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Vous savez ce dont je viens de me rendre compte ? C'est que cette nouvelle chronique consacrée à Jimmy Cliff intervient deux mois après, jour pour jour, celle de House Of Exile. Quand j'ai planifié la chronique à la date d'aujourd'hui, le 10 avril, je n'ai même pas fait le rapprochement. Je dois être un génie qui s'ignore. Ben quoi ? On a pas le droit de s'envoyer des fleurs de temps à autres ? C'est quoi cette époque castratrice ? Bon, trêve de divaguations. Ce disque, j'ai une histoire "particulière" avec lui. Il est actuellement et le restera certainement, le seul album de Jimmy Cliff que j'ai en ma possession. Je l'ai trouvé dans une brocante il y a près de dix ans. À cette époque, je ne connaissais rien de Jimmy Cliff si ce n'est Many Rivers To Cross, Reggae Night (un tube qui m'insupporte littéralement) et Melody Tempo Harmony chantée en duo avec Lavilliers et qui m'insupporte également. En clair, je n'avais, théoriquement, aucune raison de me procurer ce disque. Mais, quelque chose a fait qu'il m'a sauté à la gueule dès que je l'ai vu et qui m'a fait dire qu'il me le fallait : la pochette. Je suis putainement fan de ce dessin avec Jimmy Cliff au premier plan venant juste de se griller une sèche dans une rue d'un bled que l'on imagine coincé dans le désert entre deux mégalopoles ricaines. Ça, c'est pour le recto. Le verso quant à lui est toujours un dessin de la même rue, mais à un autre endroit. Et cette fois, c'est vide. Pas un chat à l'horizon. Avec sur la route, ou plutôt la poussière, le track listing de l'album. Mais, vous connaissez la chanson, une belle pochette ne fait pas automatiquement un bon album. Dans le cas qui nous concerne, l'album est très bon. Est-ce le meilleur de Jimmy Cliff ? Je ne sais pas, je ne connais pas suffisamment l'oeuvre du chanteur. Mais, toujours est-il que Struggling Man, en terme de réussite reggae, se pose vraiment là.

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Dix chansons sont au programme pour ce disque. Pour un peu plus de 40 minutes. Cinq chansons par face. Les cinq chansons qui constituent la première face sont toutes signées de la seule main de Jimmy Cliff. Rappelons que si Cliff ne s'est jamais accompagné sur scène, il a suffisamment de bagage à la guitare pour composer. Je dois bien avouer que cette première face est d'un niveau plus que recommandable. La chanson titre est excellente. Rendue très ensoleillée par un usage de cuivres que je trouve très à-propos. En revanche, ce sont ces mêmes cuivres qui font la faiblesse de la chanson qui suit : When You're Young. Entendons-nous bien, la chanson n'est pas mauvaise, mais un peu plus de sobriété dans l'usage de cuivres n'aurait pas été du luxe. Better Days Are Coming est tout simplement excellente. À coup sûr la meilleure chanson de cette première face. Sooner Or Later, quant à elle, voit Cliff changer un peu de style. Là, on est plus dans le ska que dans le reggae. En écoutant cette chanson, on a l'impression d'entendre un de ces vieux morceaux couchés sur vinyl par les Wailers au mitan des années 60. Et oui, les Wailers, ça ne s'arrête pas à Catch A Fire et à Burnin'. Si la chanson est très bonne, elle est toute fois un poil trop longue. Those Good Old Days, chanson nostalgique (le titre est assez éloquent) conclue cette première face de la meilleure des façons. Et si Better Days Are Coming est objectivement meilleure, je lui préfère Those Good Old Days. C'est paradoxal, je sais, mais c'est comme ça. Tout ne s'explique pas.

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À contrario de d'autres chanteurs de reggae de son époque, Jimmy Cliff n'a jamais été "sectaire" sur le plan musical. Pour lui, ça n'a jamais été un problème de toucher à d'autres styles. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que les deux chansons qui suivent ne sont pas du reggae, tout simplement. Can't Stop Worrying, Can't Stop Loving You, longue de 5 minutes toutes rondes est une chanson assez pop-rock avec quelque chose de bluesy dans l'âme. Et c'est une très bonne chanson. Let's Seize The Time, longue de 5 secondes plus est également très bonne. Pop-rock également, mais sans ce petit quelque chose de bluesy dans l'âme comme on pouvait le trouver dans la chanson précédente. Passées ces deux chansons, le naturel revient au galop. Le reggae reprend ses droits jusqu'à la fin du disque. Come On People est excellente. Il est juste très dommage qu'elle soit aussi courte. Elle n'atteint même pas les 3 minutes. En revanche, I Can't Live Without You est tout bonnement intordable. Et celle-là, il n'aurait pas été dommage qu'elle soit plus courte. Clairement le ratage de l'album et le seul aussi même si, comme vu précédemment, When You're Young était un point faible. Le disque s'achève sur Going Back West, une très bonne chanson lancée idéalement lancée par une gratte sèche délicate. Si Struggling Man n'est pas composé uniquement de chansons du genre, c'est un excellent album de reagge. Et ce, malgré ce I Can't Live Without You franchement bien foirax. Et, il va sans dire qu'il est largement meilleur que House Of Exile chroniqué ici il y a deux mois. Même si ce dernier était vraiment pas mal du tout. Ce Struggling Man, tout fan de Jimmy Cliff se devra de l'avoir. Ainsi que tout fan de bon reggae. Même s'il n'est pas facilement dénichable. Moi, j'ai eu un coup de bol. Déjà de le trouver, mais aussi de le trouver dans un pressage britannique d'époque.

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Face A

Struggling Man

When You're Young

Better Days Are Coming

Sooner Or Later

Those Good Old Days

Face B

Can't Stop Worrying, Can't Stop Loving You

Let's Seize The Time

Come On People

I Can't Live Without You

Going Back West