R-1419657-1438812618-5914 Sir Douglas Quintet... sous ce nom résolument britannique, se cache en réalité un groupe américain composé de cinq membres, le nom ne ment pas. À moins que vous soyez super calé, curieux ou les deux, il y a de fortes chances pour que vous ne connaissiez pas ce groupe qui, à l'heure actuelle, est aussi connu que les membres du gouvernement de Macédoine. Par contre, vous connaissez certainement le leader de ce groupe : un certain Doug Sahm. Un artiste que Clash a abordé ici-même via notamment l'album Texas Tornado datant de 1973 et qui s'est autant vendu que des sorbets au citron en plein hiver dans un coin perdu de la Sibérie. Un album génial, bien que moins bon que celui qui lui succèdera en 1974 et dôté d'une pochette que certains trouvent mal branlée deonc pourrie, mais que moi, j'adore, la trouvant aussi géniale que mégalo. Enfin bon, aujourd'hui, c'est Mendocino, sorti en 1969 et premier album du groupe qui nous intéresse.

J'aime autant vous le dire d'entrée de jeu : même si ça ne me plaît pas, cette chronique sera plus courte que de coutume. Serait-ce parce que l'album n'est pas bon ? Non, absolument pas. Cet album est vraiment top de chez top. Le problème, c'est que je suis dans l'incapacité de vous le décrire. Pourquoi en parler alors ? Parce qu'il est grand temps que, plus de cinquante putains d'années après sa sortie, cet album soit mis en lumière. Il s'ouvre sur sa chanson titre, qui est une réussite absolue. Mais, cette chanson n'est pas la seule à être dans ce cas. I Don't Want et If You Really Want Me I'll Go sont de vraies orfèvreries pop-rock. D'ailleurs, la seconde citée a quelque chose de beatlesien. I Wanna Be Your Mama Again est sublime, tout comme l'est At The Crossroads, chanson la plus longue de l'album. Il y a sur cet album deux morceaux qui me plaisent moins, ceux qui ouvrent la seconde face. Ce qui me fait chier, c'est que ce sont deux titres absolument barbares à écrire : And It Didn't Even Bring Me Down et Lawd, I'm Just A Country Boy In This Great Big Freaky City. En aucun cas ce ne sont des chansons mauvaises ou moyennes, mais il faut reconnaître que ce sont les moins fortes du lot.

Par contre, je ne vous dis pas le niveau des trois dernières : She's About A Mover est monstrueuse. Par contre, si vous remplacez l'orgue par des cuivres, vous obtenez quelque chose se rapprochant fortement du What I'd Say de Ray Charles. Dans le texte de la chanson, même si c'est très fugace, le groupe laisse clairement sous-entendre qu'il s'est inspiré du monstre Ray Charlesien. Texas Me est génial et country dans l'âme, les grands coups de violon ne mentent pas sur la marchandise. Et Oh, Baby, It's Just Don't Matter achève l'album sur un rock bien teigneux et qui défouraille bien comme il faut. Cet album, je vous le recommande plus que sauvagement, mais, étant donné qu'il s'est aussi bien vendu que des cages à lion en Argentine, il est donc difficile à trouver. Mais, si vous arriver à le trouver, que ce soit en CD ou en vinyle (et rien à foutre du pressage), prenez-le vite fait, vous ne le regretterez pas. Et vive la musique mes petits potes, la vraie bonne musique !

sir-douglas-quintet-1

Face A

Mendocino

I Don't Want

I Wanna Be Your Mama Again

At The Crossroads

If You Really Want Me I'll Go

Face B

And It Didn't Even Bring Me Down

Lawd, I'm Just A Country Boy In This Great Big Freaky City

 She's About A Mover

Texas Me

Oh, Baby, It Just Don't Matter