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En 1979, le succès prodigieux qui avait touché Balavoine l'année précédente va s'effondrer en partie, suite à l'insuccès (relatif : plus de 100 000 exemplaires vendus tout de même, par comparé aux 800 000 du précédent, OK, c'est pas glop) de son quatrième album, Face Amour/Face Amère. Ce bide, Daniel Balavoine l'a plutôt mal pris, il ne s'y attendait probablement pas, même s'il devait bien se douter, quand même, qu'avec un album aussi peu commercial (trois singles en seront tirés, trois très bonnes chansons, mais aucune avec la carrure nécessaire pour en faire un tube), il ne pourrait pas récidiver à fond le carton plein du Chanteur. Alors, quand le temps est venu, pour lui, de faire son cinquième album, Balavoine, toujours accompagné de son groupe Clin D'Oeil (mais pour la dernière fois), se remet un peu en question et, surtout, se sort les doigts. Son cinquième album, sorti sous une pochette noire le représentant, appareil-photo en main et expression sévère sur le visage (et dans l'objectif de l'appareil, un officier de la Chine communiste, couvre-chef étoilé sur le crâne), sort en 1980. En novembre. Balavoine l'a enregistré en août de la même année, à Boulogne-Billancourt, et l'a baptisé Un Autre Monde. Quatre ans plus tard, c'est ce même titre qui sera utilisé par Téléphone pour leur dernier album studio. Les deux albums contiennent une chanson-titre, qui n'est évidemment pas la même. D'ailleurs, chez Balavoine, c'est un instrumental, alors...

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On peut considérer cet album, situé au milieu de la carrière du chanteur (une carrière allant de 1975 à 1985, je le rappelle), comme étant celui du tournant, du virage. Vendu à 500 000 exemplaires, il récidive presque le carton plein de l'album de 1978 et fait oublier l'échec de celui de 1979. A partir de maintenant, les albums de Balavoine vont cartonner, ses singles aussi. Balavoine a eu du mal à être un chanteur des années 70 (malgré une année éblouissante), il va devenir sans aucun problème un chanteur des années 80. Un des plus importants. La preuve, il est mort en 1986, on continue d'en parler en 2020, on continue de l'écouter. Un Autre Monde contient 10 titres (pour 43 minutes), dont trois singles à succès (et une chanson qui, sans être sortie en single, est devenue un classique). Cette chanson devenue un classique balavoinien sans avoir eu les honneurs d'un single (enfin, si, mais en version live, l'année suivante, pas dans sa version studio), c'est La Vie Ne M'Apprend Rien, chanson violée en 1999 par Liane Foly. Pas ma chanson préférée de Daniel, loin de là même. Et la reprise par Foly m'énerve tellement, m'insupporte tellement, que je ne peux quasiment plus écouter l'original. Les trois singles : on a Je Ne Suis Pas Un Héros, que Balavoine offrira à Hallyday (elle a été écrite pour lui) et que Jauni a enregistré et sorti sur son album A Partir De Maintenant, sorti en juin de la même année 80. Une chanson que le rockeur semblera négliger totalement, ses fans aussi, jusqu'à 1990, où il la jouera live pour la première fois. Je déteste la version Hallyday. La version Balavoine est meilleure, mais c'est une chanson que j'ai toujours eu du mal à encaisser. Je passe. 

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On a aussi Lipstick Polychrome, chanson rigolote sur les évolutions des moeurs et de la mode, qui devient limite unisexe. Le final, où Balavoine répête 'pour les hommes, pour les femmes' dans diverses langues, anglais, allemand, espagnol, italien, polonaise, finnoise, tahitienne (pas forcément dans cet ordre), est amusant. Musicalement, c'est une réussite. Et on a surtout Mon Fils, Ma Bataille, chanson mémorable, tube immense, sur un homme se battant pour la garde de son enfant, pendant un divorce difficile. La chanson s'inspire de Kramer Contre Kramer, mais aussi de l'expérience vécue par un des musiciens de Clin D'Oeil, Colin Swinburne. Le reste d'Un Autre Monde n'est cependant pas aussi grandiose (enfin, grandiose, alors que j'ai précisé que sur les quatre classiques, il y en à deux que je ne peux pas pifer...) que ses classiques. Ce n'est pas le meilleur album de Balavoine, je le trouve nettement moins réussi que le précédent et que les suivants. Bateau Toujours, en duo avec Michel Berger, est trop courte. 10 000 Mètres est assez moyenne. Allez Hop ! ne m'a jamais plu, et Mort D'Un Robot est une chiure. Le morceau-titre, instrumental vangelissien laissant cependant entendre la voix de Mao en arrière-plan, est une belle conclusion pour un album cartonneur, généralement considéré comme un des préférés des fans du chanteur. Mais sincèrement, j'ai toujours trouvé que l'album était un peu inégal. L'album suivant, lui, sera une réussite éclatante, quasi totale. J'en reparle bientôt...

FACE A

Mon Fils, Ma Bataille

10 000 Mètres

Bateau Toujours

Lipstick Polychrome

Je Ne Suis Pas Un Héros

FACE B

Détournement

La Vie Ne M'Apprend Rien

Allez Hop !

Mort D'Un Robot

Un Autre Monde