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Allez, encore un petit peu de Judas Priest pour aujourd'hui. Cela dit, à ceux qui n'aiment pas le genre et/ou le groupe : rassure-vous, c'est bientôt terminé. Cet article est le deuxième et dernier (pour ma part) à être consacré à ce groupe. Et, je ne pense pas que Clash ait l'intention d'en parler prochainement étant donné qu'il a réabordé British Steel il y a quelques temps. Si vous avez bien suivi le cours des évènements, vous avez donc vu que hier, nous avons laissé le groupe sur son premier album studio : Rocka Rolla, sorti en 1974 sous une pochette très Coca-Cola. On a vu aussi que ledit album était bien loin d'être une réussite. Quelques chansons pas mal, mais n'ayant pas la carrure pour être considérées et comme des classiques du groupe et, à plus grande échelle, comme des classiques du hard-rock. Il y avait aussi ces deux chansons (Run Of The Mill et Dying To Meet You) dépassant respectivement les huit et six minutes, mais le groupe n'était pas encore taillé pour des compositions pareilles. Bref, ce n'était vraiment pas ça. Cependant, le groupe montrait des dispositions à ne pas négliger. Mais, ces dispositions, il fallait non pas les confirmer, mais les affirmer. Telle était donc la tâche qui attendait le Priest au moment de mettre au monde Sad Wings Of Destiny : faire mieux que Rocka Rolla et s'imposer comme étant un groupe crédible de la nouvelle scène hard-rock britannique de l'époque. Mission réussie ou non ? Si vous voulez bien vous donner la peine de passer à la suite, vous aurez la réponse !

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Je ne vais pas vous faire mariner dans le jus plus longtemps. Je vais donc vous donner la réponse d'emblée. Sad Wings Of Destiny, avec sa pochette quasi mythologique et très Priestienne, est autrement meilleur que Rocka Rolla. Voilà, c'est dit. En l'espace de deux ans, la groupe a accompli des progès dingues. Dans un premier temps, je vais vous parler, par ordre de longueur, des trois morceaux les plus longs de l'album. On commence donc avec Genocide, se trouvant en troisième position sur la seconde face. Une très bonne chanson bien qu'étant la moins percutante des ces trois longs morceaux. Ensuite, il y a Dreamer Deceiver, longue de 5'54 minutes, soit quatre secondes de plus que Genocide. Et, dans le genre ballade rock un peu hardos, c'est une vraie tuerie. Sur certains passages, Halford chante comme s'il s'était fait coincer les couilles dans un piège à loup aux mâchoires imprégnées d'alcool à brûler. Dans cette chanson, difficile de ne pas voir les sources d'inspiration de morceaux de trash metal comme le Welcome Home (Sanitarium) de Mettalica ou, encore plus tard, le This Love de Pantera. Et puis, il y a ce mastodonte... ce mastodonte de plus de 7 minutes... j'ai nommé Victim Of Changes. Lequel ouvre la première face et donc l'album. Là les gars, ça se passe de commentaires finalement. Que dire face à cette chanson tonitruante. Qu'elle est le sommet de l'album et l'un des meilleurs morceaux (si ce n'est le meilleur) de l'ensemble de l'oeuvre du groupe ? C'est l'évidence même. Quand on pense au fait que sur Rocka Rolla, le groupe s'était essayé à deux reprises à de longues compositions et s'était loupé et que l'on voit (ou plutôt entend) la réussite de Victim Of Changes, on se demande si c'est bien le même groupe. Bref, le top. Un gros classique hardos et remarquablement interprété.

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En ce qui concerne le reste, il faut bien le dire : tout n'est pas parfait. L'album offre trois morceaux assez moyens. Dont cette "paire" The Ripper et Deceiver. En fait, ces deux morceaux sont identiques, donc où est l'intérêt de les avoir couchés tous deux sur le vinyle ? Il n'y avait qu'à mettre seulement The Ripper et vogue la galère comme on dit. Alors, on pourra toujours dire que l'un comme l'autre comportent les prémices du speed metal (ce qui n'est pas faux), mais pas de quoi en faire des incontournables pour autant. Et, en ouverture de la face B, il y a ce Prelude, forcément. Ça n'aurait eu aucun sens de le placer ailleurs. Mais le fait est que de prélude, il n'en a que le titre. Il ne sert à rien du tout et n'introduit donc pas la chanson qui suit et qui est Tyrant, débutant par un bon gros riff de guitare ne laissant aucun doute quant à la qualité de la marchandise livrée. Epitath est également très recommandable, mais n'est pas la meilleure chanson du disque (évidemment) et évolue à un niveau similaire de celui de Genocide. Le disque s'achève sur ce qui est un gros gros classique du Priest : Island Of Domination. Quand on connaît ne serait-ce qu'un tout petit petit peu le groupe, ce titre dit automatiquement quelque chose. Mais, c'est pareil, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux sur le disque. C'est parfois tout le paradoxe : une chanson peut être un classique d'un groupe, sans en être la meilleure chanson. Clairement, malgré ces trois morceaux moyens, Sad Wings Of Destiny est une réussite et un énorme pas en avant par rapport à Rocka Rolla. Mais, le groupe en a encore sous la pédale.

Face A

Victim Of Changes

The Ripper

Dreamer Deceiver

Deceiver

Face B

Prelude

Tyrant

Genocide

Epitath

Island Of Domination