RW1

Hé oui, Roger Waters. C'est bien de lui qu'il va être question ici, et non pas de son fameux ancien groupe, Pink Floyd. Et pourtant, du Floyd, il en sera vraiment question aussi ici, impossible de faire autrement. Car cet album de Waters, sorti en 2000, est un live (double live, durée très généreuse de 147 minutes, deux disques bien remplis), et compte tenu que Waters n'a pas fait beaucoup d'albums studio (à l'époque, il n'en avait fait que trois, plus deux albums un peu à part, bandes originales de films (Music From The Body en 1970, fait avec Ron Geesin, et When The Wind Blows - OST en 1986, ce dernier avec la participation d'autres artistes comme Bowie et Genesis), il est évident que le bassiste a été piocher dans le répertoire floydien pour agrémenter son show. Personne ne le lui reprochera, aussi bien ses fans que les autres membres du groupe (dont il sera viré en 1984). Pourquoi ? Parce que les morceaux qu'il a choisi de reprendre sont essentiellement des morceaux qu'il a signés seul, tout simplement. De toute façon, pour ses concerts solo, David Gilmour reprendra bien des morceaux du groupe, aussi. C'est ainsi que sur les 24 morceaux de ce In The Flesh : Live sorti en décembre 2000, et enregistré entre les 16 et 27 juin de la même année (à Portland (Oregon), Las Vegas (Nevada), Irvine (Californie) et Phoenix (Arizona), sans plus de précisions), on trouvera 18 morceaux issus du répertoire de son ancien groupe, et donc 6 morceaux issus de son répertoire solo, donc un morceau inédit interprété en final et inspiré par une histoire vraie survenue pendant la guerre du Kosovo (un soldat serbe, apeçevant une femme albanaise blessée, rompera les rangs sans autorisation pour lui venir en aide), Each Small Candle, 9 magnifiques minutes. 

RW2

Doté d'une qualité audio parfaite, In The Flesh : Live (dont la pochette reprend des éléments basés sur des albums solo de Waters, mais surtout du Floyd, les fans les retrouveront sans soucis, les non-fans aussi) a été enregistré au cours de concerts remarquables (la version DVD, car il existe aussi en version filmée, propose le show de Portand). Waters est entouré de ses musiciens habituels : Doyle Bramhall II (guitare), Andy Fairweather-Low (guitare, basse), Jon Carin (claviers), Andy Wallace (claviers), Snowy White (guitare, qui joua avec le Floyd durant la tournée de Animals, tournée qui portait le même nom que ce live de Waters), Graham road (batterie), et entouré des choristes P.P. Arnold, Katie Nissoon et Susannah Melvoin (qui joua avec Prince). Lui-même joue de la basse et/ou de la guitare, selon le morceau. On a aussi un certain Norbert Stachel au saxophone. Ce live plaira aux fans du bonhomme, et sutout aux fans de Pink FLoyd, vu le nombre de morceaux interprétés ici, tous issus de la période 1973/1983, à l'exception de Set The Controls For The Heart Of The Sun (1968). Il est évident que cette période est la plus watersienne du groupe, et c'est donc logique que Waters reprenne des morceaux de The Dark Side Of The Moon, Wish You Were Here, The Wall (dont celui qui, inspiré par le nom de la tournée 1977, a donné son nom au live : In The Flesh), de The Final Cut et d'Animals. Notamment un Dogs de 16,25 minutes, un Shine On, You Crazy Diamond de presque un quart d'heure, ou bien encore Southampton Dock (la section The Final Cut est courte, mais intense). Ces versions watersiennes de certains classiques du Floyd, morceaux que l'on ne retrouve sur aucun live officiel du groupe pour certains (Pigs On The Wings 1, Dogs, Get Your Filthy Hands Off My Desert, Southampton Dock, Welcome To The Machine), sont excellentes. 

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Niveau carrière solo, Waters pioche surtout dans Amused To Death (1992), son plus récent alors, et son meilleur, via The Bravery Of Being Out Of Range, Perfect Sense 1 & 2, It's A Miracle et le morceau-titre, qui représentent environ 30 minutes d'affilée sur le second disque. The Pros And Cons Of Hitch-Hiking, son premier album solo (1984), n'est représenté que via un seul titre, tandis que Radio K.A.O.S. (1987), son deuxième opus (sans doute son moins bon, mais je l'aime bien quand même) est royalement ignoré. Dommage pour The Powers That Be...En même temps, Waters ne tarira pas de reproches envers ce disque de 1987 qu'il dira même regretté d'avoir enregistré, donc ce n'est pas étonnant. Ce qui est plus étonnant, c'est que son premier opus solo, celui de 84 (pas son meilleur, un peu monotone, difficile d'entrer dedans malgré le nombre important d'écoutes qu'on peut en faire), n'est représenté que via Part 11 : 5:06 (Every Strangers's Eyes), certes un des meilleurs morceaux, mais c'est tout de même limité. Après, c'est peut-être un reproche à faire à ce double live : se baser un peu trop sur le répertoire du Floyd et pas assez sur celui de Waters en solo, alors que ce live, tout de même, est un de Waters en solo (si encore c'était un live de sa tournée The Wall, passe encore, même si ça aurait fait férocement doublon avec le live Is There Anybody Out There ? The Wall Live du Floyd), et même si c'est toujours super d'entendre du Floyd en live (ou même, tout court), on aurait aimé un peu plus de matériel solo, ici. Quitte, pourquoi pas, à jouer tout Amused To Death sur un disque, et à reprendre du Floyd sur l'autre. Mais bon, c'est comme ça, et tel qu'il est, In The Flesh : Live est tout de même un excellent live. 

CD 1

In The Flesh

The Happiest Days Of Our Lives

Another Brick In The Wall, 2

Mother

Get Your Filthy Hands Off My Desert

Southampton Dock

Pigs On The Wing, 1

Dogs

Welcome To The Machine

Shine On, You Crazy Diamond (Parts 1 - 8)

Set The Controls For The Heart Of The Sun

CD 2

Speak To Me/Breathe

Time

Money

The Pros And Cons Of Hitch-Hiking, 11 (5:06 AM - Every Stranger's Eyes)

The Bravery Of Being Out Of Range

Perfect Sense (Parts 1 & 2)

It's A Miracle

Amused To Death

Brain Damage

Eclipse

Comfortably Numb

Each Small Candle