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On approche de la fin du cycle Funkadelic : encore un article après celui-ci et il s'agira d'une réécriture. Cet article est donc, pour le cycle, le dernier à aborder, pour la première fois (ce qui était aussi le cas des autres articles du cycle), un album du groupe. Petit rappel : le précédent article abordait le cas de Tales Of Kidd Funkadelic, sorti en 1976, un disque qui sera le dernier du groupe sur le label Westbound Records, avant qu'ils ne signent sur une major, Warner Records. Mais comme je l'avais expliqué, c'est en fait un peu moins évident que ça. Le groupe a signé, en 1976, sur Warner, et enregistre un album qui sortira en octobre, Hardcore Jollies, cet album-ci, donc. Ils enregistrent en fait plus de morceaux que nécessaire, et comme ils devaient encore un album à Westbound selon les termes de leur contrat, ils décident de sortir les morceaux restants, les chutes de studio donc, en tant qu'ultime album pour leur ancien label. Ce dernier album Westbound, c'est donc Tales Of Kidd Funkadelic, sorti un mois plus tôt, en septembre. Un disque moyen, vraiment une déception si on le compare avec tous les précédents opus du groupe le plus dingue de l'histoire de la musique funk. Hardcore Jollies, lui, sorti un mois plus tard sur Warner (et signé, encore une fois, d'une pochette ouvrante bien délirante, avec long texte à l'intérieur et dessins salaces, ici plus que de coutume d'ailleurs, de Pedro 'Captain' Bell), est un retour à une certaine qualité de la part de Funkadelic. 

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On sent vraiment que George Clinton, leader du groupe, n'avait pas envie de se faire chier la bite avec le dernier album qu'il devait à son ancien label. Enregistrés en même temps que les morceaux du précédent album, les 8 titres de Hardcore Jollies (dont une version live, exemplaire mais à la qualité audio très moyenne, du génial Cosmic Slop, morceau issu de l'album de 1973 à la base ; cette version live, enregistrée en répétitions scéniques durant la tournée P-Funk de 1976, prouve que le guitariste Michael Hampton n'avait rien à envier à Eddie Hazel, qui jouait sur la version studio) sont en effet largement supérieurs à ceux de Tales Of Kidd Funkadelic. L'album dure 40 minutes et est découpé en deux faces (logique) titrées respectivement "Osmosis Phase 1" et Terribitus Phase 2", allez demander à George Clinton la signification de tout ça. Moi, j'abandonne. Ce mec est trop. Mais sa musique est immense, sublime, percutante comme une balle de base-ball qu'on se prend dans le milieu du front. Hardcore Jollies s'ouvre sur un génial Comin' Round The Mountain qui fout la patate d'entrée de jeu, et alterne ensuite entre le chaud, très chaud (un Cosmic Slop live infernal malgré la piètre qualité sonore, If You Got Funk, You Got Style, le morceau-titre) et "froid" (You Scared The Lovin' Outta Me est totalement psychédélique, et juste génial).

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Si ce disque, le dernier de 1976 (et il faudra attendre non pas un, mais deux ans avant de retrouver Funkadelic en album, mais l'attente aura totalement valu le coup, vous en saurez plus d'ici quelques jours avec la fin du cycle ; mais si vous suivez ce blog depuis un certain temps - car je l'ai déjà abordé ici autrefois - et/ou que vous connaissez un peu Funkadelic, logiquement, vous savez de quel album je veux parler), n'est pas le sommet du groupe, s'il n'arrive pas à la cheville du suivant et de plusieurs des précédents (Cosmic Slop, Let's Take It To The Stage...), il n'en demeure pas moins un fulgurant petit album de funk-rock, bien trippant et délirant, bien jouissif, totalement dingue...Du Funkadelic, quoi. Et puis, après la petite douche froide du précédent opus, les retrouver avec un tel niveau, franchement, ça fait du bien par où ça passe !

FACE A (Osmosis Phase 1)

Comin' Round The Mountain

Smokey

If You Got Funk, You Got Style

Hardcore Jollies

FACE B (Terribitus Phase 2)

Soul Mate

Cosmic Slop (Live)

You Scared The Lovin' Outta Me

Adolescent Funk