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Encore du Eddy Mitchell. Je le sais, ça ne va pas plaire à tout le monde, mais, depuis la chronique de Après Minuit, je me suis mis en tête de chroniquer tous les albums de Schmoll jusqu'à la fin des années 80. Racines est le vingt-quatrième album studio d'Eddy, le premier qui sortira sur le label Polydor. Mais...dîtes-moi... il ne manque pas le vingt-troisième par hasard ? Si, mais c'est volontaire de ma part. Ce fameux vingt-troisième album, répondant au nom de Fan Album et sorti en 1983, je n'avais pas du tout envie de poser mes oreilles dessus et encore moins de l'aborder. L'agencement de l'album me déplaît fortement. Ce mélange de fonds de tiroirs, de faces B (je le suppose) de 45 tours et de chansons issues de la bande originale du film de Tavernier, ne m'inspire aucune confiance. Je préfère donc m'attarder sur un vrai album studio. Suite logique, après Le Cimetière Des Éléphants (au demeurant extrêmement moyen), voici donc Racines, sorti en 1984 sous une pochette qu'à titre personnel j'aime beaucoup. La tronche d'Eddy en photo entourée également de photos de quelques personnalités qui furent certaines de ses idoles étant jeune. On pourra reconnaître entre autres Chuck Berry, Frank Sinatra, Nat King Cole ou encore Marilyn Monroe. 

L'album ne contient pas un (comme c'était le cas de tous les albums studio originaux depuis 1978) mais deux succès du répertoire Mitchellien. Et pas n'importe lesquels. Vraiment deux gros tubes. On a Nashville Ou Belleville ?, géniale chanson au rythme foutrement entraînant. Où sont mes racines, Nashville ou Belleville ? Mais aussi et surtout, Comme Quand J'Étais Môme, une pure merveille à la fois nostalgique et mélancolique. Piano magnifique. Assurément l'une des plus belles chansons d'Eddy. J'ai mal lu le scénario, j'suis peut-être pas le héros qu't'imagines... Mais, et c'est tant mieux, ce ne sont pas les deux seules bonnes chansons que l'album a à nous offrir. Le Blues Du Blanc, avec son ambiance un peu piano bar (un style que l'on retrouvera bien plus tard sur Au Bar Du Lutétia (chanson en hommage à Serge Gainsbourg)) est également très belle. Ciné, Rock Et Bandes Dessinées, malgré un titre à la con et sans être du grand art, remue bien comme il faut du slibard, on en demande pas plus. Pourquoi M'Laisses-Tu Pas Tranquille, Lucille ? est super belle. Moins que Comme Quand J'Étais Môme bien sûr, mais quand même super belle. Un Chèque En Bois... C'Est Drôle !, adaptation de Shake Rattle And Roll est à mille ans de la célèbre version de Bill Haley est encore plus de la version d'Elvis, ça va de soi, mais passe quand même super bien. Et, Mes Souvenirs, Mes Seize Ans est sublime elle aussi. Rappelons au sujet de cette chanson que le premier à l'avoir chantée n'est autre que Johnny Hallyday, l'année précédente, sur l'album Entre Violence Et Violon sous le titre de Mes Seize Ans et avec un texte légèrement différent. La version Mitchell est cent fois supérieure. 

Mais, il faut être honnête, tout sur Racines n'est malheureusement pas d'un niveau recommandable. L'album souffre de contenir une petite poignée de chansons franchement pas terribles du tout. À commencer par Mon Clip Préféré, une chanson parfaitement anecdotique. L'Idole Chante Au Dessert est également bien loin de casser des briques. Le titre de la chanson étant très certainement un clin d'oeil au film parodique Un Cadavre Au Dessert, même si le texte de la chanson n'évoque en rien le film, lequel contenait dans son casting Peter Falk, Maggie Smith et David Niven notamment, excusez du peu. Rupture en V.H.S, quant à elle, est tout ce qu'il y a de frustrante. Des très bons couplets, mais des refrains qui la foutent en l'air. Enfin, foutre en l'air est un bien grand mot, il y a chez Eddy des chansons autrement plus mauvaises que ça. Et, on aura d'ailleurs tout le "loisir" de constater que ces trois chansons sans grand intérêt sont toutes sur la première face. Malgré ces trois moments pas terribles, Racines est dans l'ensemble un très bon cru. Sans aucun doute le meilleur album de Schmoll depuis 1977 et La Dernière Séance. Bien entendu, les fans d'Eddy seront aux anges, mais même quelqu'un qui n'est pas spécialement fan du chanteur pourra facilement trouver son compte. Et puis merde, Comme Quand J'Étais Môme, c'est pas rien ça ! 

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Face A

Comme Quand J'Étais Môme

Mon Clip Préféré

Le Blues Du Blanc

L'Idole Chante Au Dessert

Rupture en V.H.S

Face B

Nashville Ou Belleville ?

Ciné, Rock Et Bande Dessinées

Pourquoi M'Laisses-Tu Pas Tranquille, Lucille ?

Un Chèque En Bois...C'Est Drôle

Mes Souvenirs, Mes Seize Ans