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Revoilà, pour un dernier tour de piste (cycle court ? Mais c'est parce que leur discographie l'est aussi, trois albums !), le Bakerr Gurvitz Army, ce groupe de hard-rock anglais fondé en 1974 par le batteur Ginger Baker (revenu de ses expériences afrobeat au Nigeria) et les frangins Paul (basse) et Adrian Gurvitz (guitare, chant). Agrémentés, dès le deuxième album, du chanteur Mr Snips. Le premier album, éponyme, de ce très obscur et oublié groupe de hard-rock était réussi, et le second, Elysian Encounter, sous sa pochette progressive, était encore meilleur. On avait à chaque fois affaire à du bon vieux hard-rock 70's des familles, pas du bourrin, pas du metal, pas du boogie-rock, juste du hard. Et encore, c'est marrant, mais on a hard et hard. AC/DC, par exemple, ne sonne pas vraiment comme Aerosmith (qui sonne plus glam), qui ne sonne pas comme Deep Purple. Baker Gurvitz Army, grosso modo, ne sonne ni comme les uns, ni comme les autres, même si on serait, quand même, parfois, proche des Duponts Volants. Surtout sur leur troisième album, sorti en 1976, leur dernier car, suite à la mort de leur manager, le groupe cessera toute activité. Ce troisième album, plus court (36 minutes), s'appelle Hearts On Fire, et sa pochette est du pur hard-rock ras-du-front, une représentation totale du titre de l'album : une main féminine qui tient des cartes à jouer (je ne me rappelle plus trop les règles du poker, mais ça ne serait pas un full, ce qu'elle a ?), quatre Coeurs, et ces cartes sont en feu. Des coeurs en feu. Cette pochette ne nécessiterait pas que l'on mette le titre de l'album, la photo étant un vrai rébus.

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Hearts On Fire est très nettement le moins réussi des trois albums de Baker Gurvitz Army (un nom de groupe à la Bachman-Turner Overdrive, groupe qui, musicalement, leur ressemble beaucoup, maintenant que j'y pense), ce qui ne l'empêche pas d'être d'un très bon niveau, le genre de disque que l'on prendra plaisir à écouter de temps en temps, et qui, sans atteindre les sommets d'Elysian Encounter, n'offre aucune mauvaise chanson et délivre bien les cartons. Baker Gurvitz Army, malgré le grand nom derrière les fûts, n'est pas un grand groupe de hard, et si le groupe avait continué sa carrière, nulle doute que, tôt ou tard, ils auraient fini par faire de la merde. On sent, malgré la réussite globale de ce disque (le bluesy Thirsty For The Blues, Smiling, le morceau-titre), une baisse de qualité, pas flagrante, mais bien réelle. Certains morceaux sont agrémentés de choeurs très soul (notamment de Madeline Bell), de claviers du plus bel effet, et la batterie est plus sobre que de coutume. 

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La production, signée encore une fois Eddie Offord, est plus mainstream, parfois (Night People sonne presque comme du Springsteen), l'album sonne souvent un peu comme une version un peu plus énervée que de coutume des Who ou des Rolling Stones (l'époustouflant final Mystery). Aucun musicien n'est mauvais, tous assurent, et le chant est très bon. On a donc affaire à un hônnête petit disqu de rock bien balancé, bien charpenté, rien d'exceptionnel, mais les amateurs devraient, selon toute logique, apprécier. Désolé pour cette chronique plus courte que de coutume, mais il n'y à pas grand chose à dire ici. Une conclusion de carrière satisfaisante, même si elle n'était pas voulue.

FACE A

Hearts On Fire

Neon Lights

Smiling

Tracks Of My Life

Flying In And Out Of Stardom

FACE B

Dancing The Night Away

My Mind Is Healing

Thirsty For The Blues

Night People

Mystery