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Nous sommes le 14 février, la fête des amoureux, la fête des chérie-ce-soir-je-t'emmène-au-restaurant-après-je-t'invite-au-cinéma-et-quand-on-rentre-à-la-maison-je-te-baise-à-couilles-rabattues-sur-la-machine-à-laver-en-route. Seulement, moi je dis que le 14 février, c'est la fête de tous les amoureux et pas que de ceux qui sont en couple. Donc, aujourd'hui, pour vous, les amoureux de la musique, je vous offre un album de blues. Ce n'est pas qu'un simple album de blues. C'est un monument du blues : Hooker 'N'Heat de John Lee Hooker, un double album sorti en 1971. Contrairement à ce que le titre peu laisser supposer, il s'agit bien d'un album d'Hooker, les Canned Heat eux, se "contentent" de jouer la musique que le Hook' a composée. Leur style, à l'exception des parties d'harmonica n'est pas présent ici. À noter que lors de la séance photo pour la pochette du disque, Alan Wilson n'était pas présent car il était déjà décédée d'une overdose de barbituriques. Par conséquent, la tronche que l'on voit dans le cadre accroché au mur, c'est la sienne. Henry Vestine n'était pas présent pour la séance photo (pour des raisons toujours inconnues), du coup, c'est le manager de la Chaleur en boîte de conserve, Skip Taylor, qui a pris sa place. Plus tard, via un montage, la tronche de Vestine sera mise sur le corps de Taylor. C'est le bordel hein ? Bon, maintenant, place à ce double album qui offre 17 chansons et qui dure la bagatelle de 83 minutes... pour autant de minutes de bonheur. Z'êtes chaud les pélos ? Alors, on y go ! On va bander comme des taureaux !

Comme je le disais, ici, les Canned Heat sont seulement des zikos qui accompagnent le Hook', mais, tout en étant loin de leur style de prédilection, ils assurent, mais genre totalement. Regardez un peu ce quatuor d'ouverture. Messin' With The Hook, The Feelin' Is Gone, Send Me Your Pillow et Sittin' Here Thinkin'. Avec ces quatre chansons, on est en plein dans du blues pur et dur. Bien entendu, il n'y a pas une once de gratte sèche, tout est électrique, mais on est quand même en plein blues pur jus. Et, pour ne rien gâcher, la batterie de de la Parra imite putainement bien ce qui, dans les temps, sur les vieux enregistrements de blues, était les pompes frappant le sol en guise de percussions. Du vrai caviar de la Baltique pour tout amateur de blues. Classique ou électrique, on s'en branle. Meet Me In The Bottom, clôturant la première face est, quant à elle, beaucoup plus speed, mais tout aussi jouissive. Putain de merde, qu'est-ce que c'est beau la musique quand elle est jouée de la sorte. Avec Alimonia Blues, ouvrant la face B, on en revient à un blues pur jus millésimé. Rythme lent, accords à contre-temps et batterie imitant le son d'une pompe qui tape le sol. Drifter évolue également sur un tempo lent, mais un nouvel instrument déboule : l'harmonica. Et cet harmonica balance un son purement Canned Heatien. You Talk Too Much et Burning Hell sont à l'image de Meet Me In The Bottom : spedée. Et l'harmonica, encore une fois, fait de vrais putains de ravages. On est à fond les ballons dans l'orgasme auditif et je pèse mes mots. Le premier vinyle s'achève sur Bottle Up And Go qui est aussi la chanson la plus courte de l'album. Deux minutes et vingt-neuf secondes au compteur. Mais, j'aime autant vous le dire : si cette chanson est la moins forte de ce premier disque et même de l'album complet, elle n'en demeure pas moins sacrément bandante. Écoutez un peu le piano de Wilson et vous allez entendre ce que vous allez entendre. 

Dîtes-moi les mecs, vous trouvez que le premier disque est génial ? Et comme vous avez raison ! Mais, sachez que le second l'est mille fois plus. C'est vous dire son niveau et le niveau global de l'album. Clairement, avec ce second vinyle, c'est direction la Grande Ourse et sans autre expédiant que la musique, sans autre expédiant que le blues. Tiens, par exemple, pour ouvrir ce second disque, on a droit à The World Today. Un truc énorme de près de 8 minutes sur lequel, tout comme sur Bottle Up And Go, le piano de Wilson fait des ravages. Et ce morceau, jette les bases de ce que seront les collaborations du Hook' avec Lightnin' Hopkins'... ça laisse rêveur n'est-ce pas ? I Got My Eyes On You est également une tuerie en diable. À noter que cette chanson est en fait une nouvelle version de Dimples, laquelle contenait I got my eyes on you dans son texte. Whiskey And Wimmen' est également géniale. Mais là, et contre toute attente d'ailleurs, s'il y a évidemment une couleur blues (on est chez Hooker les mecs hein), le rythme se veut davantage boogie-rock. Just You And Me et ses 7 minutes pour 45 secondes est absolument inoubliable. Et, c'est en écoutant des chansons comme elle que l'on se dit, en admettant que l'on en était pas convaincu, que le rock descend bien du blues. Pour tout dire, en écoutant cette chanson, on a l'impression d'entendre certains morceau du Zeppelin période 1968-1971. Let's Make It est une relecture de Boom Boom et le résultat est de la meilleure eau. Peavine, qui dépasse les cinq minutes, est tout simplement tuante. Mais, incontestablement, le meilleur du meilleur est gardé pour la fin : Boogie Chillen N°2. Ce n'est pas une suite, mais une nouvelle version de la chanson sortie à l'origine en 1948. Comment vous décrire ça... ? Plus de 11 putains de minutes au paradis de la musique. 11 putains de minutes qui n'en paraissent que si peu. Une fois passé ce grand moment, une seule envie vous domine : celle de remettre le disque au début ! 

Il n'y a absolument aucun doute à avoir là-dessus. Ce double album est ABSOLUMENT énorme, réussi de bout en bout et donc ABSOLUMENT indispensable. Si il est pour tout fan de blues, il l'est également pour tout fan de vraie bonne musique, tout simplement. Et c'est aussi l'un des meilleurs doubles albums qui furent faits. Vous avez le Double Blanc des Beatles ? Vous avez le Blonde On Blonde de Dylan ? Vous avez le Bitches Brew de Miles Davis ? Vous avez le Electric Ladyland du Jimi Hendrix Experience ? Vous avez le Dark Side Of The Moon et le Ummagumma des Pink Floyd ? Vous avez le Songs In The Key Of Life de Stevie Wonder ? Vous avez le Freak Out ! de Frank Zappa ? Vous avez le Trout Mask Replica du Captain Beefheart ? Vous avez le Tago Mago de Can ? Vous avez le Exile On Main Street des Stones ? Vous avez le 666 des Aphrodite's Child ? Vous avez le Physical Graffiti de Led Zeppelin ? Vous avez le London Calling des Clash, mais vous n'avez pas encore ce Hooker 'N'Heat ? Alors, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Votre collection de doubles albums ne pourra que vous en remercier !

téléchargement

Face A

Messin' With The Hook

The Feelin' Is Gone

Send Me Your Pillow

Sittin' Here Thinkin'

Meet Me In The Bottom

Face B

Alimonia Blues

Drifter

You Talk Too Much

Burning Hell

Bottle Up And Go

Face C

The World Today

I Got My Eyes On You

Whiskey And Wimmen'

Just You And Me

Face D

Let's Make It

Peavine

Boogie Chillen N°2