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Avec ce disque, tous les albums des Clash auront été abordés sur le blog (albums studio, je veux dire). Dire que je ne voulais pas le faire, celui-là, est être encore assez loin de la vérité. Ce disque, le dernier album studio du groupe, j'étais bien décidé à oublier son existence. C'est d'ailleur à peu près pareil pour tous les fans du groupe, qui, dans une assez belle union, méprisent totalement ce disque : Cut The Crap. Cet album, c'est le Hot Space des Clash, c'est leur Dirty Work, leur Knocked Out Loaded. Leur merde, quoi, tout simplement leur merde. Comment la bande à Strummer et Jones a-t-elle pu en arriver là ? Petit résumé rapide de ce qui est arrivé au groupe après le triple Sandinista ! de 1980 (que j'ai réabordé il y à quelques semaines). Le groupe sort donc Sandinista ! (album remarquable mais vraiment long, épuisant) en 1980. Ils cèdent 50% de leurs royalties mondiales (et leurs droits sur les 200 000 premiers exemplaires vendus au Royaume-Uni) afin de pouvoir assurer un prix de vente ultra compétitif (quasiment le prix d'un album simple, et je le rappelle, c'est un triple vinyle, et bien rempli, de plus). L'album se vend bien, les critiques sont bonnes (j'imagine qu'on a quand même dû leur reprocher de s'être laissé aller, 2h25 de musique sur un seul album, c'est too much). On a, de plus, suffisamment de Clash à se mettre sous les dents qu'on ne demandera sans doute pas tout de suite au groupe alors, il sort quand le prochain ?, et c'est en 1982, soit deux ans plus tard, que le groupe sort le suivant, Combat Rock, un disque simple (après un double, en 1979, et un triple, en 1980, ça fait tout drôle !) mais tout de même long de 46 minutes, un disque renfermant deux des hits du groupe (Rock The Casbah et Should I Stay Or Should I Go), un disque engagé comme les autres (Straight To Hell, Red Angel Dragnet, Know Your Rights...), qui se vendra bien. Un disque un peu décevant, souvent pas super aimé, mais qui mérite quand même vraiment qu'on s'y attarde. 

TC2

Le batteur du groupe, Topper Headon (à qui on doit Rock The Casbah), est viré en 1982 parce que son addiction à l'héroïne devient tellement problématique qu'il n'arrive plus à jouer correctement. L'année suivante, en 1983 donc, Mick Jones (guitare, mélodiste, chanteur, un des deux chanteurs/guitaristes du groupe avec Strummer, et l'élément 'pop' du groupe si on peut dire), est lui aussi viré, parce que ses goûts musicaux, assez variés (funk, rap, dance... par la suite, dans les années 2000, il collaborera avec Gorillaz, et son groupe, Big Audio Dynamite, lancé en 1984, est un groupe de post-punk imprégné de dance), ne correspondaient plus au style des Clash. Bref, quand le Clash sort Cut The Crap en 1985 (une année plus pop/rock que punk, le punk commence vraiment à se casser la gueule et à rentrer dans sa niche à l'époque), il n'y à plus que deux membres fondateurs dans le groupe : Joe Strummer et le bassiste Paul Simonon. Je ne sais pas ce que Simonon pense, aujourd'hui, de l'album (vu a contribution à l'album, j'y reviens un peu plus bas, j'ai ma petite idée là-dessus), mais sachez que Jones et Headon chient dessus (logique, l'album ayant été fait après leur départ), limite ne le considèrent pas, comme Lou Reed avec Squeeze, comme un album des Clash ; et sachez que Strummer lui-même (mort en 2002), avait renié l'album. Les autres membres du groupe, au moment de l'enregistrement de cet ultime opus, sont le guitariste Nick Shepard (qui chante sur North And South) et Norman Watt-Roy, des Blockheads de Ian Dury (basse sur l'ensemble de l'album, non crédité officiellement). Non, il n'y à pas deux bassistes sur l'album. Simonon a beau être crédité, il ne joue absolument pas sur Cut The Crap (le titre de l'album vient du film Mad Max II : Le Défi). Et oui, en effet, il n'y à pas de batteur. A la base, il y avait, dans cette nouvelle mouture du groupe, un batteur, Pete Howard, mais il a été remplacé par une drum machine assumée par le producteur de l'album, Bernie Rhodes  (crédité José Unidos). 

TC3

Alors, on résume : un disque renié par tous les membres du groupe et les fans ; un disque qui sera d'ailleurs un bide commercial et qui se fera laminer par la presse à sa sortie ; un groupe qui prend une drum machine (une vraie saloperie, cette invention) à la place d'un batteur honnête, peut-être pas immense mais quand même un vrai batteur ; un groupe qui n'existe plus que par son chanteur/guitariste, le bassiste d'origine ayant été remplacé par un autre qui ne sera cependant pas crédité ; et une collection de chansons absolument infâmes (sauf, à la rigueur, le single This Is England, et encore). Si on y rajoute une pochette immonde et une époque qui, déjà, ne veut plus de ce genre de musique (en 1985, on écoute Dire Straits, Phil Collins, Peter Gabriel, Kate Bush, U2, Simple Minds, Bruce Springsteen, Sting, Talking Heads...les groupes de punk de la grande époque soit n'existent plus, soit se sont reconvertis, comme les Damned ou Wire), on se retrouve avec un tas de merde de 38 minutes qui ne mérite qu'une seule et unique chose : se faire totalement oublier.  

FACE A

Dictator

Dirty Punk

We Are The Clash

Are You Red...Y

Cool Under Heat

Movers And Shakers

FACE B

This Is England

Three Card Trick

Play To Win

Fingerpoppin'

North And South

Life Is Wild