S1

Qu'est-ce que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas, ici, abordé le très intéressant cas du Loup des Steppes ! Un groupe américain au nom tiré de Hermann Hesse et au chanteur charismatique (John Kay, Allemand de nationalité, Canadien de coeur) qui compte parmi les premiers de hard-rock. Leur premier album, en 1968 (Steppenwolf), offrait déjà de grands classiques comme Born To Be Wild, The Pusher, Sookie Sookie... Le groupe, au style très heavy, va ensuite accumuler des albums bien vendus, très réussis, du bon boulot (The Second, At Your Birthday Party, l'engagé Monster), l'utilisation de deux de leurs hits (les deux premiers que j'ai cités) dans la bande-son de Easy Rider en 1969 va accentuer encore leur statut cool. En 1970, ils publient l'inévitable double live (Steppenwolf Live, à la pochette montrant un loup montrant les dents), leur deuxième live par ailleurs, un album vraiment réussi malgré une prise de son qui a pris de l'âge. La même année 1970, le groupe sort son cinquième album studio, mais comme on compte les deux lives dans le décompte, cet album porte le nom de Steppenwolf 7, ou simplement 7. Sa pochette est un petit poème dans le genre mauvais goût : deux crânes humains de profil sur fond d'un ciel jaune et de montagnes, avec le groupe en teintes vertes, posant en premier plan, en bas de pochette. Moi qui n'aime pas trop tout ce qui est squelettes, crânes, j'en suis phobique ou presque, hé ben, je suis servi, je peux le dire, c'est pas aussi horrible que la pochette du double live Skullfuck du Grateful Dead, mais pas loin. 

S2

Steppenwolf 7 est un des albums les plus réussis du groupe, probablement, ne croyez pas AllMusic qui lui file (sans doute parce que l'album ne marchera pas bien, aucun hit ici, aucune chanson de l'envergure d'un hit mondial, et sans doute aussi parce que l'Âge d'Or du groupe était passé) une note éminemment dégueulasse, 2 sur 5. Produit par Richard Podolor, Ce cinquième cru studio est un disque qui entremêle rock, hard-rock, blues et psychédélique, en une quarantaine de minutes (pour 9 titres), parmi lesquelles deux reprises : Snowblind Friend d'Hoyt Axton (déjà auteur de The Pusher, cette chanson, comme The Pusher d'ailleurs, et son No No Song repris par Ringo Starr, est une chanson anti-drogues), et Forty Days And Forty Nights popularisée par Muddy Waters et écrite par Bernie Roth. Deux excellentes chansons. On trouve aussi Renegade, dans lequel John Kay (qui a signé 6 des 7 chansons originales de l'album) parle d'un élément de sa vie : en 1948, sa mère et lui ont franchi l'Allemagne, d'Est (occupée par l'URSS, il est né dans cette portion de l'Allemagne) en Ouest (secteur britannique) afin d'espérer une meilleure vie. Un autre morceau de l'album, Earschplittenloudenboomer (ce titre, la vache...), possède une intro parlée, en partie dans la langue natale de Kay, l'allemand. Ce morceau, à la fois heavy et psychédélique, est une totale réussite, peut-être même le meilleur de ce 7

S3

Mais l'album est réussi du début à la fin. On ne peut sans doute parler ici d'un album immortel, mais dans la discographie de Steppenwolf, ce septième album tout court, et cinquième studio est un des plus recommandés, peut-être pas pour découvrir le groupe (dans ce cas, prenez soit leur premier album, soit le live de 1970, qui est un beau best-of de la première partie de leur carrière), mais si vous aimez le rock bien nerveux, pas trop violent mais tout de même du genre toutes couilles en avant, et qui plus est le hard-rock 70's, alors vous devriez vous pencher sur ce disque à la pochette peu subtile et jolie, mais au contenu vraiment enthousiasmant. Je vais même aller plus loin : Steppenwolf 7 est le dernier grand disque du groupe, le dernier à recommander, la suite étant vraiment décevante...Mais là, c'est du bon !

FACE A

Ball Crusher

Forty Days And Forty Nights

Fat Jack

Renegade

FACE B

Foggy Mental Breakdown

Snowblind Friend

Who Needs Ya

Earschplittenloudenboomer

Hippo Stomp