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Le premier album de Jean Ferrat, sans titre mais appelé Deux Enfants Au Soleil (et parfois, Jean Ferrat 1) sorti en 1961, n'est peut-être pas un sommet complet, mais il offre malgré tout quatre remarquables chansons, dont deux qui restent encore aujourd'hui parmi les plus connues du chanteur : Ma Môme et Deux Enfants Au Soleil. Alors signé chez Decca, Ferrat, qui va progressivement toucher un vaste public grâce à sa si profonde voix, douce et puissante en même temps, va, la même année, offrir une chanson (Eh ! L'Amour) pour la meneuse de revue Zizi Jeanmaire, et faire la connaissance d'Alain Goraguer, qui sera son principal arrangeur musical, et ce, dès le deuxième album de Ferrat, qui sort sur Decca en fin d'année 1962. Ca sera le dernier album de Ferrat sur ce label, il signera sur Barclay (sur lequel il restera une dizaine d'années) l'année suivante). En attendant, ce deuxième album est encore une fois sorti sans aucun titre, sa pochette est une photo de Ferrat (et sa petite moustache similaire à celle de Brel à ses débuts) en chemise et cravate, assis à une table de café, un petit ballon de blanc en main et un sourire un peu crispé (si on peut appeler ça un sourire) sur le visage. Surnommé La Fête Aux Copains par à peu près tout le monde, encore une fois parce que c'est le titre de la première chanson, c'est un album qui ne contient que 8 titres seulement. Vu la durée traditionnel des chansons françaises à l'époque (entre 2 et 3 minutes), vous vous imaginez bien que cet album, au format 25cm (bref, plus petit, en format, qu'un 33-tours de 30cm de circonférence), n'est pas très long. Les albums de Ferrat, d'ailleurs, ne le seront jamais. Je crois qu'aucun ou presque n'atteint les 40 minutes !

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Le premier opus durait 25 minutes, celui-ci en dure 20, seulement 20 petites minutes. L'écoute de cette Fête Aux Copains (pas le meilleur titre pour l'album, mais comme c'est la première de l'album, et que comme je l'ai dit, c'est le premier morceau qui, souvent, était choisi comme titre d'album...) passe donc comme un train filant dans la nuit étoilée (je suis poète, moi, aujourd'hui, c'est bien). Ce deuxième album, sorti alors que le premier opus obtient le Grand Prix de l'Acédémie du Disque et le Prix Roger-Seillier de la SACEM, n'est, autant le dire, pas aussi réussi que le premier. Et comme le premier n'est, déjà, pas le sommet de la carrière de Jean Ferrat... Bon, sincèrement, le deuxième album offre de bonnes chansons : La Fête Aux Copains, Les Nomades, bel hommage à la musique tzigane, et aux gens du voyage en général, sur lequel jouent Matelo et Boulou Ferré (aucun lien avec Léo !), deux musiciens manouches, respectivement le père et le fils. Les Noctambules sera reprise par Pia Colombo (à noter que c'est en 1962 que Ferrat croise Isabelle Aubret, en suivra une longue amitié qui ne prendra fin qu'avec la mort de Ferrat en 2010). Ces trois chansons sont les meilleures d'un deuxième album qui n'offre, sinon, que des chansons certes jolies (Mes Amours, L'Homme A L'Oreille Coupée), bien écrites et mises en musique, bien arrangées, mais aucune ne fait partie des classiques du chanteur. 

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Ce deuxième album est un peu coincé entre un premier opus offrant déjà des classiques, et un troisième album qui (j'en reparle ici bientôt, demain logiquement) en offrira aussi un paquet (la moitié de l'album). Ici, sincèrement, rien n'est mauvais, je ne pense pas que Ferrat ait fait de mauvaises chansons : comme Brel et Brassens, son talent était tellement fort, tellement imposant, qu'il était incapable de faire de mauvaises chansons, tout simplement quelques unes un peu secondaires. Sur le précédent album, c'était Napoléon IV, qui était assez poussif. Ici, c'est Les Petits Bistrots ou cette chanson parlant notamment de Van Gogh, L'Homme A L'Oreille Coupée. Heureusement que la suite de sa carrière, sur un autre label d'ailleurs (est-ce que Decca l'aurait laissé sortir ses chansons les plus engagées ? Sans doute a-t-il eu toute la liberté qu'il lui fallait sur Barclay, mais ça, on ne le saura jamais ; notons que Decca, label qui hébergeait les Rolling Stones à leurs débuts, est notoirement connu pour avoir fait une des pires bourdes de l'industrie musicale : avoir refusé de signer les Beatles, prétextant qu'ils n'iraient nulle part ; chapeau, les mecs !), sera d'un tout autre niveau, car si ses albums suivants avaient été du niveau (pas mauvais, mais moyen) de cette Fête Des Copains, Ferrat serait rapidement tombé dans l'oubli, et ça aurait été vraiment dommage ! Vivement l'album suivant...

FACE A

La Fête Aux Copains

Le Petit Jardin

Les Noctambules

L'Homme A L'Oreille Coupée

FACE B

Mes Amours

Les Petits Bistrots

Les Nomades

Le Polonais