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Encore un peu de Chuck Berry ? Oh, après tout, je ne vous laisse guère d'autres choix. Pour aujourd'hui, place à un album enregistré en 1965, comme son titre l'indique, à Londres. Ce disque fait suite à St. Louis To Liverpool sorti l'année précédente et qui avait marqué le retour en grâce de Chucky après trois années difficiles suite à une peine de trois ans de taule. Pendant cette période, la popularité de Berry s'était méchamment délitée. Rien détonnant à ce que Berry ait enregistré son nouvel album en Angleterre étant donné qu'à l'époque, pas mal de groupes de rock anglais, notamment les Beatles, reprenaient ses chansons. Pour bien faire, il est donc allé enregistrer sur les terres qui lui ont permis de retrouver sa popularité d'autrefois. En conclusion d'une chronique précédente, j'avais posé la question consistant à demander s'il était possible d'être un petit déçu par Chuck Berry. Et bien oui, c'est possible. Et pour cause, ce Chuck Berry In London est le premier album un peu décevant du rockeur du Missouri.

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N'allez pas croire que cet album est raté. On parle de Chcuk Berry quand même ! Et puis, si cet album avait été loupé, je l'aurais classé, à contre-coeur j'en conviens, dans les ratages musicaux. Mais, il faut être honnête et reconnaître que parmi les quatorze chansons proposées (c'est la première fois qu'un album de Berry est aussi généreux en terme de chansons, en édition d'origine bien évidemment) certaines ne tiennent pas la route ou alors très difficilement. Comme par exemple Night Beat. Un morceau très certainement issu des sessions de Two Great Guitars. Le problème est que ce morceau (instrumental je le rappelle) avait déjà été placé sur St. Louis To Liverpool. Alors, pourquoi le remettre sur cet album ? Les quatorze morceaux étaient-ils imposés et que, manquant de matos, Berry a dû se résoudre à le caser une seconde fois ? Où était-ce juste histoire de gonfler le disque ? Je ne sais pas. She Once Was Mine est pas mal, mais sans plus. Ce n'est pas ce que le rockeur a composé de mieux, très franchement. En revanche, on peut le dire sans problèmes : You Came A Long Way From St. Louis est complètement ratée. Poussive malgré ses 2'07 minutes. Berry ne s'était pas troué autant depuis Hey Pedro. La reprise de Jamaica Farewell (qui fut aussi chantée par Lord Creator, l'auteur-compositeur-interprète d'origine de Kingston Town en 1970) n'est pas très convaincante. Et The Song Of My Love, chantée en espagnol (vérédique les mecs) est pas mal, mais sans plus.

Mais, par contre, le reste, c'est-à-dire neuf morceaux... tudieu de nom de dieu de bordel ! Ça envoie réellement la purée. Vous avez remarqué ? Dans les tags sont mentionnés blues et blues-rock. Ce qui peut sembler très incongru au sein d'un article consacré à Chuck Berry. Et pourtant, ils se justifient parfaitement. Et pour cause, trois morceaux puent le blues à plein nez. À commencer par l'instrumental After It's Over. Un instrumental (Chuck ne pouvait pas s'en empêcher) qui est un vrai régal pour qui aime le genre. I Got A Booking tape également en plein dans le style. Et c'est excellent. Why Should We End This Way est le troisième et dernier morceau à taper dans le blues. Et c'est le meilleur des trois. Pour le reste, c'est du rock 'n'roll comme seul Chuck savait nous en tricoter. My Little Love-Lights et His Daughter Caroline sont d'un très haut niveau. St. Louis Blues est au top. Dear Dad est un rock purement Chuck Berryien. Butterscotch est un instrumental (encore un) qui fait du bien par où il passe, même si Berry a fait mieux dans l'exercice. Et, I Want To Be Your Driver qui clôture le disque est, sans contestations, le meilleur morceau rock de l'album. Je n'ai pas pensé à le signaler au début du second paragraphe, mais cet album, comme vous l'avez lu, ne contient pas de succès ou de classiques du rockeur. Mais, ce n'est pas ça qui le rend un peu décevant. Ce qui le rend un peu décevant, c'est ce Night Beat faisant doublon, ce You Came A Long Way From St. Louis complètement raté et cette petite poignée de chansons pas grandioses, mais pas nulles non plus. Clairement, ce Chuck Berry In London est le premier opus de son auteur à être un peu décevant depuis son début de carrière. Que voulez-vous ? On ne peut pas toujours sortir des bombes d'albums.

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Face A

My Little Love-Lights

She Once Was Mine

After It's Over

I Got A Booking

Night Beat

His Daughter Caroline

You Came A Long Way From St. Louis

Face B

St. Louis Blues

Jamaica Farewell

Dear Dad

Butterscotch

The Song Of My Love

Why Should We End This Way

I Want To Be Your Driver