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J'ai parlé d'Elton John l'autre jour, je vais en parler aujourd'hui, et si ça dérange quelqu'un, putain, qu'il le dise maintenant ou se taise à jamais. Bien, je continue (je vais faire comme si j'avais rien entendu, d'accord ?). Comme pour le dernier album abordé récemment, ça sera ici non pas une réécriture, mais un album qui n'avait encore jamais été abordé sur le blog : un live. Elton John a sorti son premier live en 1971, il s'appelait 17-11-70 (parce qu'enregistré au cours d'un concert donné le 17 novembre 1970, évidemment ; et aux USA, il sortira sous le titre 11-17-70 parce qu'aux USA, on place le mois avant le jour, dans la datation). Celui que j'aborde est sorti en 1976 et est son deuxième live : il s'appelle Here And There et sa pochette représente le piano d'Elton, sans Elton (recto) et  avec Elton (verso, assis sur le piano à queue). A l'intérieur de la pochette (non ouvrante), on a d'un côté un texte sur l'album, signé Paul Gambaccini (un rock-critic), et de l'autre, une photo du kit de batterie de Nigel Olsson, sans le batteur. L'album s'appelle Here And There ("ici et là") parce qu'il contient des morceaux enregistrés ici et là, ah ah ah cessez de rire, non, parce que les deux faces n'ont pas été enregistrées au même endroit, tout simplement. La face A, la face "Here", propose 5 morceaux d'un concert donné au Royal Festival Hall de Londres le 18 mai 1974. La face B, la face "There", propose 4 morceaux d'un concert donné au Madison Square Garden de New York, le 28 novembre 1974, le soir de Thanksgiving. 9 titres donc pour ce live qui, en vinyle, est assez généreux en durée, tout en étant un album simple : 54 minutes. 

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La version CD, elle, est double, car on y trouve une belle enculade de bonus-tracks : 12 titres en tout sur le CD 1, et 13 sur le second, soit respectivement 7 et 9 morceaux rajoutés, par concert. Et pour un total d'environ 140 minutes ! Inutile de dire, donc, que si la version originale vinylique est déjà excellente (car ce que je n'ai pas encore dit au sujet de Here And There, c'est que c'est un excellent album live), la version CD l'est encore plus. Ca peut sembler une hérésie, ça me fait limite mal de l'écrire, mais pour une fois, on privilégiera le CD par rapport au vinyle ! Le concert new-yorkais offre notamment les trois morceaux, sortis en EP en 1981, sur lesquels Elton fut accompagné, sur scène, par John Lennon, dont ce sera la dernière apparition scénique : Whatever Gets You Thru The Night de Lennon et les reprises de deux chansons des Beatles, Lucy In The Sky With Diamonds (qu'Elton reprendra, en single, à l'époque) et I Saw Her Standing There. Pourquoi Lennon ? Il faut savoir qu'en 1974, pendant qu'il fait Walls & Bridges, Lennon écrit la première chanson citée, sur laquelle Elton participe aux choeurs, notamment. Les deux font un pari sur le potentiel de la chanson. Lennon, en effet, n'y croit pas, mais Elton lui certifie qu'elle sera N°1. OK, Eltie, si elle fait ce score, je la chante en live avec toi ! Elle fit ce score, Lennon a donc tenu parole. Un mini-set d'environ un quart d'heure, magique. Ces morceaux sont sortis en EP en 1981, et on les trouve sur le coffret faussement intégrale Lennon de 1990, elles ne sont donc pas rares. Mais elles sont géniales !

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Mais génial est un terme qui correspond bien à Here And There, dans l'ensemble. Les deux concerts, londoniens et new-yorkais, aux ambiances un petit peu différentes (pas le même lieu de concert, entre une salle de concert et une arena), sont remarquables. Les setlists piochent souvent dans des chansons assez anciennes (Border Song, Take Me To The Pilot, Skyline Pigeon), on notera que le vinyle ne joue pas trop sur la nouveauté : aucun titre de Caribou, très peu de Goobye Yellow Brick Road. Il suffit de regarder la setlist CD pour voir que des morceaux tels que Don't Let The Sun Go Down On Me, The Bitch Is Back, Saturday Night's Alrigt For Fighting, Grey Seal et You're So Static furent joués, à l'un ou l'autre (peu de doublons, deux en fait : Take Me To The Pilot et Your Song) de ces concerts. Sorti assez rapidement afin qu'Elton achève son contrat avec DJM et puisse commencer à sortir des albums via son propre label Rocket Records, Here And There a peut-être été assemblé dans la précipitation, vu ce qui a été mis de côté. On aurait pu sortir un double album, qui n'aurait évidemment pas été aussi long que le double CD (pour ça, il aurait fallu 3 vinyles bien remplis), mais aurait pu offrir bien plus de choses. Bref, si le vinyle est très bien, le CD est bien mieux, même si un des meilleurs moments de l'ensemble est sur le vinyle : Funeral For A Friend (Love Lies Bleeding), aussi longue que l'originale, soit 11 minutes de splendeur. Pour amateurs d'Elton, ce live est ultra recommandé !

FACE A (Here)

Skyline Pigeon

Border Song

Honky Cat

Love Song

Crocodile Rock

FACE B (There)

Funeral For A Friend (Love Lies Bleeding)

Rocket Man (I Think It's Going To Be A Long, Long Time)

Bennie And The Jets

Take Me To The Pilot

Version CD : 

CD 1 (Here) : Skyline Pigeon/Border Song/Take Me To The Pilot/Country Comfort/Love Song/Bad Side Of The Moon/Burn Down The Mission/Honky Cat/Crocodile Rock/Candle In The Wind/Your Song/Saturday Night's Alright For Fighting

CD 2 (There) : Funeral For A Friend (Love Lies Bleeding)/Rocket Man (I Think It's Going To Be A Long, Long Time/Take Me To The Pilot/Bennie And The Jets/Grey Seal/Daniel/You're So Static/Whatever Gets You Thru The Night/Lucy In The Sky With Diamond/I Saw Her Standing There/Don't Let The Sun Go Down On Me/Your Song/The Bitch Is Back