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Aaah, Barry White !! Un des maîtres absolus de la soul 70's, un chanteur à la voix si profonde, si sensuelle (selon les damoiselles, évidemment ; je n'ai pas spécialement d'avis sur la question), capable très certainement de faire se désaper une gonzesse par la seule puissance de ses cordes vocales. Décédé en 2003, le mec, assez imposant il faut le dire, a sorti, tout du long des années 70, des albums certes assez limités (un seul sujet : l'amour, le sexe, le cul, la tringle, la passion amoureuse, la relation sexuelle, bref, la baise) mais qui, tous ou presque, restent fondamentalement écoutables après toutes ces années. Je tiens à vous rassurer (mais je vais aussi, peut-être, en décevoir certains), pas de cycle Barry Blanc ici, juste cet album, qui n'est d'ailleurs pas le premier que j'aborde de lui. J'avais déjà fait, il y à quelques années, son album suivant, sorti en 1974, Can't Get Enough, qui offre, en 31 petites minutes, quelques morceaux de choix dans la catégorie soul sensuelle à te faire dégouliner dans ta p'tite culotte, bébé : Can't Get Enough et You're The First, The Last, My Everything. Mythique. D'autres albums proposent Let The Music Play, I've Got So Much To Give, What Am I Gonna Do With You... L'album que j'aborde aujourd'hui, sorti en 1973, deuxième album studio de Barry White (le premier date aussi de 1973), s'appelle Stone Gon'.

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La pochette de ce disque autoproduit est un petit poème dans la catégorie mauvais goût (la bordure arc-en-ciel, les deux photos, une par côté de pochette, montrant un Barry White assis face à un piano qui semble plus petit que lui, regard enamouré ou pensif, en mode l'artiste de génie compose, bébé, ne le dérange que pour lui proposer une pipe aux glaçons ou un trio avec toi et ta soeur. Dire que cette pochette un peu craignos (dans le genre, celle de Just Another Way To Say I Love You, un de ses albums suivants, le montrant, visage en gros plan, transpirant, sur scène, est assez gratinée aussi, pas très glamour malgré qu'elle fut apparemment conçue pour le paraître) ne donne pas envie d'écouter le disque est une litote. J'ai ce disque en vinyle, récupéré récemment au milieu d'une belle petite moisson de vinyles, tous en excellent état, et je n'aurais jamais dépensé une somme folle pour un Barry White en 33, sinon. J'ai posé le disque (qui ne contient que 5 titres, pour 37 minutes) avec un petit peu de circonspection...pour finalement, 37 minutes plus tard, soupirer de soulagement. La pochette est minable, criarde, poussive, mais le contenu musical, entièrement signé Barry White et arrangé par White et Gene Page, est une belle réussite dans son genre.

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On y trouve même un gros tube (que je connaissais déjà, hein, mais pas dans cette version longue de presque 8 minutes), Never, Never Gonna Give You Up, une des meilleures chansons de Barry. Notons au passage que l'agencement de Stone Gon' (ce titre d'album est assez moche, mais bon) est bancal : une face A d'une durée approximative de 22 minutes, une face B qui n'en dure que 14... Si le morceau central de la face A, Honey Please, Can't Ya See, long de 5 minutes (le plus court), avait été mis sur la face B, les deux faces auraient eu une durée à peu près équivalente (à une ou deux minutes près), tandis que là, ça fait un peu con. Mais c'est un petit détail technique. Musicalement, rien n'est à jeter sur ces 5 titres globalement très longs (You're My Baby dure 9 minutes, Hard To Believe That I Found You en dure 7), tous très orientés musique pour la baise, c'est un fait, les albums de Barry White, plus que ceux de Curtis Mayfield ou d'Isaac Hayes, sont vraiment orientés vers le Q, ils ne parlent que de ça. C'est, donc, assez limité, mais on sait de toute façon que ce n'est pas pour écouter des chansons engagées que l'on écoute Barry White, juste pour avoir de la bonne musique soul, un peu proto-disco, à se carrer sous les dents en fond sonore d'une petite soirée intime. Oui, je suis d'humeur volage, ce morninge, mais c'est sans doute un effet secondaire de l'écoute de ce disque pas révolutionnaire, mais très sympa !

FACE A

Girl It's True, I'll Always Love You

Honey Please, Can't Ya See

You're My Baby

FACE B

Hard To Believe That I Found You

Never, Never Gonna Give You Up