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Les gars, faut que je vous balance une info bien sentie : non, c'est pas le départ de P.J. Charançon (je sais que c'est pas ça son vrai nom, mais ça me fait marrer, je peux ?) de l'émission "Affaire Conclue", tu penses bien. Non, l'info, c'est : Marc Bolan n'est pas mort ! Il continue de faire des disques dans son coin, sous un faux nom afin que ça reste discret, mais il est bel et bien vivant, le con ! C'est Bowie qui va être content ! Ah bah non, lui, il est bien mort...

En fait, non, Bolan est bien mort en 1977 suite à cette rencontre musclée entre sa voiture et un arbre. Mais il vous suffira d'écouter cet album, que j'aborde aujourd'hui et que j'ai découvert via Leslie Barsonsec (qui en avait parlé dans des commentaires il y à genre 15 jours environ), merci mon pote d'ailleurs, il vous suffira donc d'écouter cet album pour, le temps de l'écoute (courte : 41 minutes), vous persuader du contraire. Voici un mec du nom de King Tuff, un Américain du nom de Kyle Thomas de son vrai nom, originaire du Vermont comme de bons vieux Ben & Jerry's (on sent le consommateur, là), et qui, depuis 2006, usine dans son coin, parfois avec l'aide d'amis (ici, à la batterie, sur un ou deux titres, un certain Ty Segall, multi-instrumentiste assez génial dont King Tuff a fait partie du groupe The Muggers), des albums qui ne se vendent pas aussi bien que des glaces sur un front de mer en été, certes, mais mieux que des glaces sur un front de mer en hiver (rhôô l'autre, la comparaison de merde). King Tuff, chanteur et guitariste, est aussi le chanteur et guitariste de Witch, un groupe de stoner. Concernant sa carrière solo, King Tuff l'a donc démarrée en 2006 avec Mindblow, suivi de Was Dead en 2007, King Tuff en 2012, l'album qui nous intéresse en 2014 et, en 2018, son dernier à ce jour, The Other

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L'album qui nous intéresse, sous sa criarde pochette mauve représentant des mains de diseuse de bonne aventure, son regard et une boule de cristal (à noter que la boule, la pupille des yeux et les ongles sont en laqué 'miroir' sur la pochette CD et vraisemblablement aussi vinyle, de même que tout ce qui est blanc sur le verso et à l'intérieur de la pochette), s'appelle Black Moon Spell, un titre qui sent bon son hard-rock 70's. Black Moon Spell n'est pas du hard-rock, c'est, en fait, une sorte de stoner boogie glam, difficile à décrire, mais facile à aimer, croyez-moi. King Tuff, dont la voix est vraiment très similaire (en plus aigüe peut-être) à celle du regretté leader de T-Rex, fait ici quelque chose qui, musicalement, en plus musclé, fait irrémédiablement penser à T-Rex, le T-Rex de l'époque 1971/1974, le T-Rex d'Electric Warrior, The Slider, Tanx et Zinc Alloy..., pour les ceusses que ça intéresserait. Les 14 titres (oui, ça va assez vite, c'est du T-Rex qui se branle à bonne berzingue) de Black Moon Spell vont vous trimbaler dans les années 70, rien que l'artwork de pochette fait penser à cette glorieuse décennie. Difficile de dire quel est le meilleur morceau, c'est pas une chose aisée de retirer un ou deux titres d'un tel nombre de morceaux et de dire ceux-là, ce sont les meilleurs. J'ai personnellement vécu Black Moon Spell comme un ensemble, un 'tout', un bloc uni.

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D'ailleurs, à un moment donné, je regarde le compteur sur ma chaîne hi-fi, et j'ai constaté qu'on en était déjà au cinquième titre, putain, il avait raison le Neil, le temps s'efface. Et pour fugité, croyez-moi, il a drôlement bien fugité le tempus, ici, impossible de s'emmerder une seconde, on est embarqué avec King Tuff dans cet univers chatoyant, boogie et glam, mais en mode un peu plus garage et musclé. Sur le papier, ça semble un vrai bordel. Ca l'est bel et bien, je vous rassure, mais on a rarement entendu aussi beau et jouissif bordel. Si vous détestez T-Rex, peu de chances d'aimer King Tuff, mais si vous aimez ce génial groupe 70's, alors vous retrouverez ici avec une certaine émotion ce qui fait la puissance de la musique de Bolan, oui, je sais, je reviens un peu trop souvent, dans cette chronique, sur cette similitude, mais c'est tellement flagrant... C'est évident, ce n'est pas la musique la plus originale au monde, mais qu'est-ce que c'est bon, bordel de zut de chiasse de pingouin italien en veston 'Prince-de-Galles' C & A soldé à -40%, c'est kiffant à mort, c'est speedé (mais pas trop ; il n'y à pas de ballade, ceci dit), ça sent bon son huile de vidange et son marcel porté pendant 10 jours de canicule à travailler sur un chantier en extérieur, c'est très référencé mais sans que ça vire au plagiat (si on demande à King Tuff qui sont ses héros musicaux et qu'il ne cite pas Bolan, c'est que c'est une arnaque ou qu'il se moque de l'intervieweur), c'est du boogie rock des années 70 fait en 2014, c'est juste génial, et un grand merci Leslie, pour la découverte, car je n'avais jamais entendu parler de King Tuff (en même temps, j'écoute essentiellement du rock des années 60 à 80, même si les années 90, en ce moment, ont un peu la cote chez moi), et Dieu sait comment j'aurais pu découvrir ça sans ces petites allusions dans des commentaires, il y à quelques semaines. 

Black Moon Spell

Sick Mind

Rainbow's Run

Headbanger

Beautiful Thing

I Love You Ugly

Magic Mirror

Madness

Demon From Hell

Black Holes In Stereo

Radiation

Eyes Of The Muse

Staircase Of Diamonds

Eddie's Song