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Et voilà, voili-voilou, on arrive à la fin de ce petit cycle consacré au grand, à l'immense, mais au méconnu, aussi (surtout en France) Al Kooper. Comme je l'i dit ici récemment dans ma chronique de l'album New York City (You're A Woman) de 1971, Al Kooper, multi-instrumentaliste et auteur-compositeur de grande qualité, sortira un disque en 1972, A Possible Projection Of The Future/Childhood's End. Je n'aborderai pas, du moins pour le moment (mais probablement pas du tout, en fait) ce disque, ne le connaissant pas. Je me suis en effet payé un petit coffret de 5 CDs, à bas prix, comprenant 5 albums studio de Kooper, ceux que j'aborde car cet article est le cinquième du lot, et pour une raison que j'ignore car je ne le sais pas, l'album de 1972 n'est pas dans le coffret. Donc je passe directement à l'album suivant, sorti en janvier 1973, et enregistré au Record Plant de New York et aux studios One de Doraville (Georgie) en 1972 : Naked Songs. Plus court que les précédents opus, d'une durée de 37 minutes, ce disque sera, pendant 4 ans, le dernier de Kooper, qui se consacrera, dès 1973, à produire un petit groupe du Sud profond des USA, Lynyrd Skynyrd (c'est d'ailleurs aux studios One de Doraville que leur Sweet Home Alabama fut couché sur bandes), qu'il découvrira dans un petit club et dont il produira les albums pendant les trois années qui suivront.

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Il ne reviendra en studio, pour lui-même, qu'avec Act Like Nothing's Wrong en 1977, album sur la pochette duquel il pose à poil, idée qui n'aurait pas été mal pour Naked Songs. Kooper, tenant ici le chant, le piano, l'orgue, le synthétiseur, de la basse et de la guitare, et produit l'album, est entouré de musiciens nettement moins connus que sur ses précédents opus (Barry Bailey, Charlie Brown, Robert Nix, J.R. Cobb, Richard Greene, Dean Daughtry), ce qui ne veut pas dire qu'ils ne soient pas bons. On a notamment un remarquable solo de guitare bien bluesy sur As The Years Go Passing By. Une partie des morceaux sont des reprises (Touch The Hem Of His Garment est de Sam Cooke, Been And Gone de Annette Peacock, Sam Stone de John Prine), le reste est constitué de morceaux signés Kooper, comme l'ouverture, efficace, (Be Yourself) Be Real, ou Peacock Lady. Dans l'ensemble, Naked Songs, très pop par moments et très soul dans d'autres, est un bon album, très éclectique, avec de grandes touches gospelisantes par moments (Sam Stone).

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Ce n'est cependant ni le meilleur, ni mon préféré (dans les deux cas, Easy Does It, son double de 1970, reste clairement le top), mais cet album reste un excellent moment de rock bluesy, pop et soul. Vous allez me dire que c'est bordélique ? C'est bordélique à définir, oui, car Al Kooper ne se limitait pas à un genre musical, il tâtait (il est touours en vie) de tout et faisait de ses albums de vrais melting-pots musicaux, de beaux résumés de toute la musique qu'il aimait. Dans ce genre, sans être le sommet, ce Naked Songs est une belle petite réussite, un album excellemment bien produit, c'est vraiment bien foutu. 

FACE A

(Be Yourself) Be Real

As The Years Go Passing By

Jolie

Blind Baby

Been And Gone

FACE B

Sam Stone

Peacock Lady

Touch The Hem Of His Garment

Where Were You When I Needed You

Unrequited