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Récemment (enfin, non, pas si récemment que ça, c'était fin 2019...) j'ai abordé ici le premier opus des Waterboys (j'ai aussi abordé leur troisième, This Is The Sea, par la suite). Un aimable commentateur, Jicop, dans un de ses commentaires, me conseilla de me pencher sur ce qu'ils ont fait après Fisherman's Blues, et notamment sur un disque sorti en 1993, Dream Harder. Intrigué et intéressé, je regarde sur le Net, plus ou moins persuadé que, compte tenu que ce groupe n'est pas le plus connu de tous les temps, et que ce disque doit faire partie de leurs moins connus et vendus, j'aurais sans doute du mal à trouver ce disque, surtout à bon prix. Ah bah oui : une petite recherche sur Amazon.fr, et je tombe sur un exemplaire vendu à moins de 2 euros, en occasion mais indiqué en état excellent (et vendu chez un 'magasin' que je connaissais déjà, ayant déjà acheté des trucs chez eux, et sans jamais avoir eu le moindre souci). Aussi sec, je le commande. Ah, j'suis comme ça, moi. Je le reçoit deux semaines plus tard, je l'écoute, et aussi sec le retour, je l'aborde ici, bah oui, j'suis vraiment comme ça, moi. Voici donc le sixième album studio des Waterboys, groupe anglo-irlandais de rock celtique. Il date donc de 1993, et s'appelle Dream Harder. Sa pochette, magnifique et presque enfantine, représente Mike Scott (qui, à l'époque, représente à peu près les Waterboys à lui seul), sa guitare au corps, devant un arbre et un cours d'eau, au soleil levant ou couchant, yeux fermés, mains au niveau des yeux. Les couleurs sont chatoyantes.

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L'album, sorti en 1993 donc, fait suite à Room To Roam (1990), qui prolongeait les atmosphères celtiques de This Is The Sea (1985) et Fisherman's Blues (1988). Mais avec ce sixième opus, pour lequel le groupe a changé de maison de disques (ils ne sont plus sur Ensign, via Chrysalis, mais sur Geffen Records), le ton est résolument pop/rock, voire même rock, tout court. Comme je l'ai dit plus haut, sur ce disque, les Waterboys sont représentés, en fait, via Mike Scott (chant, guitare, claviers, composition), aucun des membres originaux du groupe n'est présent. En fait, cet album, Scott l'envisageait comme le dernier du groupe avant de se lancer en solo (ce qu'il fera), ainsi a-t-il peut-être liquidé l'affaire, splitté le groupe et enregistré ce disque, au final, avec des musiciens de studio américains ou britanniques, parmi lesquels les batteurs Jim Keltner et Steve Holly (qui fit partie des Wings de la dernière époque du groupe) pour, et de loin, les plus connus. Long de 44 minutes, Dream Harder est une petite merveille de rock, et si l'album offre une paire de morceaux un petit peu secondaires dans sa dernière partie (Love And Death basé sur un poème de Yeats, Wonders Of Lewis ; sans oublier les jolies mais peu utiles 33 secondes de Winter Winter), morceaux au demeurant très courts donc ce n'est pas grave, il est globalement constitué de chansons absolument sublimes. Comme le faramineux The Return Of Jimi Hendrix, hommage au fameux guitariste. Ou comme le quartette d'intro, The New Life (morceau très rock, guitares saignantes, et aux paroles imprégnées de spiritualité et d'optimisme), Glastonbury Song (pure splendeur pop), Preparing To Fly (même chose) et The Return Of Pan (immense morceau méconnu basé sur le dieu Pan, et plus qu'en partie basé sur des morceaux de la mélodie de The Pan Within, morceau que les Waterboys firent en 1985 sur This Is The Sea). The Great God Pan is alive ! Ca me fait aussi penser au court et terrifiant roman Le Grand Dieu Pan de Machen, évidemment...

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En parlant de références, entre Pan, Hendrix, Yeats et la spiritualité, Dream Harder, via Wonders Of Lewis (que je n'aime pas trop, ceci dit), aborde l'écrivain C.S. Lewis (auteur du cycle de Narnia), et parle aussi, parfois, selon les chansons, de paganisme, de Dion Fortune (une magicienne occulte britannique de la première moitié du XXème siècle), et bien entendu, l'album, tout en étant assez rock, reste tout de même assez imprégné d'atmosphères celtiques, on ne se refait pas. Mais ici, le ton est résolument donné, c'est une sorte de retour aux sources de la big music (les deux premiers albums). Vraie réussite méconnue (je l'ai chopé à moins de 2 euros, en occasion ; si j'avais voulu l'acheter neuf, ça aurait été mission impossible) qui n'a pas été rééditée depuis des années, Dream Harder n'a pas été super bien accueilli à sa sortie, apparemment (certain jounaleux en parlera à l'époque comme étant un album qui représente bien ce que serait devenu U2 s'ils n'avaient jamais connu le succès, autrement dit, ce journaliste estimait que l'album était du sous-mauvais U2, quoi ; U2, dont les premiers albums sont assez proches, musicalement, des premiers albums des Waterboys), et j'imagine qu'il a du se vendre à peu près aussi bien que des Bibles dans un camp de Daesh ou des autographes de Justin Bieber au Hellfest. C'est typiquement le genre d'album méconnu, oublié même, et qui, pourtant, cache de vrais trésors (comme le Tulsa de Dwight Twilley ou le Beautiful World de Big Head Todd & The Monsters, par exemple), le genre d'album que je suis vraiment content de connaître et d'avoir, et je remercie vraiment Jicop de cette découverte !

The New Life

Glastonbury Song

Preparing To Fly

The Return Of Pan

Corn Circles

Suffer

Winter Winter

Love And Death

Spiritual City

Wonders Of Lewis

The Return Of Jimi Hendrix

Good News