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Et oui, comme vous le voyez, Léo Ferré est de retour sur le blog, il y a bien longtemps que son cas n'avait pas été abordé ici. Et, à titre d'information, cette chronique à son sujet ne sera pas la seule. Je vous en réserve au moins trois après celle-ci. Bref. Autant que vous le sachiez, je ne suis pas fan du Vieux Lion de Monaco. Cependant, ce mec est, à mes yeux en tout cas, le Taulier de la chanson française, laissant derrière lui une oeuvre colossale lors de son décès en 1993. Un décès intervenu un 14 juillet. Mais ça, c'est juste pour l'anecdote. Cependant, on ne pourra pas nier le côté éminement ironique du fait de mourir un jour de Fête Nationale lorsque, comme Ferré, on s'est revendiqué anarchiste. L'album que je vais vous présenter aujourd'hui, se nomme Paname et est sorti en 1960. A l'origine, il n'avait pas de nom, depuis, il tire son nom de sa chanson d'ouverture. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ça ? Ce disque est sorti en format 25 centimètres, ce qui explique l'offre peu généreuse en chansons et la courte durée. Dépassant de peu les 26 minutes. Et ça, ça ne vous rappelle quelque chose aussi ? Cet album est important dans l'histoire de la carrière de Ferré. Car ce disque fut le premier qu'il enregistra chez Barclay après avoir passé minimum quatorze ans chez Odéon. 

Paname n'est pas un disque spécialement connu. D'ailleurs, on peut considérer qu'aucun album de Léo Ferré n'est vraiment connu. Ni La Solitude, ni Il N'Y A Plus Rien, ni Et...Basta ! Ce qui, vous en conviendrez, est putainement dommage, mais le grand public est toujours passé à côté de Ferré et ce dernier n'a jamais rien fait pour être cerné par le grand public. Pour quel résultat ? Voilà 26 ans, presque 27 que Ferré repose à Monaco et il est, lentement mais sûrement, en train de tomber dans l'oublie. Comme Nougaro. Bref, je me suis un peu égaré, mais je pense que personne ne sera scandalisé par cette légère digression. Cette galette contient l'un des plus gros, ou plutôt un des seuls gros succès de son auteur : Jolie Môme. Une chanson qui, malgré son ton résolument sautillant, cache des paroles extrêmement osées, mais finement écrite. Juliette Gréco fera une reprise de cette chanson, tout aussi excellente que la version originale, avec un petit quelque chose de sensuel en plus. Hey, les mecs, on parle de Gréco quand même, ce n'est pas n'importe qui la Juliette. Sinon, pour qui connait Ferré, ne serait-ce qu'un petit peu, on trouve ici trois classiques de son répertoire. A commencer par la chanson titre donc, Paname. Une chanson qui parle de Paris mais qui peut aisément offrir un double sens. Il n'est pas exclu qu'ici, Paname soit la personnification d'une fille des rues. Chanson pas mal, mais sans plus. Ce n'est pas ce que le Vieux Lion a laissé de mieux et une minute en moins n'aurait pas été du luxe. On trouve également Merde A Vauban. Une chanson de bagnard qui, je le précise, n'a pas été écrite par Ferré lui-même. La chanson parle des fortification dressées autour de Saint-Martin-De-Ré pour protéger la ville contre les attaques britanniques. La ville, entourée de ces fortifications bâties selon les plans de l'architecte Vauban est ici comparée à un bagne. Très bonne chanson et puis Merde à Vauban, merde à Vauban. Et enfin, on a Comme A Ostende, écrite par le méconnu Jean-Roger Caussimon, avec lequel Ferré a bossé plus d'une fois. Immense chanson décrivant un univers rappelant celui d'Ostende, ville belge et néerlandophone. La meilleure chanson du disque, sans aucun doute.

Pour le reste, nous avons Les Poètes qui, comme son titre l'indique, parle de ceux qui vivent de leur plume ou n'en vivent pas. En fait, la chanson est davantage adressée à ceux qui n'en vivent pas. Très belle chanson. Si Tu T'En Vas est une chanson d'amour sublime. Ecoutez un peu cette harpe. Mais, comme on est chez Ferré, pas de place pour l'optimisme. Si tu t'en vas, si tu t'en vas un jour dans ces coins-là, nous parlerons d'amour comme autrefois... si c'est possible. Et enfin, nous avons La Maffia et Quand C'Est Fini, Ça Recommence. Je vais être clair : ces deux chansons sont de vraies merdasses indignes de Ferré. Surtout la deuxième nommée. Mais bon, même les plus grands y sont allés de leurs mauvaises chansons, Ferré ne fait pas exception à la règle. Bien sûr que Paname est un très bon disque de chanson française, on parle de Léo Ferré là quand même, pas d'un chanteur de variété vulgaire, mais, toujours est-il qu'il y a nettement mieux dans l'oeuvre du Vieux Lion. Les albums que je vous proposerai d'ici quelques temps, seront d'un meilleur tonneau, je vous l'assure. 

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Face A

Paname

Merde A Vauban

Les Poètes

La Maffia

Face B

Jolie Môme

Comme A Ostende

Quand C'Est Fini, Ça Recommence

Si Tu T'En Vas