Refuge-Edition-Limitee

C'est tout un paradoxe : j'aime Téléphone. Enfin, j'aime surtout les albums d'entre 1977 et 1980, c'est-à-dire l'éponyme, Crache Ton Venin et Au Coeur De La Nuit. Je suis nettement moins fan des deux suivants, tout en les trouvant réussis. Ce qui veut donc dire que j'aime le Jean-Louis Aubert de Téléphone. En revanche, et c'est là que le bât blesse en raison de l'article d'aujourd'hui, le Jean-Louis Aubert en solo me fait autant d'effet qu'un pichet de bière éventée. J'ai tout écouté de la carrière solo d'Aubert et rien, à part Juste Une Illusion, issue d'un album loin de faire sauter des braguettes, ne m'a rien convaincu. Et pour moi, les choses sont claires : Aubert n'a plus rien à offrir depuis H. Ça fait un sacré bon bout de temps, n'est-ce pas ? Quant à Stockholm, à la fois album OMNI et maudit, sans commentaires. Je sais bien que la gestation a été particulièrement douloureuse, Aubert s'étant fait chouraver le carnet sur lequel il avait noté les textes des chansons et les compositions et qu'il a dû, par conséquent, tout refaire, mais bon, les chansons refaites ne doivent pas être bien différentes de celles qui avaient été pensées à l'origine. Dans tous les cas Stockholm serait resté ce qu'il est : un gloubi-boulga boursouflé. Quant aux albums qui ont succédé à Stockholm, pareil, sans commentaires, je frôlerai l'indécence totale. Et puis, voilà qu'en fin d'année dernière j'apprends que le Jean-Louis va sortir un nouvel album. Malgré ma réticence à l'oeuvre en solo de l'ex-Téléphone, j'ai quand même voulu écouter pour voir (ou plutôt entendre) de quoi il en retournait. Pour quel résultat ?

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De cet album sorti en novembre de l'année dernière et portant le sobre nom de Refuge, un truc qui m'a frappé à la gueule d'emblée : la pochette. Je sais bien que l'on ne juge pas un livre à sa couverture ou un disque à sa pochette, mais là, clairement, il y a des signes avant-coureurs. Une photo en plan-poitrine d'un Aubert quelque peu flétri et arborant une mine fatiguée. Ladite photo étant ensuite maculée du titre de l'album écrit deux lettres par deux lettres et sur trois lignes. Je ne sais pas vous, mais moi, une pochette comme ça, ça me dit de faire gaffe. Ça me dit que ça sent la catastrophe. Je suis humain et, comme tous les humains, je n'aime pas me tromper, ça me fait chier. Mais, sur ce coup-là, j'aurais aimé me tromper. Vous voyez où je veux en venir ? Je vous le dis clairement : le contenu est aussi raté que le contenant. Voilà, c'est dit. Refuge est un ratage total. Je ne vois rien ici qui soit à sauver. Et, pour ne rien arranger à nos affaires, l'album est double et offre 22 chansons au total. Ça ne m'arrive pas souvent, mais là, je refuse catégoriquement de parler des chansons de ce disque. Je ne saurai pas quoi en dire tant elle n'inspirent rien du tout. Malgré tout la réserve que je peux avoir envers Aubert, je n'aurais jamais cru qu'un jour il tomberait aussi bas.

Disque 1 :

Ne M'Enferme Pas

Du Bonheur

Bien Sûr

Aussi Loin

Refuge

Où Je Vis

Tu Vas L'Aimer

Les Temps Sont Durs

Où Me Tourner

Autiste Artiste

Tire D'Aile

 

Disque 2 :

Encore

Sculpteur De Vent

Marche Droit

Laisse-Les

La Vie Est Une Souris

Pour De Bon

Je N'Arrive Pas À Croire

L'Ange Et La Grande

Simple

Pardonne

Demain