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Quicksilver Messenger Service... Ce nom fleure bon le flower power, pas vrai ? Formé en 1965 à San Francisco, le groupe est un des meilleurs représentants de ce que l'on appellera l'acid rock, du rock psychédélique, en fait, avec Jefferson Airplane et Love (aussi originaires de Californie), et était porté par le légendaire guitariste tout vêtu de noir, John Cipollina. Un premier album éponyme très sympa en 1968, un deuxième, essentiellement live et fulgurant (Happy Trails) en 1969, un troisième (Shady Grove) franchement médiocre la même année. Encore un an plus tard, le groupe sort son quatrième album, Just For Love. Pour le coup, le groupe propose un nouveau chanteur (sur les autres albums, le chant était assuré par le bassiste David Freiberg et le guitariste David Duncan sur le premier album, par Freiberg, Duncan et Cipollina sur le second, et par Freiberg et Cipollina sur le troisième, fait sans Duncan). Enfin, nouveau, pas vraiment...le mec en question marque certes sa première participation à un album de Quicksilver Messenger Service, mais il fit partie du groupe, en 1965, avant les premiers enregistrements. Il s'appelle, de son vrai nom, Chester William Powers Jr, mais son nom de scène est Dino Valenti. Mort en 1994, ce chanteur à la voix incroyable (aigrelette à la Peter Gabriel/Peter Frampton/Steve Winwood) fut arrêté par la police pour usage et détention de drogue (marijuana) et condamné à de la prison (entre 1 et 10 ans, selon son comportement carcéral), a donc été en taule, et en sortira en 1968. Il fera la même année un album solo remarquable (éponyme, mais crédité, sans doute une faute de typographie, Dino Valente) et intègrera Quicksilver Messenger Service fin 1969. 

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Just For Love, dont quasiment tous les morceaux sont crédités à un certain Jesse Oris Farrow qui n'est autre que Dino Valenti (putain, ce mec avait combien de pseudonymes ?), et des morceaux, en comptant les deux parties de deux morceaux, il y en à 9 ici (pour 40 minutes), est un disque qui sent bon le psychédélisme américain, rien que la pochette donne le ton. Ce disque, que j'ai chopé il y à un an environ en vinyle (je ne l'ai que dans ce format) pour un prix totalement donné (2 euros) en brocante, en pressage original américain d'époque et en état très très bon (traces sur le disque, mais sans conséquences sur l'écoute), ce disque donc, n'est peut-être pas le sommet du groupe, mais ce n'est pas, en tout cas, un mauvais album, ni leur moins bon. On y trouve d'excellents morceaux, comme Just For Love (découpé en deux parties, en début et en fin d'album, l'ensemble dure 4,40 minutes, et la première partie en dure 3) qui fut repris sur le dernier album de Jonathan Wilson, Dixie Blur, que j'ai abordé ici en mars dernier au moment du Grand Confinement, et qui venait, alors, de sortir. Mais il y à un morceau ici qui est clairement plus connu que le reste, c'est Fresh Air. Sorti en single à l'époque, ce morceau est le tube de Quicksilver Messenger Service, c'est leur Light My Fire, leur Somebody To Love, leur Black Magic Woman. Il ne se classera qu'en 49ème position, certes, mais pour le groupe, c'est clairement le titre de gloire (avec l'album Happy Trails qui reste leur sommet, rien que pour ce Who Do You Love de 25 minutes...). 

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L'album dans sa globalité offre du très bon (les deux parties, de respectivement 1,10 et 2,10, de Wolf Run, en ouverture et final de l'album, ne sont pas essentielles), comme les très réussies 10,35 minutes (c'est le morceau le plus étendu) de The Hat, Freeway Flyer, Fresh Air et les 7 minutes de Gone Again. Du bon vieux acid-rock des familles, bien produit (par John Palladino), ça a un petit peu vieilli, mais rien de grave. La guitare de Cipollina (qui, après son départ du groupe en 1972, fondera un groupe aussi méconnu des masses que gigantesque, n'ayant fait qu'un seul album éponyme en 1973 : Copperhead) est, comme toujours, parfaite, ce mec était un géant de la guitare de son époque. Le chant de Valenti, le piano de Nicky Hopkins, la basse de Freiberg...Tout est excellent ici, sur ce Just For Love qui n'est donc pas un sommet absolu, mais rien de moins qu'un très bon album de rock psychédélique, c'est déjà ça, et c'est déjà très bien comme ça. Les albums suivants seront à peu près du même acabit. Cipollina s'en va en 1972, le groupe fera un disque sans lui (Comin' Thru') la même année, un disque très mal-aimé mais pas mal du tout (Mojo, Doin' Time In The U.S.A.), et revient en 1975 avec Cipollina (mort en 1989), et jusqu'à une reformation partielle en 1985, ça sera la fin du groupe. Groupe qui, de ses débuts à ce disque au moins, a eu une carrière vraiment intéressante. Just For Love est un album que je recommande si vous aimez ce genre de musique ! Quant à Dino Valenti, il n'est pas exclu que j'aborde ici, prochainement, son album solo éponyme de 1968...

FACE A

Wolf Run (Part 1)

Just For Love (Part 1)

Cobra

The Hat

FACE B

Freeway Flyer

Gone Again

Fresh Air

Just For Love (Part 2)

Wolf Run (Part 2)