan de punkabilly bien entendu, mais aussi à tout fan de rock tout court.

Face A

Green Fuzz

Goo Goo Muck

Rockin' Bones

Voodoo Idol

Primitive

Caveman

The Crusher

Face B

Don't Eat Stuff Off The Sidewalk

Can't Find My Mind

Jungle Hop

The Natives Are Restless

Under The Wires

Beautiful Gardens

Green Door