51VlSz9bFfL

The Divine Comedy, un cryptonyme lyrique et mélancolique qui sonne comme une mélodie enchanteresse. Pour le groupe, composé à l’origine de trois musiciens, l’aventure commence vers la fin des années 1980. A l’époque, The Divine Comedy sort l’album Fanfare for the Comic Muse (1989), mais se sépare aussitôt le disque dans bacs. The Divine Comedy devient alors l’unique propriété de Neil Harmon, auteur-chanteur et compositeur métronome. Le premier véritable album, Liberation (1993), s’approxime – comme son titre l’indique – à une sorte d’émancipation artistique. Aux yeux de la presse, Neil Harmon apparaît comme un iconoclaste, un trublion et un artiste goguenard qui se gausse de la mode, des tendances et du diktat commercial. Sa musique peine néanmoins à s’expatrier en dehors de ses frontières irlandaises, à l’exception de nos contrées hexagonales.
En France, les critiques spécialisées s’entichent, s’accointent et s’acoquinent de la personnalité facétieuse de Neil Harmon. Pour son troisième album, Casanova (1996), le troubadour polymathique collabore avec Björk. Cette dernière exhorte le musicien à poursuivre vers des chemins beaucoup plus complexes et alambiqués.

La requête est immédiatement ouïe par Neil Harmon. Un peu trop sans doute... A short album about love (1997) est un mini album dans lequel Neil Harmon requiert l’omniscience d’un orchestre philharmonique. Peu à peu, l’artiste philanthrope affine et peaufine son répertoire musical. A contrario, les critiques se montrent beaucoup plus pondérées. A force d’expérimenter et de s’évader dans des univers épars et fuligineux, Neil Harmon se noie parfois dans l’amphigourie et la fastidiosité. Pugnace, Neil Harmon poursuit inlassablement ses efforts. L’album Fin de Siècle (2001) l’érige sur le devant de la scène et surtout parmi les auteurs musicaux les plus proéminents du moment.
Evidemment, son neuvième et nouvel album, Absent Friends (2004), est attendu au tournant. D’une durée de 46 minutes (environ), Absent Friends se fragmente en onze chansons bien distinctes.

 

The+Divine+Comedy+Absent+Friends-292004

 

 

L’oriflamme du disque dénote par sa simplicité relative. La pochette d’Absent Friends montre un Neil Harmon oisif, badaud, indolent et allongé sur un divan. A l’instar de Fin de siècle sorti trois ans auparavant, Absent Friends peut s’enorgueillir de toute une pléthore de satisfécits et de dithyrambes. Pour certains laudateurs originels, Absent Friends serait carrément le disque le plus accompli de The Divine Comedy. Reste à savoir si ce neuvième effort mérite – ou non – de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique… A l’aune de ce nouvel essai musical, on pouvait légitimement se montrer circonspect en raison – principalement – des atermoiements récurrents de Neil Harmon. L’artiste protéique a parfois dérivé vers des louvoiements peu probants.
Pourtant, au détour des onze morceaux qui composent le disque, Absent Friends reste probablement l’un des meilleurs disques des années 2000. Oui, rien que ça…

Dès le préambule, à la fois soyeux et sérénissime, Absent Friends nous transporte vers l’enchantement et la féérie. Par ailleurs, l’album débute par le morceau éponyme, avant de se poursuivre sur le magnifique Stick § Stones. Apparemment, Neil Harmon a délaissé les bravades et les rodomontades pour adopter une musique transie par davantage de contrition et de solennité. Preuve en est avec le superbe (lui aussi...) Leaving Today et ses sonorités profondément attristées. Heureusement, la félicité est retrouvée sur le single Come Home Billy Bird, lui aussi magnifié par la grâce et la majestuosité. Mais Absent Friends trouve finalement sa quintessence avec le quatuor formé par My Imaginary Friend, The Wreck of the Beautiful, The Happy Goth et Our Mutual Friend (sans aucun doute la chanson la plus éloquente de l’album). Bref, on tient là un album tétanisant (par ses mélodies), fascinant (par sa mélancolie) et protéiforme (par les divers sentiments qu’il convoque).
En quelques mots : un vrai disque de chevet !

 

sparklehorse2 Alice In Chains