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Je dois vous préciser quelque chose : en ce jour, j'avais bel et bien prévu de vous parler une nouvelle fois de Ten Years After, mais pas de cet album-là. Au départ, je voulais parler de Undead, un album live sorti par le groupe en 1968. Jusqu'à ce que le manque total de logique de mon entreprise me saute à la gueule. Parler du live de 1968 n'avait absolument aucun intérêt si, auparavant, le premier album studio du groupe n'avait pas été abordé. Donc, d'abord, on cause de la galette studio et ensuite on cause de la galette live. Même si, je le précise, pour cette dernière, ce ne sera pas dans l'immédiat. Aujourd'hui, place donc au premier album du groupe et qui est, vous avez pu le lire, éponyme. Le line-up ? Vous le connaissez tous : Alvin Lee, Leo Lyons, Chick Churchill et Ric Lee. Pour ceux qui ne connaissent pas trop, voire pas du tout le groupe, si ce n'est de nom ou pas, sachez que Alvin et Lee n'étaient pas de la même famille. Je tenais à le préciser. On serait tenté de le penser. Une confusion est si vite arrivée. L'album est sorti en 1967, plus précisément, le 27 octobre 1967. Une année hautement rock psychédélique. Et pour cause, c'est en cette même année que sortiront des albums comme Their Satanic Majesties Request, Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band, Magical Mystery Tour, Axis : Bold As Love, Surrealistic Pillow, Forever Changes, Sell Out et d'autres pointures du genre. Regardez un peu la pochette de ce premier cru Ten Years Afterien... Enfin, regardez plus précisément le lettrage... Ça en dit long, non ?

Proposant neuf chansons, l'album contient trois monstres Ten Years Afteriens. Que ce soit en terme de durée ou en terme de qualité. En premier lieu, nous avons I Can't Keep From Crying Sometimes. Longue de plus de 5 minutes, la chanson transpire le blues par tous les pores. Tout sur cette chanon est discret. Que ce soit la batterie et ses cymbales, que ce soit la basse et que ce soit la guitare d'Alvin Lee. Bref, excellent morceau. Pointant à plus de 6 minutes, nous avons Spoonful, reprise d'une chanson de Howlin' Wolf. Logique, Ten Years After était de ces groupes de rock britanniques perfusés au blues. Soyons clairs : si rien ne peut atteindre la version originale du Loup, cette reprise d'Alvin Lee et sa bande assure totalement. Et, en ce qui me concerne, j'adore cette orgue qui bourdonne tout au long des 6 minutes que dure cette reprise. Et, nous avons aussi, et là, accrochez vous, Help Me, morceau qui clôture le disque. On frôle les 10 minutes. 9'53 minutes pour être exact. Il n'y a pas à tourner autour du pot : c'est incontestablement le sommet de ce premier album du groupe. Cette chanson est littéralement intouchable. Près de 10 minutes de bonheur total qui, bien entendu, respirent le blues de partout. Ce qui frappe ici, davantage que la batterie qui cogne sec ou que les solos d'Alvin Lee, (on peut en dire ce que l'on veut, mais ce mec était un sacré gratteux) c'est cette ligne de basse. Grave, gironde, lancinante et répétitive. Bref, avec Help Me, l'album se finit dans un véritable tonerre sonore jouissif.

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Pour ce qui est du reste, très clairement, on évolue pas au même niveau. En réalité, en ce qui concerne les autres chansons, il n'y en a qu'une seule qui est vraiment bonne, la chanson d'ouverture : I Want To Know. Éminement bluesy dans l'âme avec cependant un petit quelque chose, pas de Tennessee, (que je peux être drôle moi parfois) mais de boogie-rock. Ça dure pile poil ce qu'il faut (2'16 minutes), c'est de la belle ouvrage. Par contre, la suite n'est pas des plus brillantes... Adventures Of A Young Organ...Déjà, reconnaissez que pareil titre, si on touche un minimum sa bille en anglais, quand on le traduit, ça n'inspire pas sépcialement la confiance. Le morceau est instrumental, jazzy dans l'âme et, comme le titre l'indique, l'orgue s'y taille la part du lion, sans toutefois bouffer les autres instruments. Que puis-je vous dire là-dessus . Oh, c'est sympathique à écouter, personne ne rendra gorge face à ça, mais ça ne sert pas à grand chose. Losing The Dogs lorgne davantage du côté du rock 'n'roll. Alvin Lee la chante un peu à la Chuck Berry. Mais, sincèrement, ça ne vaut pas grand chose. Feel It For Me non plus ne vaut pas grand chose. Alvin Lee y adopte un chant qui caricature à la limite du ridicule les vieux chanteurs blues. Ça n'a aucun intérêt. Ni vocalement, ni musicalement. On passe. Quant à Don't Want You Woman, avec ça, on est en plein dans une sorte de pastiche blues. C'est mille fois meilleur que ls deux autres chansons abordées précédemment, mais, ce n'est en aucun cas un sommet ni de l'album, ni du groupe. Ce premier cru de Ten Years After est donc loin d'être parfait. On compte au moins deux rejets à faire. Cependant, avec des morceaux comme ceux qui sont décrits dans le second paragraphe, on sent clairement que l'on est en présence d'un groupe qui ne peut que progresser et qui va nous offrir de très grands moments musicaux. La suite de leur oeuvre nous donnera amplement raison.

Face A

I Want To Know

I Can't Keep From Crying Sometimes

Adventures Of A Young Organ

Spoonful

Losing The Dogs

Face B

Feel It For Me

Love Until I Die

Don't Want You Woman

Help Me