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Les années 60... quelle belle époque pour le rock britannique, n'est-ce pas ? Après tout, ne sont-ils pas difficiles à comptabiliser les grands albums du genre à être sortis durant cette décennie ? Je pourrais en citer une palanquée, mais à quoi bon ? Tout le monde les connaît. Ceci dit, si je l'avais fait, m'accuser de remplissage de paragraphe aurait été légitime, mais hautement compréhensible. Pourquoi ? Parce que, si dans les années 60 l'Angleterre a donné naissance à des groupes exceptionnels (Beatles, Rolling Stones, Kinks, Led Zeppelin et j'en passe), elle a aussi donné naissance, revers de la médaille dans ta gueule, à des groupes nuls à chier des briques carrés bleues à pois roses. Aujourd'hui, c'est à ça que vous allez avoir droit : à un bon vieux groupe de merde comme on en fait plus. Ce groupe s'appelle The Troggs (contraction de troglodytes), lequel est toujours en activité d'ailleurs. Mais nous sommes nombreux, très nombreux à nous en branler la turlutte sur une râpe à fromage. Voyez-vous, The Troggs, c'était tellement un groupe à la con que finalement, dans leur genre, ils étaient incontournables. Les fondus de musique aiment parfois s'injecter de la merde dans les veines. Tout comme les cinéphiles, même les plus exigeants, se font parfois des kiffs en regardant des films alors qu'ils savent bien à l'avance que ça va être nul à chier.

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Il était (non pas un petit homme pirouette, cacahuète) un rock-critic ricain du nom de Lester Bangs qui aimait bien, par masochisme, perversion et jeu, poser ses oreilles sur des merdes finies pour ensuite leur casser le cul dans ses chroniques avec son style caractéristique. Connaissait-il cet album ? Oh, forcément. Qu'en pensait-il ? J'ai mon idée. Et, dans notre vieil Hexagone en proie à la terreur, Philippe Manoeuvre connait-il cet album ? Oh, forcément. Qu'en pense-t-il ? J'ai mon idée. Comment ça, je me répète ? Oui, je plaide coupable. Je n'ai pas encore parlé de cet album, mais en fait, si je retarde l'échéance (je suis fort en la matière), c'est que j'ai des raisons pour ça. Comme vous l'avez vu, depuis plusieurs jours, sur le blog, je m'emploie autant que faire se peut, à casser des culs en usant d'un humour que j'espère efficace. Et, il y a quelques jours, alors que je me délectais d'une délicieuse côte de boeuf à la sauce échalote et arrosée d'un Chateau-Pétrus 1974 (non là je déconne, faudrait que je vende tous mes organes à Bernard Kouchner pour me payer pareille bouteille) je me suis dit, comme si c'était une révélation : ô Max, toi qui en ce moment défouraille des arrière-trains via tes chroniques, pourquoi ne t'occuperais-tu pas du cas des Troggs ? J'ai hésité un temps, jusqu'à ce que mon maître spirituel, en la personne de ClashDoherty ici-même, chronique un album (et le seul, heureusement) de Count Five. Et là, je me suis dit : Max, faut pas déconner, c'est une main tendue, comme si Clash avait senti que tu souhaitais casser le boule des Troggs, lance-toi.

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On arrive au troisième et dernier paragraphe et je n'ai toujours pas parlé de l'album, vous avez remarqué ? Attendez-moi, juste cinq minutes, ma voisine de 75 ans est en train d'écouter du Sylvie Vartan. Je vais la tuer et je reviens, promis. [5 minutes plus tard, montre en main]...Voilà, je ne me suis pas fait attendre hein. Où en étais-je ? Aux premiers pas de l'Homme sur la Lune ? Non ? Ben où alors, nom d'une pipe (le truc pour fumer hein, bande de gros porcs) en flûte ? À cet album des Troggs ? Mais en fait, j'ai autant envie d'en parler que de fourrer ma teub dans un essaim d'abeilles en colère. Je n'ai pas le choix ? Alors, j'y vais. Sorti en 1966, From Nowhere...The Troggs est le premier album de ce groupe de...de...tocards. Vous connaissez le dicton : mieux vaut se taire et passer pour un con plutôt que de l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet. Et bien il s'applique très bien à ce disque. Lequel est, je le dis avec une infinie tendresse (salut à toi Catherine, j'espère que tu vas mieux) une bonne grosse merde infâme purement sixties. Ce qui veut dire que toutes les chansons ici proposées sont à chier des bulles. Mais, et c'est là que l'album est très fort dans son genre, il en propose quelques unes qui sont de véritables pièces de choix en matière de merderie. Citons I Just Sing, superbement nullarde, With A Girl Like You (qui, en son temps, sera un succès et qui, la même année, sera reprise par Johnny Hallyday sur La Génération Perdue, sous le titre de Le Jeu Que Tu Joues) et Hi Hi Hazel, tellement nulle qu'elle en est...nulle. Le pire, c'est que je suis persuadé que sous leur apparence cool et joviale, les Troggs étaient convaincus qu'ils étaient un bon groupe. Visiblement, on ne leur a jamais dit la vérité. Je ne parlerai même pas du reste, ce serait une insulte à l'intelligence. À présent, après m'être contenu pendant si longtemps, je vais vomir dans le jardin de mon voisin... juste un petit contentieux, rien de méchant...

Face A

Wild Thing

The Kitty Cat Song

Ride Your Pony

Hi Hi Hazel

I Just Sing

Evil

Face B

Our Love Will Still Be There

Louie Louie

Jingle Jangle

When I'm With You

From Home

Jaguar And Thunderbird