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Comme le dit le proverbe : petit à petit, l'oiseau fait son nid. L'oeuvre de Jefferson Airplane commence à très bien trouver sa place sur votre blog préféré. Place aujourd'hui au quatrième album du groupe, sorti en 1968 : Crown Of Creation. Lequel a une position quelque peu inconfortable dans la discographie de l'Airplane : il succède à After Bathing At Baxter's, album aujourd'hui considéré comme étant le meilleur du groupe. Un jugement avec lequel je ne suis absolument pas d'accord. Pour moi, le meilleur skeud de la bande à Grace Slick, restera ad vitam aeternam Volunteers. Je sais bien que l'on ne juge pas un album sur la qualité de sa pochette, mais, avouez quand même qu'en la matière, ce cru de 1968, a toutes les apparences contre lui. Regardez un peu cette pochette moche comme un cul. Entre le orange tapageur, et les tronches des membre du groupe dédoublées et qui siègent dans la déflagration provoquée par une explosion atomique, c'est vraiment le ponpon comme on dit. Sans oublier ce lettrage pourri et cette couleur verte qui l'est tout autant, franchement, c'est zéro. Mais, heureusement pour lui, et pour nous aussi, l'album a bien mieux à nous offrir que cette pochette dégueulasse. L'ensemble ne forme pas le meilleur disque du groupe, mais mérite quand même le respect.

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Autant vous le dire d'emblée, ce sera fait : les trois premières chansons de l'album ne proposent pas un rock comme on pourrait en attendre de la part de l'Airplane. Lather, chantée à la perfection par Grace Slick dégage des sonorités étranges, psychédéliques, mais reste avant toute chose une ballade à la guitare acoustique. Il en va de même pour In Time, excellente chanson (tout comme Lather) et ce, malgré un solo de guitare pour le moins saignant. Triad, quant à elle, est encore plus calme que les deux chansons précédemment citées. En fait, si vous voulez vraiment que ça défouraille en bonne et dûe forme, il vous attendre l'irruption de Star Track. Là, on a vraiment du rock qui saigne. Et, à mon humble avis, si le long solo de guitare entendu dans la chanson n'est pas improvisé ne serait-ce qu'une seconde, il n'empêche qu'il sent bon l'acid-rock. Et, tant qu'on y est et toujours selon mon humble avis, cette chnson est aussi le sommet de la première face. En revanche, en ce qui concerne Share A Little Joke, je serai moins enthousiaste. Ce n'est pas mauvais, mais ce n'est pas terrible non plus. Ça ne dure que 3'15 minutes (tout comme Star Track), mais on s'y emmerde un petit peu. La première face s'achève sur un morceau instrumental : Chushingura, (que je surnomme Chikungunya, sans aucun mépris, c'est juste pour déconner un peu) fait de bruitages divers. J'ai essayé les mecs : foutez ça à volume standard dans le noir et vous allez voir que ça fait quelque chose. On ne se fait pas dans le froc comme si on écoutait un truc à la Nico façon The Marble Index et dans les mêmes circonstances (dans le noir, volume standard), mais ça fait son petit effet. Personnellement, j'aime beaucoup ce petit morceau, même si, intrinsèquement, il n'a pas d'utilité puisqu'il n'emboîte pas le pas (ahah) à Share A Little Joke et n'introduit aucunement la chanson suivante qui est...

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... Qui est If I Feel. Une chanson qui, il faut le dire, démarre un peu timidement, avant de trouver son rythme de croisière. Au final, c'est une très bonne chanson que nous avons là. Et, tout comme sur Star Track, le solo de guitare a de forts relents d'acid-rock, alors que ce n'en est pas ou pas vraiment. Dans l'ensemble, la seconde face est moins convaincante que la première, il faut le dire. La chanson titre par exemple, même si elle n'est pas une horreur, n'est pas bien intéressante. On s'y emmerde. À côté d'elle, Share A Little Joke est passionnante, c'est vous dire ! En revanche, Ice Cream Phoenix est franchement bonne. Et, le sommet de cette seconde face (mais pas de l'album, cette haute distinction étant réservée à Star Track) est incontestablement Greasy Heart, une putain de tuerie qui vous prend à la gueule d'entrée de jeu avec son intro saignante à la guitare. Pour moi, la deuxième meilleure chanson de l'album, tout simplement. Le disque s'achève sur ce qui est sa chanson la plus longue : The House At Pooneil Corners, pointant à 5'51 minutes. Ce qui est, je vous le dis franchement, trop long pour ce que la chanson a à proposer. Ce n'est pas une merde, mais voilà, le fait est qu'il n'y a rien de transcendant dedans. De tous les albums que l'Airplane a fait entre 1966 et 1969, c'est-à-dire de Takes Off à Volunteers, Crown Of Creation est, tout en étant très bon (faut pas déconner quand même), le moins abouti de cette période. Et pourtant, je peux vous garantir que je suis bien loin d'être le plus ardent défenseur de After Bathing At Baxter's

Face A

Lather

 

In Time

Triad

Star Track

Share A Little Joke

Chushingura

Face B

If You Feel

Crown Of Creation

Ice Cream Phoenix

Greasy Heart

The House At Pooneil Corners