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Le rock au Canada...Mais si, il existe. Neil Young, il pue de la gueule ? Et Arcade Fire ? Et The Band ? Et Joni Mitchell (folk-rock, OK) ? Et Rush ? Et Bachman-Turner Overdrive ? Ah, ces derniers... Menés notamment par le chanteur et guitariste Randy Bachman, lequel, avant de fonder son groupe, faisait partie d'un autre groupe canadien, les Guess Who, qu'il quittera après la parution de l'album que j'aborde aujourd'hui, sorti en 1970, leur sixième album studio et probablement leur plus connu, le plus vendu, l'écrin de leur plus gros (de leur unique ?) tube : American Woman (la chanson en question porte aussi ce titre). The Guess Who se sont fondés en 1965, et au moment de la sortie de ce disque, étaient constitués donc de Randy Bachman (guitare, choeurs), Buton Cummings (chant, guitare rythmique, harmonica, flûte, claviers), Jim Kale (basse, choeurs) et Garry Peterson (batterie, choeurs). Produit par Jack Richardson (aussi producteur d'albums d'Alice Cooper, Poco Manowar, Bob Seger et Badfinger, un mec, donc, assez varié), l'album offre donc American Woman, chanson qui figure parmi les plus connues de l'histoire du rock, reprise par Lenny Kravitz en 1999, qui en (re)fera un tube mondial. Mais la version 1970, que le groupe fera tenir longuement sur scène (leur Live At The Paramount de 1971 en propose une version de 17 minutes !), et que Burton Cummings ne cessera de jouer en solo (ainsi qu'au sein du All-Starr Band de son pote Ringo Starr), fut déjà un hit, bien dans le ton de son époque (son de guitare très psychédélique tout en étant heavy, à la Blue Cheer/Steppenwolf), et pourtant, totalement indémodable. 

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Cet album des Guess Who, leur sixième donc, offre leur plus gros tube. Leur seul, même, probablement. De là à dire qu'American Woman, l'album, ne vaut que pour American Woman, la chanson, c'est une étape que j'hésite vraiment à franchir. Clairement, cette chanson est la meilleure de cet album, et le fait qu'elle soit placée en ouverture n'est vraiment pas terrible (c'est toujours dommage quand la meilleure chanson d'un album est celle qui l'ouvre ; la suite est, par conséquent, moins réussie). Une chanson vraiment géniale avec son ambiance à la fois psyché/flower power (au climat légèrement orientalisant par moments) et fortement hard, avec son chant hargneux et sa guitare nerveuse. Le reste de l'album, qui est relativement court (38 minutes pour 9 titres allant de 3 minutes pour le plus court, deux font cette durée d'ailleurs, à 6 minutes pour le plus long, lequel incorpore un épilogue reprenant le thème du morceau-titre, mais l'album n'est pas conceptuel pour autant), offre tout de même No Time, qui sortira aussi en single et marchera assez bien à l'époque, c'est une autre chanson assez connue (mais pas autant que le morceau-titre, vraiment entré dans la légende) du groupe. Talisman et Humpty's Blues (le morceau qui incorpore American Woman (Epilogue) et qui achève le disque) sont également excellentes.

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On ne peut en revanche pas dire la même chose de Proper Stranger et de l'instrumental au titre étrange 969 (The Oldest Man), bien qu'aucun de ces deux morceaux ne soit vraiment mauvais. American Woman est un album de rock un peu hard, un peu psychédélique et un peu bluesy qui mérite l'écoute, peut-être pas l'acquisition (je l'ai chopé en vinyle, neuf, réédité, pour 10 balles, ça les vaut, mais ça ne vaut pas un prix plus élevé, enfin, selon moi, pour ce qui est d'un vinyle neuf réédité ; en occasion, pressage d'époque, c'est une autre chose...). Voilà pour ce disque relativement peu connu, comme ce groupe, un peu oublié de nos jours... Mais le morceau-titre, lui, et ce bien avant que Kravitz ne l'ai repris (une reprise correcte, mais l'original est  évidemment supérieur), est de la race des géants, des légendes du rock. American woman, stay away from me/American woman, mama let me be...

FACE A

American Woman

No Time

Talisman

No Sugar Tonight/New Mother Nature

FACE B

969 (The Oldest Man)

When Friends Fall Out

8:15

Proper Stranger

Humpty's Blues/American Woman (Epilogue)