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MaxRSS, souvent, sur ce blog, parle de blues, genre musical qu'il affectionne particulièrement (et il n'est pas le seul, putain non), ayant notamment parlé de Big Mama Thornton, Cousin Joe, Howlin' Wolf ou John Lee Hooker. Moi aussi j'ai envie de vous parler un peu de blues, ou plutôt, disons, de blues-rock, par le biais de trois albums (même si le dernier n'est pas du blues, en fait, mais ça, j'y reviendrai quand j'en serai à parler de ce troisième album) d'un même artiste, toujours de ce monde et en activité malgré son âge (78 ans en mai prochain), j'ai nommé Taj Mahal. Vous connaissez peut-être ce guitariste, harmoniciste et chanteur américain, vous connaissez en tout cas sa soeur, puisqu'il s'agit de Carole Fredericks, oui, la Carole Fredericks de Fredericks/Goldman/Jones, cette fameuse choriste décédée, hélas, en 2001. Taj Mahal, son grand frère, s'appelle en réalité Henry Saint-Clair Fredericks, et il est né à Harlem, New York, en 1942, mais a grandi à Springfield, Massachusetts. Sa mère chantait dans un choeur de gospel, son père étaitun pianiste/arrangeur de jazz, bref, on peut dire que l'environnement du futur Taj Mahal était assez varié et musical. En 1964, alors âgé de 22 ans, il part pour la Californie, rencontre Ry Cooder avec qui il forme un groupe, Rising Sons, groupe qui ne durera pas longtemps (et est un des premiers groupes multiraciaux de l'histoire avec Love et les Equals).

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En 1967, Taj Mahal, qui a donc djà choisi ce pseudonyme, enregistre son premier album, qui sortira en 1968sur le fameux label Columbia Records. L'album est produit par Bob Irwin et David Rubinson, sa pochette représente Taj Mahal assis, guitare sèche en pogne, devant une belle maison, chantant et jouant pour un public, rajouté en dessins sur la pochette, d'oiseaux et de papillons. Sans titre, l'album est éponyme donc, Taj Mahal, et est très court : 33 minutes à peine, 8 titres (dont un de presque 9 minutes tout de même, et parmi ces titres, quasiment que des reprises, un seul morceau est signé Taj Mahal, EZ Rider (rien à voir avec le Ezy Rider que Jimi Hendrix fera quelques années plus tard). Un excellent morceau qui ne détonne pas comparé aux sept autres, des reprises franchement savoureuses de Robert Johnson (Dust My Broom), Sonny Boy Williamson (Checkin' Up On My Baby), Blind Willie McTell (Statesboro Blues, que le Allman Brothers Band, dont on a pas mal parlé ici ces derniers temps, reprendra à la perfection aussi) et Sleepy John Estes, repris ici trois fois : Leaving Trunk (repris aussi, par la suite, par Johnny Jenkins), Everybody's Got To Change Sometime et Divin' Duck Blues. Enfin, The Celebrated Walkin' Blues, long de presque 9 minutes et achevant l'album en fanfare, est une adaptation d'un air traditionnel, pas plus de précisions). 

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Taj Mahal (chant, guitare, harmonica, slide, arrangements) est ici entouré de Ry Cooder (guitare rythmique, mandoline), de Jesse Ed Davis (lead guitar), Gary Gilmore et James Thomas (basse), Chuck Blackwell et Sanford Kinikoff (batterie) et Bill Boatman (guitare). Concernant Jesse Ed Davis, musicien native (à moitié Kiowa, à moitié Comanche) qui participera par la suite à des albums de Ringo Starr, George Harrison et John Lennon (notamment), il jouera aussi sur les deux albums suivants de Taj Mahal, participations qui aideront beaucoup à sa future renommée, même si Davis, mort en 1988, aurait tout de même pu avoir une bien plus belle carrière (disons, mieux reconnue, commercialement parlant) encore. C'est un remarquable guitariste qui, ici, brille vraiment de mille feux. Et ce premier album de Taj Mahal, souvent considéré comme son meilleur (mais le suivant, The Natch'l Blues, que j'aborderai bientôt, est franchement aussi bon), est un régal de blues-rock, qui n'a pas pris une ride !

FACE A

Leaving Trunk

Statesboro Blues

Checkin' Up On My Baby

Everybody's Got To Change Sometime

FACE B

EZ Rider

Dust My Broom

Diving Duck Blues

The Celebrated Walkin' Blues