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Encore un p'tit peu d'Allman Brothers ? Après leur retour en 1990 avec un Seven Turns franchement éblouissant, le groupe des frangins Allman, enfin, du frangin Allman rescapé car depuis 1971, il n'y en avait plus qu'un en vie (et il décèdera à son tour en 2017...), ne va pas mettre un temps fou avant de refaire un disque. Encore une fois produit par le talentueux Tom Dowd, qui avait couché sur vinyle leur monumental double live de 1971 (et a bossé avec Cream, Derek & The Dominoes, Clapton solo, mais aussi Meat Loaf, dont on parle également, en ce moment, sur le blog), ce nouvel album du Allman Brothers Band est sorti en 1991 sous une pochette à la fois belle et ignoble. Belle, car une belle photo du groupe et de certains musiciens accompagnateurs posant, pépèrement, devant une belle maison que l'on imagine être dans le Sud profond des USA (au début, je pensais que c'était le studio Ardent, de Memphis, là où fut fait le disque, mais non, ce studio mythique - Big Star, notamment... - ne ressemble pas à ça). Et ignoble, parce que pourquoi ces teintes jaune/orange, surtout dans le bas de pochette (et je ne parle pas du verso, uniformément de cette teinte) ? OK pour le haut, ça symbolise un soleil bien jaune, qui colore bien le ciel, mais pour le bas, ça fait moche. L'album s'appelle Shades Of  Two Worlds, il offre 52 minutes de musique, pour seulement 8 titres. 

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On imagine donc aisément la durée desdits morceaux : pas exactement des furies de 2,30 minutes. Et en effet, sur les 8 titres, 6 atteignent, et sutout dépassent, les 5 minutes, et les deux qui restent approchent des 5 minutes sans toutefois les atteindre. Shades Of Two Worlds, qui se termine sur une mémorable reprise du Come On In My Kitchen de Robert Johnson (tout le reste est consitué de morceaux originaux, et notons que le guitariste Dickey Betts est crédité sur 5 d'entre eux, c'est la première fois qu'il participe autant à la composition d'un album), est, autant le dire tout de suite comme ça on en est débarrassé, une réussite remarquable, meilleur encore, probablement, que Seven Turns. C'est probablement leur meilleur album depuis Brothers And Sisters (1973 quand même), et ça, on s'en rend compte dès la première écoute, parce que des albums qui sont aussi jouissifs d'entrée de jeu, dès la première écoute, aussi bien chez ce groupe qu'en général, c'est pas si fréquent. Pour tout dire, j'ai découvert le groupe avec leur mythique At Fillmore East, mais il m'a fallu un certain temps pour me rendre compte de la puissance, de la grandeur, de ce live. Si j'avais connu cet album de 1991 avant, j'aurais sauté au plafond dès ma première écoute du live au Fillmore East. Ici, c'est du bon, du lourd (à noter que sur l'album suivant du groupe, un live sorti en 1992 et que j'aborderai bientôt, trois titres de l'album sont interprétés), magistralement interprété et produit.

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Excellent coffret de 5 CD, que j'ai trouvé pour pas cher et que j'aborde un à un, les albums du cycle étant ceux du coffret

Que dire face à Nobody Knows, long de 11 minutes ? du mémorable instrumental Kind Of Bird (8 minutes et des poussières) ? De End Of The Line, Bad Rain, Desert Blues, de la reprise de Johnson ? Shades Of Two Worlds est un régal de blues-rock, de southern rock, de rock tout court, Gregg Allmann y chante à merveille de sa si exceptionnelle voix rauque qui semble avoir tout traversé (et effectivement, entre alcool, drogues, tournées interminables, décès d'un frangin, décès d'autres membres du groupes et mariage avec Cher - oui, il a pris cher, dans les deux sens du terme -, le bonhomme a effectivement traversé beaucoup de terribles choses), le groupe est en totale forme, les morceaux sont excellents, aucun n'est à retirer. Cet album est certainement un de leurs meilleurs, et un fan du groupe qui ne le connaît pas se doit absolument de réparer cette erreur !

FACE A

End Of The Line

Bad Rain

Nobody Knows

Desert Blues

FACE B

Get On With Your Life

Midnight  Man

Kind Of Bird

Come On In My Kitchen