JB1

Je ne vais pas vous demander si vous suivez mon blog cinéma, vu qu'il est à l'arrêt depuis plus d'un an, mais si vous y avez déjà été (sur la même plateforme de blogs que ce blog-ci, Canalblog ; il s'appelle "Mes Films De Chevet", lien dans la colonne de droite), vous savez alors sûrement qu'un de mes réalisateurs préférés est Quentin Tarantino. L'article d'aujourd'hui est une bande originale de film, genre d'albums que je fais rarement (dans les semaines ou mois à venir, il y en aura quelques unes), mais il y à quelques albums de bandes originales que je voulais faire, concernant Tarantino, donc je me suis jeté à l'eau. Voici la première de ses bandes originales, vous l'avez compris,  c'est celle de son troisième film, Jackie Brown, réalisé en 1997. Ce film m'a longtemps résisté. Je suis fan de Tarantino, de ses films totalement dingues. Fan de cinéma, il fait les films qu'il aurait adoré voir en tant que spectateur exigeant, il entremêle souvent des tas de références à des classiques du cinéma, fait son truc, du cinéma rêvé, qui bouscule les idées reçues et les réalité - voir le final d' Inglourious Basterds et de son dernier film en date, Once Upon A Time...In Hollywood, film dont je pense que j'aborderai la bande-son prochainement, d'ailleurs - et je peux comprendre  qu'on n'adhère pas, mais moi, j'adore, c'est un kif super à chaque film. Bref. Mais Jackie Brown, à l'époque (je ne l'ai pas vu en salles à l'époque, je l'ai découvert peu après à sa sortie VHS), j'ai pas trop aimé : trop long (2h30), pas assez violent par rapport aux deux précédents, l'intrigue ne me plaisait pas, etc... Au fil des années, sans qu'il soit devenu mon préféré (c'est toujours celui que j'aime le moins), j'ai appris à aimer ce film (et la lecture du roman d'Elmore Leonard dont il est l'adaptation, Punch Créole, a aidé). 

JB2

J'ai en revanche toujours aimé sa bande originale, que j'aborde ici, donc. Le film est un hommage à la blaxploitation, du moins en partie (Pam Grier, l'héroïne du film, était une des stars de ce genre cinématographique 70's ; à la base, son personnage, dans le roman, est une Blanche, mais Tarantino aura l'aval du romancier pour changer la couleur de sa peau), et la musique est purement soul/funk d'essentiellement la même époque (hormis une chanson de Johnny Cash, Tennessee Stud). L'album offre 17 titres (dont quatre morceaux qui n'en sont pas, et que j'ai indiqués en gras dans le tracklisting : ce sont des extraits sonores du film, qui vont de 50 secondes pour le plus long à...7 secondes pour le plus court, Detroit 9000, un jingle de radio qui ouvre la face B) pour une durée de 51 minutes environ. Je n'ai que le vinyle (un simple vinyle, et c'st heureux : à l'heure actuelle, on trouve souvent des albums de la même durée qui sont répartis sur quatre faces, un beau gâchis...), acheté pour une bouchée de pain dans un bac à soldes d'un magasin type Cultura ou FNAC (je crois même que c'était un Cultura, d'ailleurs, magasin où je vais rarement). On y trouve de grands morceaux de soul et de funk, comme le fameux Street Life de Randy Crawford, morceau devenu emblématique du film, ou comme des morceaux de Bill Withers (Who Is He (And What Is He To You ?), très bonne chanson, pas sa meilleure, mais tout de même), des Brothers Johnson (Strawberry Letter 23), des immenses Delfonics dont, dans le film, Jackie Brown fait de Max Cherry un fan (Didn't I Blow Your Mind This Time), de Pam Grier elle-même (Long Time Woman est issu d'un film des années 70 dont elle était la star), et de Bobby Womack, le grand : Across 110th Street, qui ouvre et ferme le film, musique de générique, est une des plus grandes chansons de soul/funk jamais enregistrées, tout simplement.

JB3

On a aussi The Grass Roots (un groupe de rock) via Midnight Confessions, Bloodstone (Natural High) qui était un groupe mélangeant rock et soul, Minnie Riperton (Inside My Love), chanteuse de soul ; The Vampire Sound Inc., petit groupe de rock psychédélique allemand des années 60, est représenté avec The Lions And The Cucumber, on voit bien là la touche Tarantino : aller chercher loin, très loin la petite bête, avec des trucs aussi réussis et étonnants que fondamentalement méconnus du grand public, toucher à tout...et le truc, c'est que ça marche ! La bande-son est excellente à écouter telle quelle, et fonctionne évidemment super bien dans le film, les films de QT sont géniaux et leurs bandes originales en sont un atout, un élément essentiel. Retirez la musique d'un de ses films, il restera bien, mais nettement moins bien, moins évocateur (on en parle, de la reprise de Don't Let It Be Misunderstood par Santa Esmeralda, version disco/latino, en fond sonore d'un combat de chambara dans un décor de jardin japonais enneigé, dans Kill Bill Vol. 1 ? On pourrait penser que tel assemblage ne fonctionnerait pas, et pourtant, contre toute attente, si, et à fond, même). Jackie Brown n'est peut-être pas le sommet de son réalisateur, c'est tout de même un excellent film, et sa bande-son est, franchement, bluffante. Conseillé !

FACE A

Across 110th Street

Beaumont's Lament

Strawberry Letter 23

Melanie, Simone And Sheronda

Who Is He (And What Is He To You ?)

Tennessee Stud

Natural High

Long Time Woman

FACE B

Detroit 9000

(Holy Matrimony) Letter To The Firm

Street Life

Didn't I Blow Your Mind This Time

Midnight Confessions

Inside My Love

Just Ask Melanie

The Lions And The Cucumber

Monte Carlo Nights