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On va reparler un petit peu de Véronique Sanson, dont les albums furent abordés ici il y à un bon mois. Là, ça va durer moins longtemps, deux articles, on va donc considérer ça comme une sorte de post-scriptum. Mais en guise de post-scriptum, attendez de voir, c'est vraiment du lourd, ici. Car les deux albums que j'aborde en final tardif du cycle ne sont rien d'autre que deux albums live tout simplement dantesques, aucun autre terme ne convient. Le premier de ces deux albums live, double (l'édition CD contient un titre de moins que le vinyle, sans doute pour que tout puisse tenir sur un seul CD qui, cependant, doit être bien rempli ; le double vinyle dure quelque chose comme 80 ou 81 minutes, et offre 24 titres ; le CD en a donc 23), est sorti en 1976 sous une très classe et sobre pochette en noir & blanc montrant la Véro assise, apparemment sur une flight case, dans les coulisses ou dans une loge. Il a été enregistré à l'Olympia, à Paris donc, en deux soirs, les 27 et 28 février 1976 (l'album est sorti en fin octobre). Véronique Sanson, alors en pleine période américaine (depuis 1973, elle est mariée à Stephen Stills, fameux musicien rock ricain, et vit avec lui en Californie une vie assez rock'n'roll), vient tout juste de sortir son quatrième album, le court mais remarquable Vancouver. Lequel est sorti le 27 février, soit le jour du premier des deux shows ayant donné ce Live At The Olympia. On notera à ce titre qu'outre le titre écrit à l'anglaise, les crédits dans l'intérieur de pochette sont, aussi, en anglais. Véro (chant, piano, guitare parfois) est entourée de Simon Phillips à la batterie (on en a un peu parlé ici hier, de cet excellent batteur, via des commentaires épars), Mo Foster à la basse, Alain Salvati et Patrice Tison aux guitares, Eric Esteve et Bernard Illous aux choeurs.

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Vancouver, album remarquable donc, est ici super bien représenté : sur les 9 titres qu'il contient, seul When We're Together n'est pas interprétée au cours de ces concerts. Ou tout du moins, n'est pas présente ici sur ce double live, nuance. Le reste est là, notamment le monumental morceau-titre, Vancouver, qui, sur le CD, manque à l'appel, c'est le morceau retiré du lot pour que tout puisse tenir sur un seul disque. Chaque album de la Sanson est très bien représenté ici : Amoureuse, son premier opus, est représenté en moitié, avec notamment les inoubliables Besoin De Personne, Mariavah, Pour Qui et Amoureuse, une chanson qui compte parmi les plus belles de la chanson francaouise. Le deuxième album, De L'Autre Côté De Mon Rêve, est le moins bien représenté ici, seulement 3 morceaux (dont Chanson Sur Ma Drôle De Vie et Une Nuit Sur Son Epaule, deux chansons qu'on ne présente plus), et le troisième album, Le Maudit, premier de sa période ricaine, est bien représenté aussi, 6 titres prodigieux tels que On M'Attend Là-Bas (chanson très rock West Coast sur laquelle c'est Véro qui assure la guitare, du moins la rythmique), Alia Soûza, Véronique et cette sublime chanson, en anglais, sur son fils, Christopher. On trouve aussi, sur ce Live At The Olympia, un morceau alors inédit, que Véronique mettra sur album en 1981 (sur Laisse-La Vivre) mais qu'elle interprètera live durant les années précédentes, Je Serai Là, chanson superbe en réponse au Seras-Tu Là ? de Michel Berger (1975), les deux ont été ensemble avant qu'elle ne le quitte pour Stills, on le sait. Ce double live de 1976 est donc le premier album à offrir cette chanson, plusieurs années avant qu'elle ne se décide à l'enregistrer en studio et à la mettre sur un album. 

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Qualité sonore remarquable, prestation à tomber, à la fois pop/rock et très chanson, une Sanson en état de grâce, ce Live At The Olympia de 1976 est un des meilleurs lives de chanson française (en fait, de variété française) qui soient. On ne s'ennuie pas une seule seconde ici, les 24 morceaux sont tous génialement interprétés (Un Peu Plus De Noir, Vancouver, Amoureuse, Sad Limousine (à noter que ce morceau interprété en anglais, comme je l'avais dit quand j'avais abordé Vancouver, est un beau plagiat, involontaire sans doute mais tout de même flagrant, du Break des Aphrodite's Child : Bye, bye my friend goodbye...), Ma Musique S'En Va, Mariavah, Je Serai Là, Une Maison Après La Mienne... C'est dantesque, sublime, superbe. Seul regret, des morceaux remarquables manquent, sans doute pas interprétés ces soirs-là, ou alors il fallait faire des choix draconiens pour le tracklisting du double album : Bouddha, Comme Je L'Imagine, Le Maudit (Mais Ta Douleur Efface Ta Faute). Deux de ces morceaux seront, cependant, bien présents sur le live suivant de Véronique Sanson, que j'aborderai prochainemen, peut-être même demain qui sait, et qui est aussi remarquable, peut-être même meilleur encore en fait, que ce Live At The Olympia rigoureusement indispensable à tout amateur de bonne variété française. 

FACE A

Pour Qui

Donne-Toi

Un Peu Plus De Noir

Etrange Comédie

Amoureuse

Sad Limousine

FACE B

Christopher

Une Nuit Sur Son Epaule

Alia Soûza

Je Serai Là

Redoutable

Vert Vert Vert

Véronique

FACE C

Ma Musique S'En Va

Mariavah

Besoin De Personne

Vancouver

Une Maison Après La Mienne

FACE D

Tu Sais Que Je T'Aime Bien

Chanson Sur Ma Drôle De Vie

Full Tilt Frog

Devine-Moi

On M'Attend Là-Bas

Dis-Lui De Revenir