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"Mon dieu, mais quelle pochette à la noix de cajou" ! Telle est la première chose que l'on se dit lorsque l'on tombe sur ce disque. Mais, d'un côté, elle est tellement représentative de ce qu'était devenu Status Quo à l'époque. Rappelons qu'à la base, le Quo jouait une sorte de rock psychédélique dont tout le monde se foutait un peu. Il aura fallu un évènement particulier dans la vie du groupe pour qu'il vire au boogie-rock, genre dont il est aujourd'hui une figure indissociable. Je vous parlerai de cet évènement particulier dans le paragraphe suivant, soyez sans crainte. Status Quo a viré au boogie-rock en 1970 avec Ma Kelly's Greasy Spoon, récemment abordé d'ailleurs. Un album qui, s'il contient le premier classique du groupe, (Junior's Wailing) n'a pas intéressé grand monde. Et, il faut le dire, ce n'est pas un grand opus. Dog Of Two Head marquera un début de reconnaissance. Mais, c'est avec Piledriver que Status Quo se fera un vrai nom. Ce même Piledriver étant le 5ème album du groupe. Un peu plus haut, je disais que la pochette est très raccord avec ce qu'était devenu le groupe en 1972, je m'explique : dès lors que le Quo a viré au boogie-rock, il n'y a eu qu'une seule doctrine : on branche les grattes, on joue, on secoue la tête et après, on voit ce qu'il se passe. Il y a de cela environ trois semaines, sur la chronique consacrée à Ma Kelly's Greasy Spoon, j'avais dit à Clash que j'aimais beaucoup Piledriver. Mais, je l'ai réécouté, soucieux de vous proposer une chronique de la meilleure qualité qui soit. Et, je dois bien avouer mon ressenti n'est plus tout à fait le même : j'aime beaucoup moins cet album qu'auparavant. Let's go ! 

On trouve ici un classique, voire même un succès du groupe : Paper Plane. Une chanson courte, à peine trois minutes et bien dans le style du Quo. Franchement, il y a de cela quelques années, j'aimais beaucoup, mais maintenant, ça me laisse un peu froid. C'est pas mal, mais il n'y a pas de quoi faire bander le Pape pendant la messe. Dans le paragraphe précédent, je vous disais qu'il y a eu un évènement particulier dans la vie du groupe, j'y arrive : le fait que le groupe vire au boogie-rock est du fait des Doors. En effet, lorsque le Quo effectuait sa première tournée européenne, alors qu'ils jouaient dans un night-club en Allemagne, les membres du groupe entendirent pour la première fois le Roadhouse Blues des Doors. Chanson qui, je le rappelle, figure sur Morrison Hotel, sorti en 1970. Quand ils ont entendu cette chanson, Rossi et consorts se sont immédiatement dit qu'il fallait changer de voie. Ainsi naissait le Status Quo boogie-rock. Et, comme les Doors sont à l'origine de cette vocation, Roadhouse Blues est ainsi reprise dans une version de plus de 7 minutes et qui, en plus d'être respectueuse de son modèle, est de bonne qualité. Tout en étant bien evidemment inférieure à la version d'origine. Et à part ça ? Et bien on trouve en ouverture d'album : Don't Waste My Time. Un boogie-rock bien con comme une pine de bagnard syphilitique, bien dans le style Status Quoien, mais très efficace. Et, juste après elle, on trouve Oh Baby, davantage rock. Et, pour ma part, j'aime beaucoup. A Year aurait pu être bien, mais pour ça, il aurait fallu qu'elle soit rabotée de minimum deux minutes. Là, près de 6 minutes (5'50 pour être exact), c'est beaucoup trop long. On finit par s'y emmerder royalement. Alors que Unspoken Words, longue de 5 minutes pour 10 secondes passe tranquillou. C'est un rock calme, parfois apaisant dont je suis vraiment fan. En revanche, Big Fat Mama est une merde finie. Et, pour ne rien arranger à nos affaires, elle est la seconde chanson la plus longue de l'album. 5 minutes et 53 secondes de torture. Et, on termine avec All The Reasons qui ne fait de mal à personne mais qui, dans le genre anecdotique, se pose-là. 

Et voilà. Comme je vous l'ai dit plus haut, avant, j'aimais beaucoup ce disque, mais, après cette nouvelle écoute toute fraîche et cette chronique le concernant, je dois me rendre à l'évidence : je le considère à présent comme un album honnête, mais pas plus. Et, il se passera certainement beaucoup de temps avant que ne me vienne l'envie de poser à nouveau mes oreilles dessus. C'est comme ça. Il y a des albums que l'on détestait par le passé et que l'on aime maintenant et d'autres avec lesquels se produit le phénomène inverse.

statusquo1972

Face A

Don't Waste My Time

Oh Baby

A Year

Unspoken Words

Face B

Big Fat Mama

Paper Plane

All The Reasons

Roadhouse Blues