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Depuis ses tous premiers ânonnements et balbutiements (depuis juillet 2009 tout de même), Rock Fever a abordé toute une pléthore d’artistes et de groupes musicaux, proposant – par ailleurs – un véritable éclectisme ; que ce soit dans le rock progressif, le rock classique, le grunge, le heavy metal et autres styles (peu ou prou) digressifs. Mais il manquait encore, à ce blog omniscient, une figure de proue. Je parle évidemment des Melvins. Je sais… Oui, je sais ce que vous devez probablement ergoter, chinoiser et pontifier… Qui sont les Melvins ? Ce groupe américain apparaît dès 1983. En outre, difficile de répertorier les Melvins dans une catégorie précise.
Certes, parmi leurs influences, le chanteur et guitariste Buzz « King Buzzo » Osborne et le batteur Dale Crover stipulent orgueilleusement Black Sabbath, un groupe auquel les Melvins ont fait vœu d’obédience.

Mais le groupe possède d’autres arguties dans sa besace et louvoie incessamment entre l’expérimentation, le metal, le punk et même le stoner. D’ailleurs, c’est même dans cette dernière catégorie (donc, le stoner, au cas où vous n’auriez pas compris…) que les Melvins sont les plus souvent inventoriés. Dixit les propres aveux de Buzz et ses fidèles prosélytes, les Melvins n’ont aucune aspérité commerciale. Pourtant, le groupe américain va prestement devenir la nouvelle égérie de la vague grunge. Que ce soit Nirvana (bis repetita), Soundgarden, Pearl Jam et autres Alice In Chains, tous ces groupes voluptuaires ne jurent que par les Melvins. Altier, Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, cite volontiers les Melvins comme une influence prédominante, surtout pour leur premier album, Bleach (1989).
Lors de la promotion de Nevermind (1991), Kurt Cobain poursuivra son emphase. Ce n’est pas Nirvana qui mérite les concerts de louanges et de satisfécits, mais les Melvins.

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Paradoxalement, Buzz et ses affidés restent relativement confidentiels, tout du moins si l’on s’extirpe de la scène américaine. Au moment de la sortie de Nevermind, les Melvins ont déjà prouvé leur clairvoyance. Le groupe polymathique ont sorti quatre, voire cinq albums, à savoir Gluey Porch Treatments (1987), Ozma (1989), Bullhead (1991), Eggnog (1991) et Lysol (1992), soit autant de disques anonymes et inconnus au bataillon. A contrario, les Melvins se sont depuis longtemps érigés une réputation en concert. Buzz et les siens changent de label et ratifient un plantureux contrat avec Atlantic Records. Les Melvins signent alors une trilogie infernale, Houdini (1993), Stone Witch (1994) et Stag (1996). Aujourd’hui, c’est le cas de Houdini qui fait l’objet d’une chronique dans les lignes éparses de Rock Fever. Pour l’anecdote superfétatoire, Kurt Cobain va participer à la conception de cet album, notamment pour les pistes 1, 7, 8, 9, 12 et 13. Le chanteur de Nirvana revêt alors les oripeaux de producteur.
Houdini s’échelonne sur une durée de 55 minutes, avec pas moins de 13 morceaux dans son havresac. En outre, ce sixième disque dénote par son oriflamme, à la fois enfantine et alambiquée. Sur cette pochette, on peut y voir deux jeunes marmots qui observent un canidé difforme et bicéphale. 

Autant l’annoncer sans ambages. Houdini est un disque virulent et percutant qui tabasse, estampe et rudoie durablement vos esgourdes. Vos fibres acoustiques seront donc mises à rude épreuve ! A l’époque, Buzz et ses ouailles possèdent déjà une solide réputation sur la scène américaine. Melvins atteint enfin sa quintessence sur Houdini. Le groupe corroborera cette embellie avec ses deux albums consécutifs. Mais c’est avec Houdini que les Melvins avalise leur banderole furibonde. Certes, à la première écoute, Houdini peut paraître ésotérique, voire amphigourique. Pourtant, dès cette première succession de dissonances, on relève tout de même quelques morceaux proéminents. Hooch, Night Goat, Lizzy, Goin' Blind ou encore Set Me Straight sont autant de réussites probantes.
De surcroît, Houdini peut s’enhardir d’un tube somptuaire. Ce dernier se nomme Honey Bucket. Vous n’avez jamais entendu ce single stratosphérique ? Alors, attention, ce morceau tambourine, entôle et étrille sévèrement les oreilles ! Nirvana, Soundgarden, Pearl Jam et les autres n’ont qu’à bien se tenir. Via Houdini, les Melvins s’extirpent de leurs travers habituels (trop d’expérimentations et d’atomisations) pour prodiguer un disque à la fois âpre et munificent.

 

sparklehorse2 Alice In Oliver