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France Gall sur le blog ? Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Ne vous pincez pas, vous ne rêvez pas ! Vous avez bien lu et bien vu. Et puis, entre nous, c'est vrai que c'est pas l'Everest France Gall, mais c'est pas la plaie non plus. Dans le domaine de la variété française féminine, il y a bien pire qu'elle. Vous voulez que je cite des noms ? Oh, ce n'est pas la peine, maintenant que vous me connaissez un peu, je suis sûr que vous savez à quelles chanteuses je pense. Cependant, je vous dois la vérité : en temps normal, jamais il ne me serait venu à l'idée (rien à voir avec Johnny...hahahaha) d'aborder un album de France Gall, mais comme vous l'avez sûrement constaté, en ce moment, Clash vous propose un cycle consacré à Michel Berger. Ce qui veut dire qu'en plein cycle Berger, aborder ce disque de France Gall était inévitable, c'était logique. Pourquoi ? Car ce disque est estampillé Berger. C'est lui qui a écrit toutes les paroles des chansons proposées, c'est lui qui a composé toutes les chansons et enfin, triple casquette, c'est lui qui a produit le disque. À part interpréter, il a tout fait le Michel. Il tient même le piano. Près de 45 ans après la sortie du disque, les anti-France Gall ne le remercient toujours pas.

Ce disque, pour France Gall, ce fut une putain de percée de soleil dans un ciel chargé de tempête. Rappelons que la demoiselle, alors qu'elle était encore mineure a, pendant plusieurs années, défoncé les hits-parades. Elle a couché sur vinyl toute une chiée de tubes yéyés (dont beaucoup lui ont été offerts par Serge Gainsbourg) qui ont fait d'elle une vraie star. Aujourd'hui, ces titres sont inécoutables pour certains, mais il faut comprendre que si les yéyés ont fait du mal à la chanson, ils ont été en revanche comme salutaires pour la jeunesse issue du baby-boom. Les ados de l'époque voulaient écouter autre chose que du Jacques Brel, du Charles Aznavour, du Édith Piaf, du Gilbert Bécaud, du Charles Trénet et j'en passe. Mais, pour France Gall, une année et une chanson vont faire pencher la balance du mauvais côté. 1966 et... Les Sucettes. Quand la chanson sortira, sur le moment, le public ne captera pas le double sens sexuel comme il se doit. Mais quand il va le capter, la chute va être très douloureuse. France Gall n'aura plus la côte et va sombrer dans l'insuccès (à l'exception de Bébé Requin en 1968) et, en conséquence, dans la merde financière totale. Elle retournera vers Gainsbourg malgré tout, mais le succès ne sera pas au rendez-vous. Il n'y aura qu'en Allemagne qu'elle trouvera un peu de lumière et un public voulant l'écouter. L'insuccès ira si loin qu'au début des années 70, elle ira même jusqu'à poser dans des romans-photos pour se faire un peu de blé. Et, d'après les mots de France elle-même, la prochaine étape, si ça continuait comme ça, aurait été de passer au porno. Puis, un jour, elle a entendu une chanson de Michel Berger et s'est dit de suite que c'est par lui que passerait son salut.

Quant à Michel Berger, lorsque ce disque éponyme sortira en décembre 1975, il est déjà connu et reconnu en tant qu'auteur-compositeur. Rappelons que le bonhomme a quand même écrit la splendeur qu'est Message Personnel pour Françoise Hardy en 1973. Il a aussi produit les deux premiers albums de Véronique Sanson en 1972. Mais, ses albums à lui font chou blanc. Des merveilles comme Seras-Tu Là ?, L'Amour Existe Encore et j'en passe, se mangent des bides pas possibles et inexplicables. Elles ne seront réévaluées à leur juste valeur qu'à partir de 1980 quand enfin, Berger rencontrera le succès public qu'il méritait tant. Ce qui veut donc dire que lorsque sort France Gall qui sera un énormé succès et qui relancera définitivement la carrière de la chanteuse, la réputation de Berger en tant qu'auteur-compositeur est encore plus consolidée, mais ses propres chansons n'intéresse toujours pas le public. Il faut me pardonner pour ces trois paragraphes hyper explicatifs, mais il était nécessaire de s'arrêter sur tout ça pendant un moment. Il fallait bien comprendre que, pour France Gall, ce disque est celui de la rédemption après des années à manger de la merde et à nager dedans.

L'album a donc été un vrai succès et a permis à France Gall de retrouver les faveurs du public après près de dix ans de disette. Qu'est-ce que je suis fort en jeux de sons moi. Le disque ne contient pas un, ni deux, mais trois tubes. Et je parle de trois vraies tubes, des trucs qui ont bien déchiré les hits-parades : en ouverture Comment Lui Dire ? Au beau milieu de la foule, du dimanche après-midi, au beau milieu de la foule, je le reconnais c'est lui... et vous connaissez la suite. Pour tout vous dire, en tant que telle, cette chanson est très bonne, mais, pour ma part, je ne l'ai jamais spécialement bien aimée. La voix de Gall sur le refrain a tendance à me faire hérisser les poils. Deuxième tube : La Déclaration D'Amour, la première à être sortie en single. Et là, par contre, je dois bien reconnaître (et pas la mort dans l'âme) que je m'incline. Certes, c'est très facile, très variété, mais c'est efficace. Troisième et dernier tube : Samba Mambo. Je vais être clair (je la fais ou pas ? Allez, je la fais et rien à foutre du reste : clair... comme la lune à Maubeuge) avec vous les mecs : là, c'est vraiment excellent. Une putain de bonne chanson. Et je vais même aller plus loin en vous disant que, cette chanson, est à mes yeux le meilleur tube que Berger a composé pour Gall. J'adore à fond et depuis toujours.

Pour ce qu'il reste à voir, on va commencer par ce qui fâche : les chansons ratées. Elles sont ici au nombre de deux. Big Fat Mama est assez bluesy. Et, vue sa couleur, son titre et son refrain, je suis persuadé depuis le début qu'elle parle de Big Mama Thornton. Quel est le problème de cette chanson ? Son refrain, justement. Un truc qui vous donne envie de dynamiter votre platine. Certains diront que c'est sévère de dire d'une chanson qu'elle est foirée à cause d'un refrain mal négocié, mais pour moi, ça suffit. Et puis, il y a la chanson qui achève le disque : Je L'Aimais. Et celle-là, elle est entièrement intordable. Si le refrain de Big Fat Mama ne vous a pas décidés pleinement à dégommer votre platine, cette chanson saura vous en convaincre. Sinon, que valent Ce Soir Je Ne Dors Pas et Comment T'En Apercevoir ? L'une comme l'autre, on ne peut pas dire le contraire, sont de bonnes chansons. Même si la première cède à la facilité. J'en veux pour preuve ces lignes de cordes qui ne s'imposaient pas. Mais bon, c'est la variété, c'est comme ça. Leur défaut, c'est triste à dire, mais c'est l'interprète. Sans vouloir être désagréable, France Gall était bien loin d'être une interprète hors-pair. Imaginez ces chansons telles qu'elles sont, chantées par Véronique Sanson et le résultat n'est pas du tout le même. La Chanson D'Une Terrienne (Partout Je Suis Chez Moi) est un tour de force. Non seulement elle dure plus de 6 minutes et en plus de ça, elle est polyrythmique. Pour du France Gall, c'est exceptionnel. C'est une bonne chanson, mais encore une fois, le chant de Gall pose problème. Ne mettant pas totalement la chanson en valeur. Je Saurai Être Ton Amie s'écoute sans trop de difficultés, mais s'oublie assez rapidement. Quant à Chanson Pour Consoler, c'est une chanson très sympathique avec un piano bien sautillant et des lignes de clarinette pas dégueulasses du tout. Pour un(e) fan de France Gall, cet album, malgré Big Fat Mama et Je L'Aimais, se boira comme du petit lait. En revanche, pour les autres, en dehors des trois tubes (et encore, j'ai des doutes en ce qui concerne Comment Lui Dire ?), ça s'écoutera une fois, voire deux et c'est tout. Ceci dit, en ce qui me concerne, j'aime mieux m'infuser ce skeud plutôt que bien d'autres de la même époque et dans le même genre.

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Face A

Comment Lui Dire ?

Ce Soir Je Ne Dors Pas

Comment T'En Apercevoir

La Chanson D'Une Terrienne (Partout Je Suis Chez Moi)

La Déclaration D'Amour

Face B

Samba Mambo

Big Fat Mama

Je Saurai Être Ton Amie

Chanson Pour Consoler

Je L'Aimais