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Avec cet article prend fin le petit cycle consacré aux musiques des films de Tarantino, petit cycle car seulement 3 albums et donc 3 films, mais qui sait, peut-être qu'un jour j'en ferai d'autres (et d'autres musiques de films seront faites dans les semaines ou mois à venir). On aborde aujourd'hui le cas du dernier (et son neuvième en tout ; et comme il a toujours dit qu'il ferait 10 films et ensuite, arrêterait de tourner, il lui en reste un à faire, hélas pour ses fans dont je fais partie ; à moins qu'il ne change d'avis) de ses films, sorti l'an dernier, Once Upon A Time In...Hollywood. Un film que j'ai été voir en salles (comme tous ses films depuis Kill Bill Vol. 1) sans trop savoir à quoi m'attendre. Le film se situerait à Hollywood en 1969, aborderait en filigrane l'affaire Charles Manson et le massacre de Laurel Canyon (l'assassinat notamment de Sharon Tate, épouse de Polanski, qui était enceinte de lui) tout en proposant un tour d'horizon, via le personnage de deux acteurs cachetonnant pour s'en sortir, de l'industrie du cinéma hollywoodienne. C'est en effet le cas. Film le moins violent de QT (hormis un passage à la fin, c'est un film très calme), c'est une sorte de, comment dire, documentaire avec acteurs, qui semble avoir été tourné en 1969 tant il respire cette époque, de ses décors à ses costumes, de ses voitures à sa bande-son. Le résultat est bluffant, mais sachez que si vous n'êtes pas très amateur des films de Tarantino, ce film vous sera sans doute insupportable. Tous les reproches faits à QT par ceux qui ne l'aiment pas (bavard, trop référencé, films très longs) sont à faire encore une fois ici : le film dure 2h40, il est effectivement très bavard, on a l'impression qu'il ne se passe rien de notable tant on passe d'un endroit à un autre, d'un personnage à un autre (comme un documentaire, une chronique), et on trouve beaucoup de références. Ainsi qu'un exemple, encore, tout le long du film, de l'obsession fétichiste du réalisateur pour les pieds nus féminins, les fans du réalisateur le savent bien, QT se fait, sur ce sujet, souvent plaisir. Bref.

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L'albm de la bande originale, long de 74 minutes (pour 34 titres ! J'ai précisé, plus bas, en gras, ceux qui ne sont pas des chansons, mais des jingles radio) et donc double en vinyle, est sorti en même temps que le film. A noter que le vinyle, du moins dans l'édition collector, offre un poster de l'affiche du film, un petit poster en forme de carte des lieux de l'action du film, et les deux disques sont en orange translucide. Joli. Concernant le contenu, pas d'extraits de dialogues du film ici, mais donc des jingles radio (on en entend des chiées dans le film, qui se passe souvent au volant de voitures) : bulletin météo, publicités pour des produits ou des films, ou des programmes TV, annonces de morceaux à venir... Ces plages audio sont souvent indépendantes, parfois couplées à un morceaux, et sont, évidemment, courtes (voir le nombre de pistes de la face C : 12 ; sur cette face, on a 3 morceaux, d'affilée, qui durent moins de 30 secondes !). Bien entendu, on va dire qu'on s'en fout un peu, vu leur briéveté et le peu d'intérêt qu'elles procurent. Mais on a surtout des chansons, ici : de la pop et du rock de l'époque, années 60. Et là, la plupart du temps, c'est du putain de lourd : Hush et Kentucky Woman de Deep Purple, Ramblin' Gamblin' Man de Bob Seger, Mrs. Robinson de Simon & Garfunkel, You Keep Me Hangin' On par Vanilla Fudge (dans une version éditée, de 5 minutes), une reprise du California Dreamin' des Mamas & Papas par José Feliciano, Jenny Take A Ride par Mitch Ryder & The Detroit Wheel, The Circle Game par Buffy Sainte-Marie, Choo Choo Train par les Box Tops, Brother Love's Traveling Salvation Show par Neil Diamond et trois morceaux de Paul Revere & The Raiders. 

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Quentin Tarantino (qui a aussi inséré un extrait d'une bande originale de film signée Maurice Jarre, notamment) a pris soin de choisir des chansons qui existaient en 1969, voire étaient antérieures, mais aucune ne date d'après, pour éviter les anachronismes (ceci dit, il doit bien y en avoir, des anachronismes, dans le film, j'imagine). Plusieurs autres chansons sont audibles dans le film mais manquent ici, pas de place : Out Of Time par les Stones, The Letter par Joe Cocker (reprise aux Box Tops), The House That Jack Built par Aretha, Soul Serenade par Willie Mitchell, sans parler de thèmes musicaux de films et séries TV... Ils manquent, mais l'album dans sa globalité, sans être exceptionnel (les nombreux jingles parasitent parfois l'ensemble), offre cependant du super bon, et on prend plaisir à écouter ces chansons de pop ou de rock de l'époque, certaines sont datées (Paul Revere & The Raiders), d'autres sont de purs classiques (Deep Purple, Bob Seger, Vanilla Fudge, Simon & Garfunkel), toutes sont super agréables. Un bon complément au film, même si l'album ne fonctionne pas aussi bien que les autres albums de bande-son des films de Tarantino. 

FACE A

Treat Her Right

Ramblin' Gamblin' Man

Boss Radio (Feat. Humble Harve)

Hush

Mug Root Beer Advertisement

Hector

Son Of A Lovin' Man

Paxton Quigley's Had The Course

FACE B

Tanya Tanning Butter Advertisement

Good Thing

Hungry

Choo Choo Train

Jenny Take A Ride

Kentucky Woman

The Circle Game

FACE C

Boss Radio (Feat. Don Steele)

Mrs. Robinson

Numero Uno Cologne Advertisement

Bring A Little Lovin'

Suddenly/Heaven Sent Advertisement

Vagabond High School Reunion

KHJ Los Angeles Weather Report

The Illustrated Man Advertisement

Ready For Action

Hey Little Girl

Summer Blonde Advertisement

Brother Love's Traveling Salvation Show

FACE D

Don't Chase Me Around

Mr. Sun, Mr. Moon

California Dreamin'

Dinamite Jim (english version)

You Keep Me Hangin' On (Quentin Tarantino's edit)

Miss Lily Langtry

KHJ Batman Promotion