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Petite annonce en guise d'intro de cet article qui en aura bien besoin, d'une intro (car il n'y à pas grand chose à dire ici) : cet article est le premier d'une série de 8, un cycle sur les albums studio de Daniel Balavoine. Je ne sais pas ce que vous pensez de ce chanteur mort, comme on le sait, tragiquement, à 33 ans, le 14 janvier 1986, dans un accident d'hélicoptère (avec notamment le journaliste Thierry Sabine), en plein Paris-Dakar, où il se trouvait en tant que président d'une organisation d'action humanitaire, au Mali. Il y en à qui adorent ce chanteur, d'autres qui détestent. Le fait qu'il soit un chanteur de variétés y est pour quelque chose dans ce rejet, sa voix haut-perchée (enfin, pas tant que ça quand même) et parfois un peu maniérée y est aussi. Personnellement, j'aime beaucoup ce chanteur, qui a sorti quelques albums vraiment réussis et dont le répertoire est truffé de chansons mémorables, et ce, quasiment tout du long de sa carrière. Balavoine, né dans l'Orne, a eu envie de faire de la musique en entendant une chanson des Beatles, She Loves You (la chanson datant de 1963, il devait avoir, donc, au moins 11 ans à l'époque). En 1969, après ses études lycéennes (il vit alors à Pau), il quitte la scolarité pour se concentrer sur la musique, va jouer du Dylan dans les balloches, et intégrer rapidement quelques petits groupes oubliés, inconnus, comme Réveil ou Purple Eruption. Alors qu'il veut se rendre à Paris, en 1971, il est contacté par Présence, un petit groupe de rock progressif qui vient de perdre son chanteur, il le remplace, entre 1971 et 1972. Balavoine file à Paris, passe des auditions. Il est pris à l'une d'elles, pour Vogue. Un autre chanteur, dans l'audition, pas retenu lui, n'est autre qu'un certain Laurent Voulzy, pour l'anecdote.

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Verso du boîtier CD (pour le vinyle, c'est pareil)

Balavoine quitte Présence en 1972, et tente de se lancer en solo, mais quelques 45-tours sortent, sans succès. Lui et un de ses frangins, Guy, participent, en 1973, comme choristes à La Révolution Française, opéra-rock de Schönberg (dans lequel un certain Bashung jouera Robespierre). A la même époque, Patrick Juvet, qui recherche un choriste avec une haute tessiture, engage Balavoine pour sa tournée, en 1974. Balavoine lui offre une chanson, Couleur D'Automne, que Juvet, trouvant la chanson réussie et allant mieux à Balavoine qu'à lui, lui laissera. Balavoine fait quelques rencontres qui seront décisives, à cette époque, comme l'ingénieur du son Andy Scott, et Léo Missir, vice-président de Barclay, qui décide de signer Balavoine et de lui faire faire un disque. Ca sera ce disque, sorti en 1975 sous une belle et kitschissime pochette rétro, De Vous A Elle En Passant Par Moi. Sur lequel on trouve la chanson que Balavoine avait à la base écrite pour Juvet. Sorti en mars, le disque a été enregistré de nuit, en janvier, au studio Hoche à Paris, appartenant à Barclay. Âgé de seulement 23 ans à l'époque, Balavoine n'est, médiatiquement, strictement rien, un chanteur parmi tant d'autres, dont le look ne diffère pas beaucoup des autres (cheveux longs). Long de 37 minutes, cet album, dont la version vinyle démarre par une courte intro a capella reprenant, à l'envers, les choeurs d'un des titres de l'album (mais cette intro ne sera pas reprise pour le CD), n'offre aucun classique du chanteur du Chanteur (ah ah). Je suis bien content de cette longue introduction de deux paragraphes (sur les trois de l'article), car ça me permet de combler pas mal de manques. Sincèrement, si j'avais dû commencer en parlant directement de l'album, cet article serait un des plus courts du blog, car je ne sais pas quoi dire ici.

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Verso de pochette vinyle d'une réédition ultérieure

Cet album n'a qu'un seul mérite, un seul titre de gloire, celui de lancer la carrière de Balavoine, qui sortira par la suite plusieurs albums vraiment réussis et remplis de hits. Mais De Vous A Elle En Passant Par Moi (titre trop long, qui est aussi celui d'une des chansons ; et titre très, trop, représentatif de son époque, un peu alambiqué) est un ratage, osons dire les choses comme elles le sont. Oui, Balavoine a fait de super trucs, mais je ne sais pas trop ce qu'il pensait, rétrospectivement, de ce premier album qui sera un épouvantable bide : 10 000 exemplaires vendus à peine, un single qui passe difficilement à la radio (Evelyne Et Moi). Jamais Balavoine ne chantera la moindre chanson de ce disque en concert, et on peut le comprendre, car aucune chanson ici, ni Couleur D'Automne, ni la Mona Lisa Suite de 6 minutes (et quatre sous-parties, toutes sur une seule et même plage audio), ni Evelyne Et Moi, ni Pauvre Nicolas, ni le morceau-titre, ne convainquent. Cet album a été enregistré avec notamment Narf Serre à la basse, Chériff Amara à la batterie et Patrick Dulphy aux guitares. Balavoine est crédité comme guitariste et claviériste, mais un certain P.J. Borowsky joue aussi des claviers. C'est Balavoine lui-même qui a produit le bouzin, sur lequel Andy Scott a bossé comme ingénieur du son (il bossera sur les albums suivants du chanteur). Seule et unique raison d'écouter ce disque en 2020 : vouloir tout écouter de la discographie courte (8 albums studio...mais en 10 ans, aussi !) et globalement passionnante de Daniel Balavoine, dont c'est le seul et unique ratage. Il a eu du bol que Barclay ne l'ait pas viré, après cette contre-performance...

FACE A

De Vous A Elle En Passant Par Moi

Vis Loin De Moi

Pas Plus Intelligent

Pauvre Nicolas

L'alcool N'Y Change Rien

Tes Pieds Toucheront Par Terre

FACE B

Evelyne Et Moi

Couleurs D'Automne

L'Enfant Aux Yeux D'Italie

Mona Lisa Suite : 

a) La Chanson Vide

b) La Première Fille De Ma Vie

c) Elle Reprisait Mes Chaussettes

d) Ca Ne Vous Regarde Pas