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Ce disque, c'est toute une histoire. Et elle n'est vraiment pas aussi belle que celle chantée par Fugain, croyez-moi. C'est en fait un truc tellement dingue, tellement invraisemblable, ahurissant, qu'on se demande bien comment un tel projet a pu être mis à bout, finalisé. Bon, vous connaissez tous l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles, sorti en 1967, ce chef d'oeuvre total de rock psychédélique, considéré comme le premier 'vrai' album moderne, conçu comme un tout, pensé, réfléchi, l'alpha de la pop music moderne ? Non, vous ne connaissez pas ? Foutez-moi le camp, bande de menteurs. Plus sérieusement, cet album mythique, de sa pochette (parodiée par Zappa) à son contenu, est de ces albums que l'on ne présente plus. 11 ans plus tard, il en sera tiré...un film. Oui, un film ! Avec acteurs, et tout ! Aucun des Beatles ne participera à l'aventure. Lennon avait cessé son activité musicale en 1975 pour se transformer en family man ; Ringo bibinait à mort, déjà, hélas pour lui ; Macca et Harrison sont suffisamment intelligents pour sentir la bonne grosse odeur de merde et refuser pareille implication (si tant est qu'on leur a demandé de participer ; j'ose espérer que les producteurs du film ont été suffisamment intelligents et respectueux pour ne pas leur demander une implication, en fait, parce que, vraiment, ce projet...). En revanche, ils ont été demandé l'appui de George Martin, le légendaire et regretté producteur des Beatles, et ce dernier a accepté. Je ne sais pas ce qu'il en pensera par la suite, sans doute valait-il mieux éviter de lui poser la question. Dans la catégorie tache de graisse sur un CV, ça se pose là !

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Sinon, le film est sorti en 1978, le double album de sa bande-son aussi, et il (le film) est produit par Robert Stigwood, patron de RSO Records, le label de Clapton, mais aussi des Bee Gees. Les Bee Gees sont, justement, la force motrice principale de ce projet merdique : adapter, en comédie musicale filmique, l'album des Beatles, auquel on va mélanger des bribes d'éléments issus d'autres albums des Beatles. Faire, avec du vieux, remanié à la sauce disco/pop/funk/hard de l'époque, du neuf. Juste avant que le film (que j'ai vu, et croyez-moi, je le regrette ; il me suffit de regarder les photos sur la pochette du vinyle pour avoir envie de pleurer) ne sorte, Robin Gibb, un des Bee Gees (celui sans barbe), dira : Les Beatles n'existent plus en tant que groupe, n'ont jamais joué Sgt. Pepper en live. Quand notre version de Sgt. Pepper sortira, ça sera comme si celle des Beatles n'aura jamais existé. Je ne veux pas dire du mal d'un mort, et les Bee Gees, entre leurs débuts et, disons, 1975, j'aime beaucoup (de la pop de haute qualité, rien à voir avec la disco de 1977/1978), mais putain, quel connard ! Dans le genre prétentieux...et surtout totalement à côté de la plaque, car l'album de la bande-son sera anti-disque de platine, car 4 millions d'exemplaires seront retirés de la vente et renvoyés aux distributeurs, et plusieurs centaines de milliers d'exemplaires seront même détruits par RSO Records, qui perdra du pognon à foison dans ce projet. Le film ? Il sera démonté par la presse (mais est devenu culte depuis) et ne marchera pas très fort (il fera des entrées, mais rien de comparable à un carton). Je ne vais pas parler du film ici, alors rassurez-vous. Je crois que le super site Nanarland en parle, très bien de plus, si l'article est toujours en ligne sur leur site (et pourquoi ne le serait-il pas ?), donc allez voir par vous-mêmes. 

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Vous avez le droit de pleurer

Bref, l'album, qui dure 83 minutes (il a été édité en CD, est toujours double, donc), est un salmigondis épouvantable qui essaie de coller un concept sur des chansons éparses (dont quasiment l'album de 1967, dans le désordre, évidemment, sauf deux absents pour cause de maladie, Lovely Rita et Within You Without You). Les Beatles étaient quatre, la Fanfare des Coeurs Solitaires du Sergent Poivre aussi, forcément, et les Bee Gees, eux, n'étaient que trois. Aïe donc. Il en faudra donc un quatrième, hé si. Stigwood a été chercher Peter Frampton. Frampton ! FRAMP...TONNE !! Le guitar-hero de Humble Pie, qui a mené, dans les années 70, une très bonne carrière solo illustrée en 1976 par le triomphal double live Frampton Comes Alive !, album qui, selon Wayne dans Wayne's World, était limite distribué dans les rues et foutu dans les barils de lessive et les paquets de céréales, tellement tout le monde l'avait chez soi (un live remarquable, ceci dit). Frampton qui, bien des années après, jouera avec Hallyday (en 1985), Bowie (en 1987...les Bowiemaniaques connaissent bien l'album que Bowie a fait cette année-là...). Quand aux Bee Gees, no comment, en 1978, ils sortent du carton (l'année précédente) de la bande-son de La Fièvre Du Samedi Soir. Bref, on a des stars absolues de l'époque (une fois le film sorti, leur statut, à Frampton comme aux Bee Gees, baissera radicalement, seul Aerosmith s'en sortira sans problème, car les Duponts Volants sont dans le film aussi) ici dans les rôles principaux. Les Bee Gees dans le rôle des frangins Henderson (allusion aux paroles de Being For The Benefit Of Mr. Kite !) et Frampton dans celui de Billy Shears (voir Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band). On a aussi, pêle mêle, dans ce film musical réalisé par Michael Schultz, l'acteur comique Steve Martin (qui joue le docteur Maxwell Edison, vous vous doutez bien qu'il posède un marteau argenté), Alice Cooper (Father Sun) qui, à l'époque, allait assez mal, Aerosmith donc (Future Villain Band), Billy Preston, Donald Pleasence, Earth, Wind & Fire, George Burns... Je ne vais pas entrer dans le détail de l'album, c'est, à deux-trois petites exceptions, vraiment minable. On sauvera la reprise de Come Together par Aerosmith (qui l'interprétera en live par la suite), celle du Got To Get You Into My Life par Earth, Wind & Fire (curieuse, mais efficace) et celle du Because par Alice Cooper et les Bee Gees (curieuse aussi, mais sympa).

Le reste ? Oh putain... Pardon, les larmes reviennent, je préfère stopper cette chronique avant que jeeeee mmmme mmmmmetttte à chh-ch-chiaaaaaleeeeeer... Enculééééés d'Biiiiiidjiiiiiiiizzzz..

FACE A

Introducing Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band : 

a) Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (The Bee Gees & Paul Nicholas)

b) With A Little Help From My Friends (The Bee Gees & Peter Frampton)

Here Comes The Sun (Sandy Farina)

Getting Better (The Bee Gees & Peter Frampton)

Lucy In The Sky With Diamonds (Dianne Steinberg & Stargard)

I Want You (She's So Heavy) (The Bee Gees, Dianne Steinberg, Paul Nicholas, Stargard & Donald Pleasence)

FACE B

Good Morning Good Morning (The Bee Gees, Peter Frampton & Paul Nicholas)

She's Leaving Home (The Bee Gees, Jay McIntosh & John Wheeler)

You Never Give Me Your Money (Paul Nicholas & Dianne Steinberg)

Oh ! Darling (Robin Gibb)

Maxwell's Silver Hammer (Steve Martin)

Rise To Stardom Suite : 

a) Polythene Pam (The Bee Gees)

She Came In Through The Bathroom Window (The Bee Gees & Peter Frampton)

Nowhere Man (The Bee Gees)

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise) (The Bee Gees & Peter Frampton)

FACE C

Got To Get You Into My Life (Earth, Wind & Fire)

Strawberry Fields Forever (Sandy Farina)

When I'm Sixty-Four (Frankie Howerd & Sandy Farina)

Mean Mr. Mustard (Frankie Howerd)

Fixing A Hole (George Burns)

Because (Alice Cooper & The Bee Gees)

The Death Of Strawberry : 

a) Golden Slumbers (Peter Frampton)

Carry That Weight (The Bee Gees)

FACE D

Come Together (Aerosmith)

Being For The Benefit Of Mr. Kite ! (Maurice Gibb, Peter Frampton, George Burns & The Bee Gees)

The Long And Winding Road (Peter Frampton)

A Day In The Life (The Bee Gees)

Get Back (Billy Preston)

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Finale) (Tous les musiciens)