TFF1

Tears For Fears est un des groupes les plus mythiques de l'ère new-wave britannique. Peu d'albums, mais rien à jeter, c'est à peu près ce que tout le monde dit (très justement, d'ailleurs, et je serais même plus précis : vraiment peu d'album, et vraiment rien à jeter !) à leur sujet. Le groupe est constitué de deux amis d'enfance, Roland Orzabal (chant, guitare, claviers, composition) et Curt Smith (basse, chant, compositions). Petit résumé de leur discographie ? C'est nécessaire ? Bon. The Hurting, 1983, petit sommet de new-wave adulte (des thèmes parfois difficiles, audacieux, comme les violences faites aux enfants - la pochette montre un petit garçon assis dans un coin de pochette, tête dans les mains, en train de pleurer) et déjà, des hits : Mad World, Change, Pale Shelter. 1985 : Songs From The Big Chair, majestueux, avec Everybody Wants To Rule The World, Shout, Head Over Heels et le fantasbuleux Listen (mais tout y est parfait) qui me file des frissons. Tears For Fears, déjà, s'impose. Il leur faudra quatre ans pour sortir leur troisième album, The Seeds Of Love, sorti donc en 1989, un disque grandiose (accusé à l'époque d'être trop produit, il faut dire que le groupe en a mis un peu partout, mais tel qu'il est, cet album fonctionne totalement), avec Sowing The Seeds Of Love, qui sera leur dernier immense tube, mais aussi Woman In Chains, Year Of The Knife...Perfection. Mais entre Orzabal (qui écrit et chante quasiment tout sur le troisième album) et Smith, le torchon brûle : après la tournée, le groupe se sépare. Enfin, disons plutôt que Smith se barre. Pour tout le monde, TFF est fini. 

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Mais Orzabal va continuer, seul (avec des musiciens d'appoint, mais sur les photos, c'est lui et lui seul qui est montré), jusqu'en 1995, en sortant, en 1993 et 1995, deux albums de Tears For Fears, Elemental (avec Break It Down Again, dernier hit mineur, Cold, Power, Goodnight Song...) et Raoul And The Kings Of Spain (Falling Down, Secrets, le morceau-titre, Sketches Of Pain), deux albums remarquables, quasiment parfaits, de vrais albums de Tears For Fears malgré qu'il n'y à plus qu'un membre dans le groupe. Le succès de ces deux albums sera moindre, voire très faible pour le dernier, malgré leur qualité. Et puis plus rien, Orzabal se lance en solo en 2001. Mais en 2000, il se réconcilie avec Curt Smith, et les deux commencent à bosser sur un album, qui sortira en 2004 (2005 en Europe) : Everybody Loves A Happy Ending. Album dont le titre, j'ai envie de dire, dit tout : "tout le monde aime une fin heureuse", autrement dit, fn de l'histoire (au verso du livret CD, la mention 'The End'). Et en effet, le groupe fait des concerts (il existe un live, épouvantablement court, moins d'une heure, sorti en 2006, Secret World Live In Paris, difficile à dénicher), mais depuis, plus rien. Enfin, si, des concerts, plein, mais aucun nouvel album, juste une chanson pour un best-of, en 2017. Ce qui tendrait à dire que le titre de ce sixième opus studio, le premier en 9 ans, et le premier en duo depuis 15 ans, serait bien le dernier. Si tel est le cas, force est de constater que cet album, généreux (la version française, sortie (comme le live) sur le label XIII Bis, offre deux bonus-tracks, pour 62 minutes ; la version américaine, 12 titres, dure 54 minutes), accomplit parfaitement sa tâche : sans être un grand cru, Everybody Loves A Happy Ending est du bon boulot. 

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Dans la joie, c'est possible ?

Bon, ce n'est pas non plus époustouflant, mais tout en étant inférieur en terme de qualité (il faut dire que la barre était terriblement élevée), cet album offre du très bon : Who Killed Tangerine ?, malgré son titre un peu idiot, est une totale réussite qui, de même que le court et percutant Closest Thing To Heaven et le sombre The Devil, ne font absolument pas honte aux précédentes chansons. Le pop Call Me Mellow, le mélancolique (et qui, durant la tournée de l'album Elemental, était joué live, et même interprété par la bassiste Gail Ann Dorsey ; ici, c'est Smith qui chante) Size Of Sorrow, Secret World, le morceau-titre assez bariolé qui aurait pu avoir sa place sur The Seeds Of Love... Même les deux bonus-tracks sont d'un très bon niveau. En fait, il n'y à aucune mauvaise chanson ici. Il n'y à aucune chanson qui aurait pu devenir un immense hit (Closest Thing To Heaven sera un des deux singles, et il se placera 40ème dans son pays...), mais Everybody Loves A Happy Ending est un agréable petit disque pop, secondaire certes, pas ausi quintessentiel que les précédents, mais pas honteux tout de même. Il est aujourd'hui relativement chiant à se procurer, j'ai remarqué ; soit d'occasion, soit neuf, mais dans ce cas, assez cher, plus que de coutume. Veillez donc, si l'album vous intéresse (si vous aimez ce groupe, je pense que vous ne devriez pas passer à côté), à ne pas dépenser trop d'argent ; l'album est bon, certes, mais ne justifie pas qu'on se ruine pour l'acheter !

Everybody Loves A Happy Ending

Closest Thing To Heaven

Call Me Mellow

Size Of Sorrow

Who Killed Tangerine ?

Quiest Ones

Who You Are

The Devil

Secret World

Killing With Kindness

Ladybird

Last Days On Earth

Bonus-tracks version européenne : 

Pullin' A Cloud

Out Of Control