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On approche dangereusement de la fin du cycle Al Kooper, encore deux articles dont celui-là, et c'est fini. On avait laissé le bonhomme en 1970 avec un double album certes très court (deux vinyles, OK, mais seulement 62 minutes), mais franchement remarquable, probablement même son meilleur album solo, Easy Does It. Quand je dis "meilleur album solo", c'est donc sans comptabiliser le premier Blood, Sweat & Tears et les deux albums (un studio, un double live) faits avec Mike Bloomfield (et Stephen Stills, Elvin Bishop...). Non, je parle vraiment de ses albums en solo et en studio. Qui ne sont pas très connus, certains même franchement oubliés de nos jours. Heureusement, il existe un coffret de 5 CD proposant ces albums, en pochettes cartonnées toutes connes, sans livret, du basique, mais ce sont les albums originaux. Et ça permet de les découvrir, ou redécouvrir. C'est ainsi que j'ai le bonheur de vous en parler, de ces albums solo d'Al Kooper, et aujourd'hui, en avant-dernier article de ce petit cycle, voici un album que Kooper a sorti en 1971 sous une très très belle pochette photographique en noir & blanc le montrant allongé tout contre une jeune femme (que l'on voit au verso, voir plus bas) qui, peut-être, était sa femme ou sa petite amie, ou bien juste un modèle, je ne sais pas. L'album s'appelle New York City (You're A Woman). Photo signée du grand Richard Avedon. 

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Offrant 11 titres pour une quarante-troizaine (ah ah ah, vous ne l'aviez jamais lue ou entendue, celle-là, non ?) de minutes, New York City (You're A Woman) est sans doute l'album solo de Kooper le plus connu, et il a été enregistré entre Londres (Trident Studios) et Hollywood (Columbia Studios) dans la première partie de 1971, l'album étant sorti en juin. Produit par Kooper lui-même, qui chante, joue du piano, de l'orgue, de l'harmonium, du mellotron et de la guitare, c'est un disque assez différent des précédents, qui étaient assez rhythm'n'blues, parfois imprégnés (surtout le premier) de psychédélisme. Là, on a affaire à un disque de chansons, parfois un petit peu rhythm'n'blues (surtout vers la fin de l'album : Dearest Darling, reprise de Bo Diddley), mais au final pas très différent de ce qu'Elton John faisait à la même époque. Et d'ailleurs, à propos d'Elton... Come Down In Time est signée Elton John et Bernie Taupin, c'est une reprise (le morceau est sur le Tumbleweed Connection qu'Elton a fait  l'année précédente) là aussi. Et encore une fois, à propos d'Elton, certains de ses musiciens d'alors jouent, ici : Caleb Quaye (guitare sur deux titres, mais pas sur la reprise d'Elton), Roger Pope (batterie sur trois titres, là aussi, pas sur celui repris d'Elton). Les autres musiciens sont Herbie Flowers (basse sur quatre titres), Paul Humphries (batterie), Carol Kaye (basse), Sneaky Pete Kleinow (pedal steel sur deux titres), Lou Shelton (guitare), Bobbye Hall Porter (percussions), Bobby West (basse, contrebasse). Terry Kath, légende guitaristique du groupe Chicago, tient le solo de guitare sur Can You Hear It Now (500 Miles). De nombreux choristes : Rita Coolidge, Venetta Fields, Clydie King, Donna Weiss, Claudia Lennear, Jessie Smith...

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L'album offre notamment le morceau-titre, plus de 5 minutes de totale réussite, un Medley : Ooh Wee Baby, I Love You/Love Is A Man's Best Friend remarquable, Back On My Feet, la reprise d'Elton qui est au moins aussi bonne que l'originale, et l'excellent final The Warning (Someone's On The Cross Again). C'est un album riche et sublimement produit, un des meilleurs d'Al Kooper, peut-être même son meilleur selon certains, mais je continue de lui préférer Easy Does It, son précédent opus. Après, si Kooper vous intéresse, si vous aimez son boulot aussi bien en solo qu'en collaboration (Dylan, Bloomfield...), mais que vous ne connaissez pas encore New York City (You're A Woman), il faut, dans ce cas, absolument rattraper ce retard. L'année suivante, Kooper sortira un disque à la pochette amusante (on le voit, prématurément vieilli), intitulé A Possible Projection Of The Future/Childhood's End, album que je n'aborderai hélas pas, du moins pour le moment, car il ne se trouve pas dans le coffret dont j'ai parlé plus haut (pourquoi ? Ah ça, j'y suis pour rien). C'est donc son album encore suivant, sorti en 1973, qui sera le dernier du cycle Kooper, d'ici quelques jours !

FACE A

New York City (You're A Woman)

John The Baptist (Holy John)

Can You Hear It Now (500 Miles)

The Ballad Of The Hard Rock Kid

Going Quietly Mad

FACE B

Medley : Ooh Wee Baby, I Love You/Love Is A Man's Best Friend

Back On My Feet

Come Down In Time

Dearest Darling

Nightmare #5

The Warning (Someone's On The Cross Again)