FG1

MaxRSS a abordé, récemment, un album de France Gall, celui de 1975 qui, à défaut d'avoir été le premier album de la Gall (loin de là, même, elle a démarré sa carrière, on le sait, dans les 60's), était son premier album structuré comme tel (les précédents étaient, tous, des assemblages de 45-tours 4-titres, sans âme et sans envergure). Ce premier 'vrai' album, sans titre, était celui de la renaissance : entièrement signé Michel Berger (avec qui France venait de se mettre, ils se marient en 1976, ont un premier enfant en 78 et un autre en 81), il offre déjà des classiques : La Déclaration D'Amour, Samba Mambo, et c'est probablement un des meilleurs de la regrettée chanteuse. Mais il y à un album, le dernier vrai album studio solo de Gall (en 1996, elle fera un disque de reprises de chansons de Berger, et en 1992, en fit un en duo avec lui), qui me tient à coeur, et j'étais d'ailleurs persuadé de l'avoir déjà abordé ici, alors que non : Babacar. Rien qu'à voir la pochette, on sent les années 80 à mort : chevelure à la Bonnie Tyler, et cette bordure jaune dans le cadre en bas à droite, esthétique moderniste de l'époque. L'album est court (35 minutes). Quand on sait qu'une chanson apparemment sublime a été retirée du disque final pour des histoires de durée et de place sur le vinyle, on se dit que la chanson, qui sortira en 2004 sur une anthologie de la chanteuse, n'a pas eu de bol, parce que ne pas réussir à la placer sur un disque de 35 minutes, quitte à bousculer un peu l'ordre des chansons ou risquer une différence de durée entre les deux faces, c'est dramatique et difficilement explicable, surtout que l'album est aussi sorti, directement, en CD. Bref. L'album est le réceptacle de neuf chansons dont cinq sont sorties en singles, et parmi elles, trois seront de gros, gros tubes, assez différents les uns des autres. 

FG3

On a d'abord Ella, Elle L'A, une des nombreuses chansons de Gall en hommage à une célébrité (Cézanne, Jerry Lee Lewis ont aussi eu droit à leurs chansons, je ne sais pas ce que le Killer a pensé de celle sur lui, mais pour Cézanne, pas la peine de se poser la question), en l'occurrence la chanteuse de jazz Ella Fitzgerald (décédée en 1996), que Berger admirait, et très certainement France Gall aussi. Cette chanson, Berger l'a imaginée dès le début des années 70, mais ses divers projets feront qu'il la repoussera sans arrêt. Apparemment, le rythme de la chanson, entre basse, synthés et cuivres, fut un cauchemar à chanter pour Gall. La chanson sera (l'album aussi, d'ailleurs, qui se vendra à plus d'un million d'exemplaires !) un triomphe au hit-parade. On a aussi Babacar, chanson-titre donc, reflet d'un voyage effectué par France Gall au Sénégal, elle y fait la connaissance d'une jeune mère de famille abandonnée par son compagnon, et venant de mettre un enfant au monde, Babacar. Seule, sans ressources, ne sachant pas comment elle va faire, elle propose à Gall de prendre Babacar avec elle pour qu'il ait, au moins, lui, une chance dans la vie. Marquée par cette offre désespérée, Gall retourne en France pour y réfléchir, mais n'adoptera pas l'enfant. En revanche, Berger et elle aideront la jeune femme, financièrement, et Gall reverra Babacar peu après, en 1987, puis en 1992. La chanson parle évidemment de lui. Et on a Evidemment, déchirante chanson dédiée à Balavoine, décédé en janvier 1986 dans un crash d'hélico au Paris-Dakar, comme on le sait. Gall aura du mal à l'enregistrer, et finira par réussir à coucher ses voix en faisant comme si elle ne savait pas de quoi parlait la chanson (qui ne cite pas une seule fois le nom de Balavoine).

FG2

En face B du single Evidemment, il y à La Chanson D'Azima, présente sur le disque et qui sortira en single par la suite, chanson dédiée à une jeune fille de touareg rencontrée en 1986 lors d'un voyage au Mali. Papillon De Nuit sortira aussi en single, mais marchera moins. Ce n'est pourtant pas une mauvaise chanson, et elle ouvre bien l'album. Dancing Brave, sur un cheval de course mythique, est une autre très bonne chanson, bien ancrée dans les 80's (la production de l'album, sans être datée, est vraiment représentative de l'époque). J'irai Où Tu Iras (rien à voir avec la future chanson de Céline Dion faite par Goldman) et C'Est Bon Que Tu Sois Là sont correctes, Urgent D'Attendre (ce titre de chanson est idiot...) est la moins bonne ici, mais dans l'ensemble; Babacar est un solide petit album pop français, bien charpenté, bien tubesque aussi, et un fan de chanson française de l'époque, de variété française, ne peut pas passer à côté. 

FACE A

Papillon De Nuit

Dancing Brave

Babacar

J'Irai Où Tu Iras

FACE B

Ella, Elle L'A

Evidemment

La Chanson D'Azima

Urgent D'Attendre

C'Est on Que Tu Sois Là