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Attention les amis ! La folle est de retour ! Enfin non, là, je suis vraiment un salopard pour dire une chose pareille. Brigitte Fontaine n'est pas toute seule dans sa tête, c'est un fait, mais elle n'est pas folle au sens propre du terme. Pour être tout à fait juste, elle est très très (et continuez sur quarante lignes) à part. C'est simple, j'ai beau faire le tour de la question, je ne vois pas une seule autre chanteuse française qui soit aussi à part qu'elle. Pas même Catherine Ribeiro ou Colette Magny. Bref, pour aujourd'hui, un nouvel album de Brigitte Fontaine. Vous en avez eus pas mal depuis le début de l'année. Avec celui-ci inclus, ça en fera quatre. J'en connais plus d'un qui doivent en avoir plein le dos. Mais, rassurez-vous car, en ce qui me concerne, ce sera le dernier. Quand je parlais d'un album de Brigitte Fontaine au sujet de cet Incendie, ce n'est pas tout à fait le cas car, comme vous avez pu le voir ci-dessus, c'est un album de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem lequel était et est toujours, le compagnon de Fontaine et était (ça, on peut malheureusement en parler au passé) le pote de régiment d'Higelin. Oui, je sais, à chaque fois que je parle de Fontaine et d'Areski, il faut que je parle du Hige, mais il faut bien comprendre que, même si sur ce disque, le Hige brille par son absence (étant parti chez EMI pour lâcher la bombe dévastatrice qu'est BBH75), il est ABSOLUMENT indissociable du couple formé par Fontaine et Areski à la ville, comme à la scène. Maintenant, il est temps de parler de ce disque et je peux vous garantir que ça va pas être de la tarte. Because, vous savez pourquoi.

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Je vous le dis tout net les mecs : je suis super emmerdé à l'idée de parler de ce disque. Je le connais depuis des années et je me rends compte que je me suis vu plus fort que je ne le suis : je m'étais dit que le jour où j'aurai à en parler, je trouverai les mots. Et, maintenant que ledit moment est venu, je ne sais en fait pas quoi vous dire. Mais, je vous demande ne pas m'en vouloir car qui connaît cet album sait fort bien que s'il était déjà coton de causer de Brigitte Fontaine Est..., Comme À La Radio et l'éponyme, ça l'est encore plus de parler de L'Incendie. Ce disque est complètement inclassable. Il ne répond à aucune convention, aucun modèle. On ne peut l'assimiler à aucun autre album. Qu'est-ce que je vais pouvoir vous dire ? Que l'on trouve ici trois succès du répertoire Fontainien ? Ce n'est pas le cas. Ragilia, L'Engourdie et Le Chant Des Chants n'ont pas été des succès à l'époque de la sortie de l'album. Fontaine, alors figure incontournable de l'underground français, ne les avait pas pensées ainsi. On pourra dire éventuellement que ces chansons sont des classiques de Fontaine. En revanche, elles partagent toutes un point commun absolument incontestable : elles sont excellentes. J'avoue cependant avoir une préférence pour Ragilia et ses couleurs maghrébines. Des couleurs très présentes chez Fontaine. Rappelons que Belkacem est maghrebin.

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Je vais vous dire un truc : j'aime cet album, vraiment, ce ne sont pas des blagues. Par contre, je n'ai jamais rien compris aux paroles des chansons. En fait, c'est même plus que ça : je n'ai jamais cherché à comprendre. Je m'en fous littéralement. Moi, ce qui m'intéresse dans ce disque, c'est son ambiance musicale. Cette ambiance un peu beaucoup bordélique qui oscille sans cesse entre de la musique maghrebine, de la folk (matinée très très légèrement de rock sur L'Engourdie) et de l'expérimentation. Je crois que là est la clé pour aimer ce disque : dompter son ambiance ambivalente qui part dans plusieurs directions, mais jamais celles que l'on attend. Textuellement parlant, une chanson semble moins abstraite que les autres : Le 6 Septembre. Laquelle évoque en filigrane le fameux Septembre Noir de 1971 qui vit l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine, dirigée par Yasser Arafat (lequel était natif égyptien)) lancer des attentats contre Israël. À part sur cette chanson, les textes ne révèlent rien de leurs secrets. Sur ce disque, deux morceaux m'insupportent littéralement : la très expérimentale Les Murailles et Nous Avons Tant Parlé, elle aussi expérimentale, mais quand même moins. Pour ce qui est du cas de Il Pleut Sur La Gare, Déclaration De Sinistre, Les Borgias, L'Abeille, Après La Guerre et La Tête Bandée, en terme d'accessibilité, c'est proche du zéro, mais c'est franchement bon. Quant à Les Madones, longue, ou plutôt courte, de 59 secondes, on pourrait croire que c'est nul, mais ce n'est pas le cas. Vous savez, je sais très bien que cette chronique ne vaut pas un radis, mais, si vous connaissez ce disque, vous ne pouvez pas m'en tenir rigueur. Et, pour ceux qui ne me croient pas, allez écouter et vous verrez que, comme moi, vous allez vous retrouver avec le bec dans l'eau.

Face A

Le 6 Septembre

Ragilia

Il Pleut Sur La Gare

Déclaration De Sinistre

Les Murailles

L'Engourdie

Face B

Nous Avons Tant Parlé

Les Borgias

Les Petites Madones

L'Abeille

Après La Guerre

La Tête Bandée

Le Chant Des Chants