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Killing Floor, vous connaissez ce groupe ? Si vous êtes archi-calés de chez archi-calés en matière de rock anglais, alors oui, c'est possible. Dans le cas contraire, c'est sans doute la première fois que vous en entendez parler. Pour ma part, je vais être honnête avec vous : il y a de cela encore quelques mois, je ne connaissez pas ce groupe. J'ai découvert son existence au gré d'une recherche sur Kikimerdia. Que je suis salaud d'appeler ce site ainsi étant donné que, tout en restant lucide sur sa véracité, je m'y rensigne très souvent. Quand j'ai vu le nom de ce groupe, j'ai cliqué sur la page, j'ai lu un peu le bordel et je me suis dit "tiens, pourquoi ne pas essayer après tout, sait-on jamais". Pour le style de musique pratiqué par le groupe, voir les tags en fin de chronique. L'origine du nom ? Une chanson de Howlin' Wolf. Ce qui en dit très long sur les inspirations de Killing Floor. Lequel, à l'origine, évoluait dans un line-up à cinq. Bill Thorndycraft  au chant et à l'harmonica, Mick Clarke à la guitare, Stuart McDonald à la basse, Bas Smith à la batterie et Lou Martin aux claviers. Un line-up qui ne durera que le temps d'un album. Celui que j'aborde aujourd'hui donc. Et, dernière information avant de parler de l'album en lui-même, lorsque Killing Floor a été repéré, ils ont été ensuite engagés pour assurer les premières parties de Ten Years After, c'est beau non ?

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L'album, sorti en 1970 est le premier du groupe et est donc éponyme, comme vous avez pu le lire. Ce qui était à l'époque une pratique extrêmement courante. On va être clair : à l'époque, rien qu'en Angleterre, la concurrence sur la scène rock était féroce : The Rolling Stones, Deep Purple, The Kinks, Pink Floyd, Ten Years After et j'en passe. Killing Floor n'avait donc presque, voire aucune chance d'intéresser grand monde. Que dire au sujet de ce disque ? Essayez de vous imaginer une planche à pain écrabouillée par dix divisions de panzers avant d'être passée sous un rouleau à pâtisserie. L'image n'est pas fine pour un sou, j'en conviens, mais elle résume, sans me vanter, très bien ce qu'est cet album. Pourtant, quand on découvre le track-listing de l'album, on s'aperçoit qu'il y a ici deux morceaux de longue durée. Le premier dépassant les 7 minutes et le deuxième, achevant l'album, dépassant les 8 minutes. On a eu tout le loisir de constater qu'à l'époque, nombreux étaient les morceaux rocks à atteindre pareille longueur et nombreux étaient ces morceaux à être jouissifs. Sur le papier, ça promettait donc. Le problème c'est que ni Bedtime Blues, ni People Change Your Mind n'assurent. Pire encore, on s'y fait royalement chier. La seconde nommée étant même à créditer d'un solo de batterie dégueulasse. Pareil, quand on voit en ouverture Woman You Need Love, reprise d'une chanson de Willie Dixon écrite pour Muddy Waters, on se dit qu'il y a moyen d'avoir un bon truc. C'est hélas peine perdue. On s'y emmerde comme devant une interview de Jean D'Ormesson.

Sachant cela, tout espoir est définitivement envolé. Et la suite est pire encore. Nobody By My Side, Come Home Baby et Try To Understand ne prodiguent rien d'autre que de violents décrochements de mâchoires. On se fait chier comme des rats morts. Sunday Morning ? Que dire ? Que c'est un instrumental d'un peu plus d'une minute et qu'il n'a, en conséquence, aucun rapport avec la chanson du même titre du Velvet Underground. Je peux aussi dire qu'il est joué tout aux claviers imitant le son d'un clavecin. Et je peux aussi dire qu'il est autant utile que le serait un shampooing anti-pelliculaire à un chauve. Et cette remarque vaut également pour Wet, lui aussi instrumental, mais ne durant que 44 secondes et qui lui, est entièrement rock. Pas de claviers imitant le clavecin. My Mind Can Ride Easy et Keep On Walking sont de nouvelles plongées dans l'enfer de l'ennui musical. Et Forget It ! et Lou's Blues (titre en référence au claveriste du groupe) font encore plus fort car elles, ce sont deux pures merdes à chier du fer rouillé. Surtout la seconde nommée. Clairement, ce disque n'a rien pour lui et, de nos jours, est complètement oublié. Tout comme Killing Floor. Et, vous voulez que je vous dise un truc ? Les deux gagnent à rester dans l'oubli. Et nous aussi on y gagne. Quand j'éi décidé d'écouter cet album, je m'étais dit que, si ça me plaisait, je me pencherais sur le cas du second album du groupe. Maintenant, il est sûr et certain que je n'y poserai même pas une demie-oreille.

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Face A

Woman You Need Love

Nobody By My Side

Come Home Baby

Bedtime Blues

Sunday Morning

Try To Understand

Face B

My Mind Can Ride Easy

Wet

Keep On Walking

Forget It !

Lou's Blues

People Change Your Mind