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On connaît la chanson, Ted Nugent, humainement parlant, est un véritable connard fini. Son pedigree est établi depuis bien longtemps. Tout comme on ne reviendra pas sur ce qu'il est artistiquement. Toute personne connaissant un peu le bonhomme sait qu'avec une gratte il fait des merveilles, c'est acté. Par contre, il y a quelque chose sur lequel j'ai envie de revenir, ou plutôt de parler : cet album. Cet album du nom de Tooth, Fang & Claw, sorti en 1974 et qui est le dernier album des Amboy Dukes. Mais, comme vous le voyez, sur la pochette, l'album est au nom de Ted Nugent & The Amboy Dukes, c'est le nom officiel. Ce qui était déjà le cas, par exemple, pour Call Of The Wild, abordé il y a quelques semaines. J'ignore en quelles circonstances les Amboy Dukes ont mis fin à leur aventure en commun (certainement pas bien, rappelez-vous, Nugent est un con), mais, ce dont je suis sûr, c'est qu'ils savaient fort bien que ce disque serait le dernier. Ce qui va donc nous intéresser, c'est de savoir si oui ou non, ils sont sortis par la grande ou la petite porte. Et, avant de vous décrypter l'album, je vais revenir sur un truc qui me sort par les yeux à chaque coup : la pochette. Vous trouvez qu'elle est pourrie ? Vous avez raison. La tronche de Nugent sur laquelle ont été "greffées" des oreilles, des moustaches et des rayures de tigres, comme montage photo, ça pue méchamment du cul. Même si c'est assez raccord avec le titre (signifiant Dent, croc et griffe), c'est moche au max.

Ted Nugent et sa bande sont-ils sortis par la grande ou la petite porte ? Hey, je ne vais pas vous donner la réponse de suite sacrebleu. Mais, je vais vous donner de quoi vous faire un avis qui, normalement, sera bien tranché. À peine le vinyl commence-t-il à tourner que l'on se prend en pleine gueule les 6 minutes pile poil de Lady Luck. Ça veut dire ce que ça veut dire : ce morceau est une dinguerie pure et dure. 6 minutes d'un hard-rock speedé et jubilatoire. Du Château-Pétrus pour qui aime le hard-rock. Mais, attendez un peu les mecs, il y a encore mieux. Living In The Woods, elle aussi assez speedée est un excellent moment. Cependant, il y a un problème avec cette chanson : il ne vient pas de sa qualité, il vient du fait qu'elle est prise en tenaille entre Lady Luck donc et... et... Hibernation. Vous cherchez le sommet de la première face, ainsi que le sommet de l'album ? Ne cherchez pas plus loin, vous venez de le trouver. Hibernation est un instrumental de 9 minutes et 25 secondes absolument monstrueux. Le morceau commence "doucement" avec la basse, la batterie et la guitare de Nugent laissant échapper un bourdonnement semblable à celui d'une sirène avertissant d'un danger, puis, ça explose. À la fin, on retrouve cette introduction, mais en plus brutale. Bref, en un mot comme en deux : intouchable.

Après pareil cataclysme, une seule envie nous envahit : celle de retourner le vinyle illico presto. En revanche, quand on lance la seconde face, on se fait couper l'herbe sous le pied. Tout simplement parce qu'elle ne démarre pas franchement de la meilleure des manières. Free Light est pas mal, mais sans plus. Et, cela n'a rien à voir avec le fait qu'elle passe après Hibernation. Placée dans n'importe quelle autre position sur le disque, elle aurait quand même été secondaire. Et puis, il y a ça, ce ratage : la reprise du Maybelline de Chuck Berry. Entendons-nous bien : reprendre Chuck Berry est tout ce qu'il y a de plus honorable, mais pas de cette façon, ça ne passe pas. Ce style quelque peu motörheadien avec un deux d'avance ne colle pas du tout avec l'originale. Mais bon, je ne jetterai pas la pierre à Nugent et ses potes. Rappelons-nous que, par exemple, en 1968 sur Outsideinside, Blue Cheer avait bien foiré sa reprise du (I Can't Get No) Satisfaction des Rolling Stones. Ça n'est jamais facile de reprendre de pareils classiques. Passés ces deux premiers morceaux, le niveau va remonter, et de quelle manière ! The Great White Buffalo, longue de 5 minutes, est tout simplement excellente. Mais, ce qui suit est encore meilleur. Sasha, est une power-ballade comme on en trouve très souvent sur les albums de hard-rock de l'époque, mais elle est sublime. Nugent est aussi bon avec une gratte sèche qu'avec une gratte électrique. Et, je ne sais pas vous, mais ce disque, la première que je l'ai écouté et que j'ai donc vu ce titre, tout de suite je me suis dit que le morceau serait une ballade. Une intuition, comme ça. On en finit avec No Holds Barred qui n'est ni plus, ni moins que la troisième meilleure chanson de l'album, derrière Hibernation et Lady Luck. Sinon, vous vous souvenez de la question posée en tout début du second paragraphe ? Et bien voilà, malgré un retard à l'allumage sur la seconde face, vous avez la réponse !

Ted Nugent

Face A

Lady Luck

Living In The Woods

Hibernation

Face B

Free Light

Maybelline

The Great White Buffalo

Sasha

No Holds Barred