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Ministry, vous connaissez peut-être. Sûrement, même, si votre truc c'est le hard-rock et les musiques assez brutales. Ministry, c'est un groupe de metal industriel, un des premiers du genre, avant Nine Inch Nails et ces connauds de Slipknot. Mais est-ce que vous saviez que le premier album de ce groupe américain, mené par un latino du nom (pseudonyme, en tout cas) d'Al Jourgensen (chant), est totalement à l'opposé de ce que ce groupe fera par la suite ? Si vous ne connaissez de Ministry que The Mind Is A Terrible Thing To Waste, Dark Side Of The Spoon, Relapse ou Psalm 69 : The Way To Succeed And The Way To Suck Eggs (ce titre...), autrement dit des albums brutaux, violents, extrêmes, alors vous allez être étonnés par leur premier album, sorti en 1983, deux ans après la fondation du groupe, et intitulé With Sympathy. A l'époque, le groupe est constitué d'Al Jourgensen (chant, guitare, claviers) et Stephen George (batterie, percussions), le reste des instruments (basse, cuivres) sont joués par des musiciens additionnels ne faisant pas partie du groupe. Long de 37 minutes (pour 9 titres dont le tracklisting peut varier selon les pays, celui indiqué plus bas est l'original américain, mais l'européen offre un ordre différent et un des titres, What He Say, est renommé, curieusement, Do The Etawa), l'album, produit par Ian Taylor et Vince Ely, ne ressemble absolument pas à ce que le groupe fera par la suite.

M2

With Sympathy (alias Work For Love dans certains pays) est en effet un pur disque de new-wave à la Depeche Mode. Le seul de ce genre pour Ministry. Al Jourgensen, pendant des années, tentera de faire oublier l'existence de ce disque, dira même avoir détruit les bandes matrices, mais comme le disque a été réédité, en remastérisé, en 2012, c'est probablement faux. Je dois le dire, je n'aime pas ce groupe. Mais ce disque, le seul que j'ai d'eux (mais pas le seul que je connais, nuance), j'aime beaucoup. Qu'en pensent les fans du groupe ? Sans doute pis que pendre, tant c'est à des années-lumière de leur metal industriel. Ici, Jourgensen s'amuse, si on peut dire, à prendre un faux accent british afin de se faire passer pour un chanteur à la Dave Gahan (à la même époque, Depeche Mode commençaient leur carrière), c'est particulièrement audible sur les deux premiers titres, qui sont mes préférés de l'album et parmi les meilleurs ici : Effigy (I'm Not An) et Revenge. Deux morceaux géants, sérieusement, et qui auraient pu être des tubes, Revenge est d'ailleurs sorti en single. Work For Love, assez putassier, aussi. Sur Revenge, dans le refrain, quand Jourgensen clame You did it again, you did it again, ohouhoh !, difficile de ne pas sourire tant la caricature est poussée.

M3

Ces morceaux sont toutefois excellents dans leur registre, ce n'est pas du grand art, pas le sommet de la new-wave, mais c'est un album vraiment agréable, et une vraie curiosité, surtout, quand on le compare avec la suite de la carrière de Ministry, dont c'est probablement le seul album que j'aborderai ici. Jourgensen, qui même physiquement avait des airs de Dave Gahan à l'époque (voir la photo ci-dessus, il est à gauche), chante bien avec son faux accent anglais assez maniéré, les chansons ne sont pas toutes géniales (pas fan de I Wanted To Tell Her et Say You're Sorry) mais aucune n'est à chier tout de même. Peu connu, With Sympathy, avec sa pochette glamour de l'époque (une main féminine aux ongles en noir, nonchalamment posée sur du marbre noir avec des roses rouges), est une curiosité, donc. 

FACE A

Effigy (I'm Not An)

Revenge

I Wanted To Tell Her

Work For Love

FACE B

Here We Go

What He Say

Say You're Sorry

Should Have Known Better

She's Got A Cause