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Oui, je sais… Je sais ce que vous devez songer, ergoter et probablement clabauder… Quel est l’intérêt d’aborder un best-of, enfin un « Greatest Hits » dans les coursives de Rock Fever ? Réponse : aucun intérêt, presque une hérésie en somme. Toutefois, le Greatest Hits d’Alice In Chains revêt au moins un intérêt particulier, celui de semoncer tous ces best-of (Greatest Hits, oui je sais…) qui sortent à satiété et font office – au mieux - de remplissage éhonté. Sur ces entrefaites, je pourrais stipuler toute une pléthore de best-of (oui, Greatest Hits, on sait ! On sait !) qui suintent à la fois l’inanité et la vacuité. Allez, au hasard, citons les best of (ou les Greatest Hits, c’est selon) des Rolling Stones, The Doors et autres Aerosmith qui sont sortis à profusion. Consumérisme, quand tu nous tiens…
Néanmoins, Alice In Chains est un vrai cas d’école, victime – bon gré mal gré – à la fois de sa notoriété et des turpitudes du merchandisingObjectivement, les albums studios du groupe de Seattle se comptent sur les doigts atrophiés de la main… Ou plutôt, en l’occurrence, des deux mains.

Sa discographie se résume en six albums : Facelift (1990), Dirt (1992), Alice In Chains (1995), Black Gives Way To Blue (2009), The Devil Put Dinosaurs Here (2013) et Rainier Fog (2018). Et sur ces six albums, les trois premiers ont été réalisés sous l’ère Layne Staley et les trois derniers sous l’égide de William DuVall. Autrement dit, tous les best-of (Greatest Hits… Oui, je sais… C’est lourd…) d’Alice In Chains coalisent essentiellement (exclusivement…) la première période. Dans cet exercice, Alice In Chains se montre plutôt philanthrope - avec son actif - par moins de quatre best-of : Nothing Safe, The Essential, Music Bank et évidemment Greatest Hits.
On pourrait même additionner deux autres best of, à savoir l’Unplugged (1996) qui amalgament à lui seul la plupart des succès du groupe, ainsi qu’un live (sobrement intitulé « Live » par ailleurs) qui, lui aussi, agrège les tubes d’Alice In Chains. 
Parmi tous ces best-of, l’Unplugged et Music Bank restent sans aucun doute les disques les plus munificents.

En outre, l’Unplugged permet d’apprécier les morceaux du groupe en acoustique et d’admirer la voix mirifique de Layne Staley – pour ce qui restera – son ultime performance « live » (en tout cas, l’une de ces dernières). Dans le cas de Music Bank, il ne s’agit pas vraiment d’un best of, mais d’une sorte de coalescence entre classicisme formel et certaines chutes de studios. Nothing Safe et The Essential font office de best of analogiques, nonobstant certaines divergences. Vous aviez, par mégarde, phagocyté Nothing Safe ? Pas grave, The Essential vous permettra de vous aguerrir à l’univers contristé d’Alice In Chains. Ni plus ni moins. Vous avez baillé durant toutes ces explications fastidieuses et amphigouriques ? Rassurez-vous, c’est normal ! J’essaie, tant bien que mal, de combler le vide pélagien que constitue à lui seul Greatest Hits, soit le disque qui nous intéresse aujourd’hui. 
Officiellement, ce best of galvaudeux sort en 2001. A l’époque, Layne Staley n’est plus qu’un chanteur fantoche. Dixit les propres aveux de sa famille et de son entourage, le leader décrépit vit reclus dans son appartement de Seattle.

Entre temps, Jerry Cantrell, le guitariste d’Alice In Chains, tente de résoudre l’équation (insoluble) avec un premier album solo, Boggy Depot, histoire de faire patienter les thuriféraires. Une hérésie… Certes, en interview, le guitariste homérique promet un quatrième album d’Alice In Chains. Mieux, le groupe aurait déjà besogné sur quelques mélopées. Mais personne n’est dupe. Layne Staley n’est plus qu’un vulgaire cacochyme qui attend patiemment (impatiemment ?) son heure fatidique. Le chanteur exhalera son dernier soupir en 2002 suite à une overdose au speedball (une sorte de salmigondis entre l’héroïne et la cocaïne). Corrélativement, le grunge a lui aussi passé l’arme à gauche depuis belle lurette suite au suicide de Kurt Cobain. Mais, certains laudateurs ingénus croient encore à la résurgence de la vague grunge. C’est probablement pour cette raison que Columbia nous estourbit avec un nouveau best of, donc Greatest Hits ! Que dire sur ce disque oiseux et fuligineux ?
Rien, mais absolument rien ne justifie son existence. 
En outre, ce best of (Greatest Hits… C’est lourd, mais c’est lourd…) se montre extrêmement parcimonieux.

Au moins, Nothing Safe et The Essential s’illustraient par leur mansuétude. Greatest Hits commet l’exploit de coaliser dix chansons, pas onze ni douze, mais seulement dix morceaux d’Alice In Chains ! Pour une fois, l’image de la pochette traduit parfaitement les intentions (mercantiles) des producteurs. Pourquoi, diantre, avoir choisi deux boxeurs, pour illustrer une oriflamme aussi hideuse ? Telle est la question… Oui, nos deux assaillants s’opposent, ferraillent et s’empoignent comme deux taureaux effarouchés. Voilà pour l’anecdote superfétatoire ! Mais, pour le reste, j’avoue rester pantois devant ce Greatest Hits. Maigre consolation, les morceaux reflètent partiellement la discographie d’Alice In Chains. Seul l’album Facelift est délesté du moindre représentant, à l’exception de Man In The Box.
Sinon, c’est tout ? Oui, c’est tout ou presque… A noter également les présences concomitantes de Them Bones, Rooster, Angry Chair, Would?, No Excuses, I Stay Away, Grind, Heaven Beside You et Again qui viennent compléter les inimitiés. En résumé, nous voici affublés d’un best of (Greatest Hits… Sic…) d’une durée de 45 minutes... A peine ! Oui, autrement dit, on appelle cela une gabegie, au pis une escroquerie…

 

118566306 Alice In Oliver