TR7

Après la sortie de son remarquable (mais franchement très peu vendu, un bide commercial) deuxième album en 1969, Terry Reid s'est apparemment engueulé avec son manager (et producteur de ses deux premiers albums), Mickie Most, ce qui aurait entraîné une sorte de claquage de porte pendant plusieurs années. Ce qui explique sans aucun doute pourquoi son troisième album, ce disque-ci, sortira en 1973. Après, ça ira un peu mieux pour le guitariste/chanteur britannique à la voix d'or (qui me fait pas mal penser à Robert Plant de l'époque 1969/1971), même s'il n'a pas sorti beaucoup d'albums, et rien depuis 1991. Pour en revenir à 1973, c'est l'année de sortie de son troisième album, un disque sorti sous une pochette pas forcément super belle, représentant, avec des teintes jaunâtres assez hideuses, une étendue d'eau avec des branchages qui en sortent, une rivière ou un étang. Vraisemblablement une rivière, vu le titre de l'album : River. Rien à voir évidemment avec le futur album de Springsteen, je ne sais pas pourquoi je précise ça car ça me paraît couler de source. River est un disque court, le plus court des 6 albums studio (je les aborde tous, sauf un, qui s'avèrera être son suivant, Seed Of Memory de 1976) de Terry Reid, il dure, en effet, 35 minutes. Mais pour seulement 7 titres !

TR8

Produit par le grand Tom Dowd (j'ai plutôt récemment parlé de lui via des chroniques du Allman Brothers Band, remember ?) et sorti sur le label Atlantic Records, River a été enregistré avec David Lindley (guitare, slide, steel guitare, violon), Lee Miles (basse) et Conrad Isidore (batterie), Reid chante et joue de la guitare. L'album fait suite à à deux merveilles très heavy et bluesy, dans la droite lignée des albums de Led Zeppelin (mais quand Reid a sorti son premier opus, Led Zeppelin n'avait pas encore été crée) ou de Humble Pie : chant puissant, guitares saisissantes, rythmiques de feu... River, lui, est au total opposé. Ce disque prend son temps, il se déroule, durant 35 magnifiques minutes, comme une rivière passe, tranquillement, le long des berges. A l'image de sa pochette. Je ne sais pas trop si c'est un disque conceptuel. Apparemment, c'est un disque qui fut fait assez rapidement, construit autour de morceaux issus de diverses sessions d'enregistrement britanniques et californiennes ayant donné de quoi faire plusieurs albums en substance. Donc, je ne pense pas que ça soit conceptuel, vu la manière dont ça a été apparemment fait. Mais le résultat sonne magnifiquement, et très cohérent.

TR9

Loin des envolées hard-rock des précédents albums, ce disque sonne comme de la folk-rock à la James Taylor, en un peu plus rock quand même, mais pas tant que ça. Les morceaux de la seconde face (River, Dream, Milestones) sont assez intérieurs (sur les deux derniers, Reid est seul avec sa guitare, tandis que River a des accents un peu brésiliens parfois), plus que ceux de la première face, qui sonnent plus comme une oeuvre de groupe (Dean, Things To Try). Peu importe si l'album peut sembler un petit peu cul entre deux chaises parfois, si les deux faces sont assez distinctes l'une de l'autre, car dans l'ensemble, ce troisième cru de Reid est, avec le précédent, son sommet, un petit chef d'oeuvre aussi méconnu que profondément attachant. Un disque à écouter pour se relaxer, c'est vraiment un disque apaisant, calme, laid-down... C'est cependant un petit peu trop court, et encore...Non, c'est vraiment un sublime album !

FACE A

Dean

Avenue

Things To Try

Live Life

FACE B

River

Dream

Milestones