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Et voilà, nous y sommes ! À quoi ? Au dernier album studio fait par Eddy Mitchell pendant les années 80. Je m'étais mis en tête d'aborder tous ses albums studio des années 80, c'est chose faite. Ils y sont tous. Enfin non, Fan Album de 1983 manque à l'appel, mais, comme je vous l'ai expliqué en début de chronique consacrée à Racines, j'ai mes raisons d'avoir occulté celui-là. Selon toute logique, cette chronique devrait être la dernière que je consacre à Schmoll. Bien. Ici Londres, enregistré à...ben à Londres, c'est comme le Port-Salut, c'est marqué dessus est le vingt-septième album studio de Schmoll et succède à Mitchell, sorti deux ans plus tôt, soit en 1987. Lequel, malgré quatre chansons faiblardes, dont deux franchement mauvaises, était d'un très bon niveau, offrant notamment cette chanson intouchable qu'est M'man qui est, comme je l'ai dit, à mes yeux la plus belle chanson jamais enregistrée par Eddy. Enfin, le passé, c'est le passé comme on dit. Ce qui nous intéresse, c'est ce cru de 1989, sorti sous une pochette en noir et blanc et montrant Schmoll en blouson de cuir et adossé à un objet que je ne parviens pas à indentifier, tout en finissant se s'allumer une sèche.Et, en dehors du fait qu'il s'agisse de son dernier album studio des années 80, Ici Londres marque un tournant dans la production discographique d'Eddy : dès les années 90, il ralentira fortement la cadence. Et pour preuve, entre 1990 et 2000, il ne sortira que trois albums. Un en 1993, un en 1996 et un autre en 1999. On n'est pas sur un rythme souchonien ou voulzyien, mais pas loin.

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Autant le dire de suite : Ici Londres n'est pas caviardé de tubes ou de classiques comme l'était Mitchell. Cependant, on trouve dessus un gros succès du répertoire Schmollien. Et, je ne parle pas d'un tube à la con style Tu Peux Préparer Le Café Noir ou Couleur Menthe À L'Eau. Non, là, on parle d'un vrai bon tube de la mort qui tue : Lèche-Bottes Blues. Si vous possédez le vinyle (ou le CD, peu importe), vous pouvez constater que Boris Bergman (qui est, pour ceux qui ne le connaissent pas, un des anciens paroliers de Bashung) est crédité à l'écriture des paroles de la chanson. C'est normal. Eddy en chiait tellement pour terminer le texte seul, qu'il a fait appel à Bergman. Et grand bien lui en a pris car les paroles sont un vrai régal d'humour féroce. Sous le couvert du lèchage de bottes (le titre ne ment pas), tout le monde en prend plein la gueule. Musicalement, ça suit carrément bien. L'interprétation est au top. Bref, tout cela confère à faire de Lèche-Bottes Blues une vraie tuerie et une des meilleures chansons d'Eddy. J'aime les impôts leur clairvoyance, leurs multi-talents, leur polyvalence, oui j'les aime, j'les aimes, j'aime, j'aime, j'aime, j'aime les visites des huissiers, êtes-vous sûrs de n'avoir rien oublié ? oh oui j'les aime, j'les aime, oh j'aime, j'aime, j'aime, j'aime aussi ma maison de disques, l'attachée de presse, la standardiste, je les aime rrr, oh oui j'les aime, sans oublier ma petite SACEM qui sait ô combien, combien je l'aime, j'en rajoute pas, j'en fais pas des tonnes, mais j'espère surtout que je n'oublie personne, lèche-bottes blues, je fais le lèche-bottes blues... Under The Rainbow, quant à elle, si elle ne fut pas vraiment un tube, on peut quand même voir en elle un classique que Schmoll reprendra qsur scène assez fréquemment. Par contre, en ce qui concerne cette chanson, la musique (sans faire de mauvaises blagues) n'est pas la même : on est ici dans une mélasse fin 80's franchement indigeste.

Le reste de l'album ? Comment vous dire ça ? J'ai beau me secouer la tête dans tous les sens pour faire danser les idées, je ne vois tout simplement pas comment je vais pouvoir défendre les autres chansons. En fait, c'est encore pire que ça : je ne peux pas défendre les autres chansons parce qu'elles sont juste indéfendables. Comment Fais-Tu Pour Dormir ?, bien qu'elle ne soit pas immense, je l'exclus du lot, mais les autres... Mon Coeur Vinyle, Me Laisse Pas Tomber et Du Déjà-Vu, qui peuplent la première face avec Lèche-Bottes Blues et Under The Rainbow, sont toutes chiantes comme la pluie un jour d'été. Et, pour ne rien arranger, elles frôlent (Du Déjà-Vu) ou dépassent les 4 minutes (les deux autres)... au secours ! Mais, ce qui déboule à présent est encore pire. On M'A Dit Que, Le Baby Blues, Tache D'Huile et Les Lionnes De Mer sont de vrais ratages. Le problème ne vient pas d'un son typiquement daté fin années 80, c'est juste que, musicalement parlant, ça ne suit pas, ça ne tient pas la route. C'est une mélasse dégueulasse. Eddy a beau être en forme vocalement, mais ça ne sauve pas les chansons de la catastrophe. C'est donc sur cet album qu'Eddy a achevé ses années 80... on ne pourra pas dire qu'il s'agit d'une sortie par la grande porte. Ce qui est d'autant plus regrettable car le précédent album, s'il n'était pas exempt de reproches, était d'un très bon niveau. Ici Londres, album uniquement réservé aux fans absolus de Schmoll ? C'est une évidence. Et, si je ne classe pas cet album dans les ratages (ce qui serait logique vue la teneur de mes propos) c'est uniquement grâce à Lèche-Bottes Blues.

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Face A

Lèche-Bottes Blues

Mon Coeur Vinyle

Under The Rainbow

Me Laisse Pas Tomber

Du Déjà-Vu

Face B

On M'A Dit Que

Le Baby Blues

Tache D'Huile

Les Lionnes De Mer

Comment Fais-Tu Pour Dormir ?