ML13

Vous vouliez du mauvais Meat Loaf ? Vous en avez eu récemment, ici, avec Bad Attitude (et l'album encore d'avant n'était pas génial non plus, tout en étant, quand même, écoutable). Vous en revoulez ? Ne quittez pas l'antenne, alors, car voici que déboule Blind Before I Stop. Bad Attitude, caricatural comme c'est pas humainement tolérable, était sorti sur Arista, Meat Loaf avait en effet quitté son premier label, Epic, avec qui les relations s'étaient pas mal dégradées. Les relations avec Arista ne seront pas forcément meilleures, et en tout cas, coïncident avec le pire de sa discographie. Meat Loaf avait signé pour trois albums, Bad Attitude sera le premier, celui que j'aborde le suivant, et le Tas de Viande fera encore un album, un live (qui sera abordé ici dans un très proche avenir), avant de rendre son tablier et de finer vers MCA/Virgin. Mais revenons à nos putains de moutons. L'album de 1984 est nul, celui que le Loaf sortira en 1986, et a enregistré en Allemagne sous la direction de Frank Farian, est donc encore pire. Il est sorti sous deux pochettes. Celle du visuel principal, et une similaire, sans bordure marron merde, avec un Loaf posant, en portrait américain, de trois-quarts, avec le même genre d'expression viens pas me dire que c'est de la merde, ce que j'enregistre, sinon ta tête va finir dans le cul de quelqu'un d'autre que toi. L'album dure 50 minutes (ce qui est une vraie plaie) pour 11 titres. La production, peut-être est-ce mon CD aussi (il n'est pas une édition d'origine, ceci dit) mais j'en doute, est épouvantable, il faut monter le son plus fort que de coutume. 

ML14

Un artwork à la Lace And Whiskey, ce qui n'est pas une référence... Ici, le verso de pochette

Le producteur de ce Blind Before I Stop est donc Frank Farian. Si vous ne connaissez pas ce mec, un Allemand, alors c'est que vous êtes béni(e)s des Dieux. Enfin, plus maintenant, parce qu'à moins de sauter quelques lignes, vous allez bientôt connaître ce triste sire. Ce mec est le producteur, créateur, de deux groupes : Boney M et Milli Vanilli. Les premiers font partie des monstres sacrés de la vague  disco de la fin des années 70, on connaît leurs tubes, efficaces. Mais saviez-vous que la voix masculine de ces chansons de Boney M n'est pas celle du mec du groupe, mais de leur producteur, Farian ? Quant à Milli Vanilli, on le sait, ce groupe de hip-hop/dance de la fin des années 80 n'était un groupe que de façade. Les membres de ce groupe, produit donc par Farian, ne faisaient rien du tout, c'est Farian qui chantait derrière, en bidouillant sa voix. Bref, Farian est un sacré escroc, un mec pas net, louche, méprisable pour tout amateur de bonne musique. Pourquoi Meat Loaf s'est donc retrouvé à bosser avec lui ? Cet album, le cinquième de Meat Loaf, est un ratage absolu qui entremêle hard-rock (à tendance heavy metal) et synthpop, énormément de synthés, de samples, de programmations...

ML15

Les chansons ? Sincèrement, entre le morceau-titre, Man And A Woman, Masculine, Rock'n'Roll Mercenaries (en duo avec John Parr) et Execution Day, on a affaire à un empilage de merdes, l'album est puant, suintant de merde, étincelant de merde, c'est une abomination qui ferait passer Bad Attitude pour Abbey Road, en comparaison. Allez, je préfère m'arrêter là pour le coup. Bientôt, je parlerai de son album live, sorti l'année suivante. Là encore, ça ne sera pas du grand art, mais en comparaison avec ce Blind Before I Stop, c'est vraiment bon !

Execution Day

Rock'n'Roll Mercenaries

Getting Away With Murder

One More Kiss (Night Of The Soft Parade)

Blind Before I Stop

Burning Down

Standing On The Outside

Masculine

Man And A Woman

Special Girl

Rock'n'Roll Hero